‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 19 sur 66 · P R J N C I P E S ÉLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

P R J N C I P E S ÉLÉMENTAIRES

divisions uniquement fondées sur la consistance des produits; puis, on a réparti dans ces trois divisions tous les sous -genres qui s’y rapportent, et auxquels il est sans inconvénient de conserver, du moins dans la pratique, les noms usuels sous lesquels ils sont connus.

Les saccharolés liquides sont les Sirops, les Mellites et les Oximellites. Les saccharolés de consistance molle sont les Pâtes et les Electuaires simples ou composes. Les saccha* roîés solides comprennent les Tablettes , les Pastilles et les Conclits.

À. « Un Sirop est une solution épaisse et visqueuse de sucre, dans environ la moitié de son poids d’un véhicule simple ou chargé de principes médicamenteux. »

Lorsque le véhicule est de l’eau simple, le poids du sucre employé doit être exactement double de celui de l’eau; mais, s’il s’agit d’une liqueur déjà chargée de quelques autres principes, la proportion du sucre varie, et doit être d’autant moins grande que le véhicule est plus chargé de matières solubles. Du reste, la quantité de sucre est déterminée surtout par cette circonstance, que le sirop doit avoir une densité telle qu’elle soit à celle de l’eau simple, comme 1012 est à 1000, ou qu’une mesure contenant 5 2 grammes d’eau pure puisse contenir 42 grammes de sirop. Cette densité s’évalue au moyen d’un instrument qu’on nomme Aréomètre , et que nous décrirons plus loin. Arrivé à ce terme, le sirop se trouve également éloigné de deux inconvénients : moins dense, il risquerait d’entrer bientôt en fermentation; tandis qu’une densité

plus grande déterminerait une partie du sucre à se déposer en cristaux. Toutefois, cette densité varie elle-même dans quelques circonstances. Lorsque le véhicule est riche en matières fermentescibles , il faut cuire davantage le sirop ; mais s’il a pour base des liqueurs acides ou vineuses, il lui faut moins de sucre ou une cuisson moins prolongée.

Les sirops Simples peuvent être préparés avec des eaux distillées, des solutions, des liqueurs vineuses, des sucs de plantes ou des émulsions. Les sirops Composés se préparent, soit avec le produit d’une infusion ou d’une décoction, soit avec un véhicule préalablement distillé. Les uns et les autres s’obtiennent purs et transparents à l’aide de la clarification et de la filtration.

« Les sirops dans lesquels le miel remplace le sucre se nomment des Mellites. » On les prépare comme les sirops au sucre; on leur donne le même degré de densité, mais on peut se dispenser de les clarifier; la filtration suffit ordinairement pour les obtenir purs et transparents.

« Les Oximellites se préparent en faisant fondre trois parties de miel dans une partie de vinaigre pur ou chargé de principes médicamenteux. »Le mélange fait à froid et filtré donne des oximellites transparents et doués des meilleures propriétés. Ce que l’on nommait autrefois Onguent œgyptiac est un oximellite d’acétate de cuivre , de consistance molle. Ce médicament est destiné h l’usage externe.

B. On peut réunir sous le nom générique d’ÉLECTU aires

plusieurs saccharolés mous qui ne diffèrent entre eux que par la consistance ou le procédé de préparation. Les élecluaires simples comprendraient comme sous- genres les Conserves, les Marmelades et les Pâles . Les éleciuaîres composés renfermeraient les Elecluaires proprement dits, les Confections et les Opiais.

« Les Conserves sont le résultat du mélange d’une pulpe végétale avec une proportion donnée de sucre qui lui sert de condiment. » On les prépare, soit avec les plantes fraîches, soit avec les plantes sèches. Les premières sont plus agréables au goût et retiennent mieux les principes volatils de la base; mais elles sont moins susceptibles de conservation et donnent lieu h des médicaments moins identiques. Pour les secondes , tantôt on emploie la poudre, que l’on mêle au sucre, puis h. un véhicule destiné b donner h la masse une consistance molle; tantôt on ramollit la plante par la coction et on la pulpe avant de la mêler au sucre. C’est ainsi que l'on traitait certaines racines; mais le premier de ces deux procédés est préférable sous Ions les rapports.

« Les Marmelades ne diffèrent des conserves qu’en ce qu’elles sont uniquement préparées avec la pulpe des fruits et qu elles sont un peu pins molles. » La marmelade de Tronchin et celle de Zanetti sont des élecluaires composés magistraux, qui n’ont de commun avec les premiers que la consistance.

« Les Pâtes, outre le sucre, ont encore pour excipient de la gomme. Leur consistance est ferme, tenace , élasti-

que; elles ne doivent point adhérer aux doigts, » On prépare la solution à froid, on la passe ; on commence l’évaporation au bain-marie et on l’achève è l’étuve. La pâte de guimauve, qui n’est point transparente, exige une manipulation particulière à F aide de laquelle on y introduit une certaine quantité de blancs d’œufs destinés à la blanchir.

