‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 32 sur 66 · C)6 PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

C)6 PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES

est un métal liquide très-brillant, d’un blanc bleuâtre. Sa densité est de i 5,56 ; il entre en ébullition à 36o degrés ; il se vaporise à une faible chaleur, en sorte qu’on peut le distiller facilement pour le purifier. Ose solidifie à 39 degrés au-dessous de zéro ; il cristallise alors en octaèdres , et sa densité est de 14,02. A la température ordinaire, le mercure agit peu, ou du moins très-lentement sur Fair sec ou humide; mais à une haute température, il absorbe Foxigène et se convertit en bioxide rouge. On connaît deux oxides de mercure ; le protoxicle est gris-noirâtre ; peut-être n’est-ce qu'un mélange de mercure pur et de bioxide. Celui- ci, connu sous le nom de précipité rouge , s’obtient en décomposant l’azotate de mercure par la chaleur.

Le mercure s’unit à plusieurs métalloïdes, notamment au soufre, au chlore, à l’iode; ses combinaisons avec les métaux sont nombreuses et portent le nom d’ amalgames . Ce métal est sans action sur l’eau; les acides énergiques concentrés le dissolvent, surtout lorsqu’ils sont aidés de la chaleur. On le trouve soit natif, soit combiné au soufre, à l’argent ou an chlore. Ses usages sont très-nombreux dans les arts comme dans la médecine. Au nombre des préparations pharmaceutiques de mercure, on compte principalement le mercure doux (protochlorure), le sublimé corrosif (dcuto-chlorure), le turbith minéral (soussnlfate de bioxide) , le précipité rouge (bioxide) et plusieurs antres.

L’osmium est un métal gris-blanc, assez semblable au platine , mais moins brillant ; on peut le réduire en feuille ,

il est facile à pulvériser; sa densité est de 10,00. 11 est infusible, fixe, sans action sur l’air froid ; mais à chaud il brille avec dégagement de lumière et se convertit en acide osmique qui sc volatilise. Il peut prendre 4 degrés d’oxidation, et devenir acide en absorbant une nouvelle quantité d’oxigène. Il ne se dissout que dans l’acide azotique .et dans l’eau régale (mélange d’acide chlorhydique et d’acide azotique). Il se combine avec le phosphore, le soufre, l’iode, et peut s’allier avec plusieurs métaux. On le trouve dans les minérais de platine , mêlé avec de l’iridium et d’autres métaux.

6e Sect. L’iridium se rencontre également dans les minérais de platine. On peut l’obtenir sous forme d’une poudre grise , très-réfractaire, d’une densité de 18,68. Il n’agit point sur l’air ; mais l’iridium qui a été réduit par l’oxigène ou par le chlore peut s’oxider et donner lieu à quatre oxides différents. Il s’unit à quelques métalloïdes, mais très-difficilement aux métaux. Dans les minérais de platine, il existe è l’état d’osmiure. Ce métal est fort rare, et jusqu’ici sans emploi.

Le palladium a été aussi d’abord découvert dans les minérais de platine, et plus tard, à l’état natif, au Brésil. II est blanc, dur, malléable et ductile. Sa densité est de ] i,3o; il entre difficilement en fusion, s’oxide à la chaleur rouge, et se réduit à la chaleur blanche. Il existe deux oxides : un protoxide noir , et un bioxide que l’on ne peut obtenir qu’en combinaison avec la potasse. Il se combine avec quelques métalloïdes et s’allie à plusieurs métaux; il

I(j8 PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES

est sans action sur l’eau et se laisse difficilement attaquer par les acides ; ori l’obtient en calcinant le nitrate de palla dium. 11 peut servir aux mêmes usages que le platine.

Le rhodium est le quatrième métal que l’on rencontre dans les minerais de platine; celui- ci est dur, de la même couleur quele palladium, infusible. Sa densité est de io,()4; il ne s’üxide qu’à la température rouge ; l’eau et les acides . sont sans action sur lui. Il peut s’unir au soufre, au chlore et à plusieurs métaux. On l’obtient en traitant son chlorure par le gaz hydrogène.

L’argent est un métal dont la découverte remonte à la plus haute antiquité; il est d un blanc pur et éclatant, très-malléable , très-ductile et fort tenace. Son poids spéfique est de 10,47; ^ cristallise en octaèdres ou en prismes à quatre faces. Il entre en fusion à 2 £ degrés du pyromètre ; il est peu volatil; l’air sec ou humide, froid ou chaud, est sans action sur lui, du moins il se réduit par le seul refroidissement. Cependant on connaît deux oxides d’argent; le pretoxide, que l’on obtient en décomposant l’azotate d’argent par la potasse ou la soude; et le peroxide, que l’on prépare en décomposant une solution d’azotate d’argent par la pile.

L’argent se combine avec presque tous les métalloïdes, et s’allie avec la plupart, des métaux. L’eau n’a aucune action sur lui. Les acides forts ne l’attaquent qu’ autant qu’ils sont concentrés ou aidés de la chaleur; cependant l’acide azotique le dissout à froid , il en résulte un azotate en cristaux blancs etîamelleux, que l’on emploie en rnéde-

DE PHARMACEUTIQUE, I (Jtj

cine. Lorsque cet azotate est soumis à la fusion, il dev ient noir et portele nomd g pierre infernale. On trouve quelquefois l’argent è l’état natif, plus souvent combiné avec l’antimoine, l'arsenic, le mercure, For, le soufre, le chlore, l’iode, on bien à l’état de carbonate. On connaît les usages de l’argent dans les arts et comme signe représentatif de l’industrie. C’est un réactif fort employé en chimie, et il fournit quelques préparations à la médecine. Les anciens chimistes lui donnaient le nom de Lune ou de Diane.

L’or, qui n’est pas moins connu que l’argent, ei que les alchimistes désignaient sous le nom de Soleil , est un métal jaune, solide, très-brillant, insipide et inodore; c’est le plus malléable et le plus ductile de tous les métaux. 11 n’est pas très-dur, il a beaucoup de ténacité; son poids spécifique est de iq,25; il cristallise en octaèdres; il est fusible à- 3 2 degrés du pyromètre W. ; il n’est pas sensiblement volatil. L’oxîgène n’a aucune action sur lui, soit à froid, soit à chaud. On connaît néanmoins deux oxides d’or : le protoxide que l’on obtient en versant sur du pro tochlorure d’or une solution de potasse ; et le trioxide, que l’on prépare en traitant le trichlorure d’or parla magnésie. Le premier est une poudre verte, le second est brun quand il est bien sec.

L’or s’unit avec plusieurs métalloïdes et s’allie avec la plupart des métaux : les acides les plus énergiques ont peu d’action sur lui; mais l’eau régale le dissout très-bien. On le trouve soit à l’état natif, soit combiné avec l’argent

ou le tellure. Tout le monde connaît les nombreux usages de l’or. En médecine, on l’emploie soit à l’état de pourpre de Cassius , précipité de sa dissolution dans l’eau régale par le protochlorure d’étain , soit à l’état de chlorure double d’or et de sodium.

Le platine est un métal solide, d’un blanc plus gris que l’argent, brillant, ductile et malléable ; il est assez facilement rayé , et peut se couper avec des ciseaux. Il est fort tenace ; sa densité est de 2 1 ,55 ; le platine est, par conséquent, le plus lourd de tous les métaux ; il n’est ni fusible, ni volatil par les moyens connus. Il n’a d’action sur le gaz oxigène à aucune température ; on connaît néanmoins deux oxides de platine. Le protoxide s’obtient en précipitant le protochlorure de platine par la potasse caustique, sous la forme d’une poudre noire; le second se prépare en précipitant l’azotate de bioxide de platine par la soude caustique; il en résulte un bioxide hydraté qui se présente en flocons bruns-rougeâtres. Le platine se combine avec la plupart des métalloïdes. 11 s’allie avec un grand nombre de métaux, souvent avec dégagement de lumière. Calciné avec les hydrates de potasse ou de soude, au contact de l’air, ce métal s’oxide et s’unit à l’alcali. Il est soluble dans les acides qui dissolvent l’or. Si dans une dissolution de chlorure de platine on verse une dissolution de chlorhydrate d’ammoniaque, ou obtient un sel double qui, calciné, forme ce que l’on nomme V éponge de platine , laquelle a la propriété d’enflammer le gaz hydrogène.