« Les Électuaires composés (Folyamiques. Ch.) ne diffèrent en aucune manière des Confections , ni des O plats. Les uns et les autres sont des saccharoîés de consistance molle, contenant un certain nombre de poudres, de pulpes, d’extraits, et parfois de substances métalliques, le tout lié par l’intermède d’un sirop, du miel ou de quelque véhicule approprié. » Le mot Électu aire signifiait que les substances qui entraient dans leur compositionavaient été choisies avec un soin spécial ; celui de Confection indiquait que leur préparation exigeait des circonstances minutieuses, des manipulations particulières; enfin, le mol Opiat , d’abord réservé à ceux de ces médicaments qui contenaient de Copiant , s’applique de nos jours à la plupart des électuaires magistraux.

Les électuaires polyamiques sont des médicaments dont la nature est très -compliquée , et dans la composition desquels la réaction des nombreux principes qu’ils renferment amène tôt ou tard des changements notables. Cependant, un assez grand nombre de préparations officinales de ce genre jouissent de propriétés énergiques consacrées par le temps et par l’expérience. La thériaque, la

confection d hyacinthes, ies élecloaires diascordium et cathoiicon sont de ce nombre.

G. « Les .Tablettes sont des sa ccha rôles solides, secs, fragiles, sous forme de petites tables aplaties, découpées en rond, en ovale, en carré ou en losange. Leur niasse, d’abord en consistance de pâte, est composée de sucre et de poudres diverses qu’on lie par un mucilage. » La préparation des tablettes se fait â froid. Quand elles ont reçu la forme convenable, on les laisse sécher d’abord à l’air, puis on les met à l’étuve pour compléter leur dessiccation. «Les Grains sont de petites tablettes auxquelles on donne la forme d une semence. »

« Les Pastilles ont une composition assez analogue à celle des tablettes; mais leur préparation se fait à chaud et sans l’intermède d’un mucilage. » Oïl fait fondre le sucre, en poudre grossière, dans le moins d’eau possible ; on y ajoute les substances médicamenteuses, et, tandis que le mélange est encore chaud, on le lait tomber par gouttes sur une table de marbre. Chacune de ces gouttes prend, en se refroidissant, la forme d’un hémisphère solide. On les réunit et on achève leur dessiccation à l’étuve.

« Les Condits sont aussi des saccharolés solides formés de certaines parties de végétaux à l’état frais, que fou plonge dans un sirop concentré et bouillant, et que l’on en retire presque aussitôt pour laisser cristalliser le sucre à leur surface. » C’est ainsi que l’on prépare les condits de tiges fraîches d’angélique, d’écorces et de heurs d’o¬

ranger.

§ 8. « Le nom générique cTGElêolés s'applique à un genre nombreux de médicaments connus dans la pratique sous les noms d 'Huiles médicinales et de Baumes. Ce sont des huiles fixes, chargées des principes solubles contenus dans les substances sur lesquelles on les fait agir. » Les huiles fixes peuvent dissoudre un assez grand nombre de corps médicamenteux, tels que les résines, la cire, le camphre, la chlorophylle, les huiles essentielles, et quelques principes particuliers dans lesquels paraît résider la force active de certaines substances organiques. Les huiles d’olives, d’amandes douces et de pavots, sont les plus employées pour la préparation de ce genre de produits. On opère rarement à froid, plus souvent h chaud, soit a Laide d’une digestion prolongée, soit en chauffant l’huile à feu nu avec les plantes fraîches contusées, jusqu’à ce que l’humidité de celles-ci soit entièrement dissipée.

Il y a des œléolés simples et de composés. Les médicaments de ce genre qui portent le nom de Baumes , sont tous au nombre de ces derniers.

Un premier sous-genre se compose des préparations dans lesquelles l’huile fixe, excipient principal, est rendue plus consistante à Laide du savon ou d’un alcali ; on leur donne quelquefois le nom de Baume , à' Onguent, de Liniment , de Pommade ; les liniments volatil, calcaire, savonneux et sulfuré , en sont des exemples.

Les Gérais forment le second sous-genre parmi les œléolés. Ce sont des médicaments dans lesquels l’huile est d’abord associée à la cire, afin de lui donner plus de consi-'

stance, puis à différentes substances dont la nature est très-variée.

Les auteurs des nouvelles nomenclatures ont donné au

premier sous-genre le nom d ’OEléolés savonneux , et au deuxième celui à'OElèocéroiés.

§ 9. Les différences nombreuses qui séparent les huiles volatiles des huiles fixes, avec lesquelles elles n’ont guère d’autre caractère commun que celui de tacher le papier, ont entraîné la nécessité de faire un genre particulier des médicaments qui ont pour excipient une ou plusieurs huiles volatiles. Ces préparations sont peu nombreuses et peu usitées. C’est parmi elles que l’on range les baumes de soufre anisé , térébcnthiné , succiné , et le baume de Lectoure ou de Condom. MM. Henry et Guibourt ont donné à ces préparations le nom générique de Myrolés.

Les Pommades, les Onguents et les Emplâtres sont des médicaments destinés à l’usage externe, qui ont aussi pour excipient des corps gras, et pour base un grand nombre de substances diverses. On les distinguait uniquement par leur consistance ou par certaines propriétés physiques. Ainsi , la pommade était molle et se fondait par la seule chaleur de la main ; Y onguent ne différait de la pommade qu’en ce qu’il avait une consistance un peu plus solide; la consistance des emplâtres , plus solide encore , ne leur permettait pas de se fondre par le seul contact de la chaleur du corps, et ils pouvaient adhérer à la surface de la peau. De telles distinctions ne sont plus admises aujourd’hui. Eu égard à leur composition, on a formé trois

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