On ne trouve le platine dans la nature que combiné

avec le 1er, le palladium, le rhodium, l’iridium et l’osmium, dans quelques mines du Brésil, du Mexique, à Saint-Domingue et en Sibérie. On emploie ce métal pour fabriquer des instruments inaltérables par les agents les plus énergiques. Il n’est d’aucun emploi en médecine.

Les corps simples que nous venons de décrire peuvent s’unir entre eux de plusieurs manières. La combinaison la plus restreinte est celle qui s’exerce seulement entre deux corps. On donne aux produits qui en résultent le nom de composés binaires. Ils peuvent aussi se combiner en nombre ternaire , quaternaire , et quelquefois au-delà. C’est à ces derniers produits que l’on donne le nom de sets. Quel que soit le nombre des éléments qui entrent dans la composition d’un sel, ces éléments se partagent en deux groupes doués de propriétés électriques opposées , en sorte qu’on peut toujours les séparer au moyen de la pile voltaïque. On trouve ainsi que presque toutes les combinaisons multiples des sels sont le résultat de l’association de deux combinaisons binaires de l’oxigène, ou de quelque autre métalloïde.

Les combinaisons binaires de i’oxigène sont, en effet, les plus nombreuses et les plus importantes; aussi est-ce sur elles que reposent spécialement la classification, la nomenclature, et les théories principales de la chimie. Parmi ces composés binaires auxquels on donne le nom générique toxiques , les uns possèdent une saveur aigre et font passer au ronge la couleur bleue de l’infusion de

violettes : ce sont les acides1; d’autres ont une saveur

âcre, urineuse, et changent en vert les couleurs bleues végétales : on les appelle alcalis. D’autres, enfin, ne possèdent aucune de ces propriétés caractéristiques » et on les nomme des oxides.

L’oxigène n’est pas le seul métalloïde qui puisse donner lieu à des combinaisons analogues. L’hydrogène, l’azote, le chlore, l’iode, le soufre, en présentent une foule qui toutes ont un grand intérêt, et dont la plupart sont au nombre des agents que la pharmacie fournit à l’art de guérir.

Il n’entre pas dans notre plan de décrire les nombreux composés chimiques qui font partie de la matière médicale , ni les opérations h l’aide desquelles on peut les obtenir. À mesure que l’occasion s’en présentera dans le cours de leur pratique , les élèves devront rechercher dans les ouvrages spéciaux les caractères qui distinguent ces produits, les procédés â l’aide desquels on les obtient, ainsi que la théorie de leur formation. Néanmoins, afin de faciliter aux jeunes gens l’intelligence des traités de chimie, en attendant qu’ils puissent se livrer h cette étude d’une manière suivie et méthodique, nous croyons utile de fixer, dès ce moment, leurs idées sur les premiers éléments de cette science, en exposant en peu de mots les théories principales qui servent d’introduction à son étude.

1 La propriété de rougir les teintures bleues végétales ne suffit pas toujours pour caractériser les acides, car il en est quelques-uns qui ne la possèdent pas. Le caractère le plus absolu et le plus général de l'acidité, ♦•s t la l’acuité de neutraliser les base, s. (Voy. p, ao5).

§ 2. Nomenclature. La nomenclature chimique a surtout pour objet de donner à chaque composé un nom qui exprime le mieux possible les éléments dont il est formé, et les proportions relatives de ces éléments.

Lorsque le composé n’est formé que de deux corps , on place toujours en premier lieu le nom de celui qui est électro -négatif par rapport à l’autre. Ainsi, lorsqu’on soumet à l’action de la pile un des composés binaires de i’oxigène, il se décompose, l’oxigène se rend au pôle positif, et le corps auquel il est uni se montre au pôle négatif. Si ce corps était le fer, par exemple, et si le composé ne jouissait d’aucune propriété acide, ni alcaline, on le nommerait oxide de fer. Seulement, pour indiquer qu’à chaque molécule ou atome de fer sont unis un, deux, ou trois atomes d’oxigène, on ferait précéder le mot oxide de F une des particules grecques proto, deuto, ou trito , et l’on dirait protoxide , deutoxide ou tritoxide de fer.

La dénomination serait différente si le composé était acide. Dans ce cas, on exprimerait d’abord celte propriété, et en y ajoutant le nom latin du corps uni à l’oxigène, on indiquerait, par la désinence de ce nom, le degré d’oxigénation du composé. Quelques acides n’ont que deux degrés différents d’oxîgénation ; dans ce cas , le nom du plus oxigéné se termine en ique , et celui de l’acide le moins chargé d’oxigène se termine en eux. Ex. acide sulfuric/ue , acide sulfureux.

D’autres fois l’oxigène se combine avec la base en un plus

P H ï N C I P E S ÉLÉMENT AIR E S

grand nombre de proportions, etlemot/ïjpo (sous), placé devant le dernier nom, sert h indiquer les degrés intermédiaires d’oxigénation de cette base. Ainsi par les mots acide sulfurique , acide hypo- sulfurique , acide sulfureux et acide hy po-sulf ur eux , on exprime 4 degrés différents d’acidification du soufre par Foxigène. Le premier est celui qui en contient le plus, et le dernier est le moins oxigéné de tous.

Les composés binaires dont Foxigène ne fait point partie sont acides, ou ne le sont point. Pour les premiers, on exprime d’abord le mot acide; puis on fait précéder le nom de la base de celui du corps éleclronégatif qui l’acidifie. Ainsi, le composé acide qui résulte de la combinaison du chlore et de l’hydrogène se nomme acide chlorhydrique. Si le composé n’est pas acide , on place toujours le premier le corps électro-négatif, mais on lui donne une terminaison en are. Ainsi , la combinaison du soufre et du fer porte le nom de sulfure de fer. On peut exprimer les proportions relatives des composants , soit en faisant précéder le premier nom des parti cuîes numératives proto, deuto , trito , tetra ; soit, comme le fait M. Berzélius, en donnant à la base une terminaison en ique ou en eux. Ainsi , proto-chlorure de fer , deuto-chlorure de fer , répondraient à chlorure ferrique et chlorure ferreux.

Les combinaisons multiples qui donnent naissance aux sels sont toujours formées , comme nous l’avons dit, de deux groupes doués d’une force électrique opposée. L un

de ces groupes, celui qui est toujours éiectro négatif, est ordinairement un acide , et l’autre est ce qu’on nomme une base. On forme le nom du sel en réunissant les noms de ces deux composés le plus souvent binaires ; seulement, le nom de l’acide est modifié dans sa terminaison. Les acides en icjae se terminent en ate , et les acides en eux finissent en ite. Ainsi , les sels formés par l’acide sulfurique sont des sulfates, et ceux formés par l’acide sulfureux sont des sulfites. Quant à la base, elle porte sa dénomination normale: le résultat de la combinaison du protoxide de calcium (chaux) avec l’acide chlorhydrique, sera, en conséquence, du chlorhydrate de protoxide de calcium ou de chaux.

La combinaison des acides avec les bases peut avoir lieu dans des proportions diverses. i° Lorsque les propriétés de l’acide prédominent dans le composé, on ajoute le mot acide h la dénomination du sel; 2° si la base est en excès, le sel est basicjue ; 3° si les propriétés de l’un et de l’autre sont neutralisées , le sel est appelé neutre. Du reste, dans les deux premiers cas, on peut indiquer aussi les proportions relatives de l’acide ou de la base, en faisant précéder leur nom de particules numériques; ainsi, il y a des bisulfates , des ejuadricar b ouates , comme il y a des sels bi.basiqucs , tiû ou quadribasiques, e le. La théorie des proportions définies va achever de nous éclairer sur la signification de cette partie de la nomenclature.

Proportions définies. Deux corps simples ne se combinent pas entre eux dans toutes les proportions. Iis ne peuvent former qu’un certain nombre de combinaisons

so6 principes élémentaires

telles, qu’une quantité donnée de l’un d’eux soit toujours unie à une quantité semblable de l’autre, ou à des quantités multiples de la première.

Une découverte due à M. Gay-Lussac avait démontré que les corps gazeux ne se combinent qu’à volumes égaux, ou par volumes multiples l’un de l’autre. Ainsi, une mesure de gaz oxigène se combine avec 2 mesures de gaz hydrogène, pour former de l’eau. De la même manière, 10 parties de soufre se combinent à 5 parties d’oxigène pour former de l’acide hypo-sulfureux , à 10 parties pour former de l’acide sulfureux, et à i5 parties pour donner lieu à l’acide sulfurique; mais il n’y a pas de combinaison possible des deux mêmes corps entre ces limites, et 10 parties de soufre, par exemple, 11e pourraient se combiner à 6 ni à 12 parties d’oxigène. C’est à cette loi que l’on donne le nom de Théorie des proportions définies ou multiples.

Equivalents, ou Nombres proportionnels. Un même corps simple, en se combinant avec d’autres corps élémentaires, absorbe des quantités différentes de chacun d’eux. Ainsi, 100 parties d’oxigène peuvent changer en oxide ,

par exemple, i35o

parties d’argent,

de barium ,

de bismuth.

de cuivre;

tandis que les mêmes quantités de ces métaux exigeront 200 parties de soufre pour se convertir en sulfure. On conclut de cette observation, i° que 100 parties d’oxi-

gène équivalent à 200 parties de soufre; 20 en prenant 10 ou 100 parties d’oxigène pour terme de comparaison, les quantités de chaque corps nécessaires pour équivaloir à Foxigène dans une combinaison analogue , sont leurs nombres proportionnels. Ainsi , dans le cas que nous venons de citer, et relativement à 100 parties d’oxigène, les chiffres i55o, 855, 886, et 095, sont les nombres proportionnels de l’argent, du barium, du bismuth et du cuivre. Cette loi permet quelquefois de déduire la composition d’un corps, des résultats de l’analyse d’un autre corps; mais elle est surtout utile pour l’étude delà composition des sels.

Atomes. Théorie atomique. On donne le nom d "atome a une particule si déliée d’un corps quelconque qu’on la suppose incapable d’être divisée davantage. Cette particule , mise en contact avec une particule d’un autre corps, se combine avec elle pour donner naissance à un composé. L’atoine d’un corps composé est donc formé par la réunion des atomes des corps simples qui entrent dans sa constitution. Lorsqu’à l’aide de l’analyse on sépare les atomes simples qui entrent dans un composé, ils reparaissent avec toutes leurs propriétés primitives , ce qui prouve que les atomes proprement dits 11e subissent aucune altération dans leur constitution intime, par l’acte de la combinaison.

Les différents corps, sous des volumes égaux, ont des poids différents. Le rapport entre leur poids et leur volume est ce qu’on nomme leur densité . Pour l’évaluer , on prend

pour terme de comparaison la densité connue d’un corps, l’eau, par exemple; et les corps qui, à volume égal, pèsent plus ou moins que ce liquide, ont une densité plus ou moins grande que la sienne. Le poids d’un corps dépend donc du nombre des atomes qu’il renferme, tandis que son volume dépend de la distance qui sépare les atomes ; en sorte qu’un corps peut changer de volume saris changer de poids. Aussi, pour mesurer la densité des corps, faut ii tenir compte des circonstances qui pourraient faire varier leur volume; et quand on compare leur densité , on doit les placer , à cet égard, dans des circonstances lout-à-fait semblables.

On ne peut connaître directement le poids des atomes d’un corps, parce que leur petitesse ne permettrait pas de les peser; aussi leur poids n'est-il pas absolu, mais relatif. L’expérience ayant constaté que « tous les gaz, quelle que soit leur nature , cèdent d’une manière uniforme à l’action de la chaleur et de la pression » , on en a conclu que , dans tous les gaz , les atomes étaient placés à une égale distance; que, par conséquent, un même volume en renfermait un nombre égal; et enfin, « que le poids des atomes des gaz était proportionnel à leur densité » , En faisant l’application de cette règle, et en prenant l’oxigène pour terme de comparaison, on a d’abord déterminé le poids des atomes de tous les corps simples, gazeux, ou susceptibles d’être réduits en vapeur; puis, à l’aide d’une autre loi, suivant laquelle « les atomes de tous les corps simples auraient la même capacité pour la chaleur» , on est parvenu à déduire avec exactitude le poids

Aies alomes, soit de îa chaleur spécifique de chaque corps simple, soit des proportions dans lesquelles ils peuvent se combiner.

Combinaison. Électro-chimie. Nous avons dit que îa combinaison était le résultat, de l’échange des deux électricités opposées dont les corps hétérogènes sont animés au moment du contact. Entrons à ce sujet dans quelques détails. On avait remarqué que, dans les phénomènes électriques, toutes les fois que des électricités de nom contraire se neutralisaient, il y avait dégagement de chaleur et de lumière. Or, dans les combinaisons chimiques, il y a toujours aussi dégagement de chaleur plus ou moins in tense , et, quand Faction est vive, émission de lumière : ensemble de circonstances auquel ou donne le nom de combustion. On en a conclu que ces deux phénomènes étaient identiques. On suppose donc que deux corps hétérogènes, au moment du contact, se constituent dans deux étals d’électricités différentes, et que la réunion de ces deux électricités est la cause du dégagement de calorique et de lumière qui accompagne toute combinaison. L’action de la pile voltaïque sur les composés est venue confirmer cette hypothèse. Quand on soumet un composé quelconque à l’action de deux sources d’électricités de nom contraire, ses éléments se séparent et se portent aux deux extrémités opposées de îa pile. On regarde comme élément électro-négatif celui qui se rend au pôle positif de l’appareil, et comme électro-positif celui qui se porte au pôle négatif.

La nature de l'électricité dontparaît doué chaque corps, au moment de son contact avec un autre corps, n’est pas absolue, maïs seulement relative. Ainsi, un corps se montre électro-négatif vis- à-vis d’un deuxième corps, et peut être électro-positif à l'égard d’un troisième. On a dressé, en conséquence, une table dans laquelle les corps simples se trouvent rangés dans l’ordre de leur propriété électrique relative., de telle manière que le premier est électro-négatif par rapport au second, maïs que celui-ci, à son tour, est électro -négatif relativement au troisième et à tous ceux qui le suivent. L’oxigène est à la tête de cette liste, en sorte que dans toutes les combinaisons binaires dont ce corps fait partie, il joue toujours le rôle d’élément électronégatif. Voici cette table, à laquelle nous avons joint le poids relatif des atomes de chaque corps, et le signe abrégé par lequel on le désigne dans les formules chimiques :

m; PII AB MAC EU TIQUE.

Coups élémentaires | rangés dans l’ordre de leur j propriété électrique relative.

Signes qui les

représentent.

Poids j

de I

leurs atomes. S

j Oxigène .

1 Soufre. f . . .

B Azote . ,

N ou A z

Fluor. . . .

j Chlore. ......

Ch ou Cl

j Brome .

Br

| Iode. ......

1 Sélénium. ....

Se

| Phosphore .

rr rr f

| Arsenic. . .

As

§ Chrome. .....

Cr

Molybdène. ....

Mo

Tungstène .

Tu ou W

1 1 85,ooo S

j Vanadium. .....

Bore .

| Carbone. .....

Antimoine .

Sb

Tellure .

Te

Tantale .

Ta

ii55,7i5 I

Titane .

Ti

Silicium .

Si

Hydrogène .

Osmium .

Os

Iridium .

Ir

1 Platine .

Pt

Rhodium. .....

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