‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 34 sur 66 · l() PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

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l’acide larlrique, l’acide urique, etc., sont au nombre de ces principes.

Les autres sont des matières complexes qui renferment un plus ou moins grand nombre de principes immédiats, que Ton parvient à en isoler par les moyens analytiques. On peut les comparer à la gangue des minéraux , ou au mélange de plusieurs sels : ce sont des produits immédiats organiques. Les gommes, les résines, le sang, la bile, font partie de ces produits.

Les principes immédiats sont surtout l’objet des recherches de la chimie organique ces principes sont eux-mêmes formés par la réunion de quelques éléments qui appar¬

ie carbone, f hydrogène, l’azote ; plus rarement, le soufre, le phosphore, le chlore, etc. Ces éléments se réunissent, quelquefois en combinaison binaire, plus souvent en combinaison ternaire ou quaternaire, et très-rarement au-delà. La plus grande partie des substances végétales résultent de la combinaison de l’oxigène, du carbone et de l’hydrogène; quelques-unes renferment en outre de l’azote. Toutes les substances animales contiennent ces quatre éléments, auxquels se réunissent bien rarement quelques autres.

Le nombre des corps élémentaires dont sont formés les principes organiques étant très-restreint, la variété de ces principes dépend nécessairement des proportions relatives de ces éléments „ ainsi que de l’ordre atomique dans le—

(fuel ils sont réunis. Aussi arrive-t-il fréquemment que cet ordre et ces proportions étant intervertis, les principes se dénaturent et se changent en d’autres composés. C’est ainsi que l’amidon peut se convertir en sucre et en gomme. Ces exemples de transmutation sont très-ordinaires ,, et rendent d’autant plus difficile l’étude des matières organiques.

Pour simplifier cette étude on la divise en chimie végétale et en chimie animale ; puis on s’occupe successivement des principes et des produits immédiats qui appartiennent à chacune de ces branches. La plupart d’entre eux offrent de puissants moyens thérapeutiques à l’art de guériret sont d’un emploi journalier, soit dans les laboratoires, soit dans les officines pharmaceutiques.

Signes et formules chimiques. Les formules ont pour objet d’exprimer le plus brièvement possible la composition des corps et les proportions des éléments qui les constituent. On représente d’abord chaque corps simple par un signe qui n’est autre chose que l’initiale de son nom latin ; seulement, quand cette initiale est commune à plusieurs corps, on l’accompagne de la deuxième ou de la troisième lettre suivante. Un composé binaire formé d’atome à atome, s’exprime simplement en plaçant h côté l’un de l’autre le signe de chaque élément; ainsi Pb S indique une combinaison formée d’un atome de plomb et d’un atome de soufre. Si le nombre des atomes est différent, on ajoute, à droite et en haut de chaque signe, un chiffre qui représente le nombre de ses atomes. S O 3 si-

gnifiera, par conséquent, un atome de soufre combiné à trois atomes d’oxigène, ce qui équivaudra à un atome d’acide sulfurique. Un chiffre placé en bas et à gauche multiplie les atomes de tous les signes placés h sa droite jusqu’au signe -j-. Ainsi 2 S O 3 signifie deux atomes de soufre et six d’oxigène, ou deux atomes d’acide sulfurique.

Gomme l’oxigène entre dans un grand nombre de combinaisons, on l’exprime souvent par un simple point que l’on place au-dessus du corps auquel il est combiné, et par

plusieurs points, si le nombre de ses atomes est multiple.

Ainsi Pb a la même signification que Pb -j- O, et S est

la même chose que SO3. Les formules chimiques: sont surtout fort utiles pour déterminer à l’avance les réactions qui auront lieu entre des composés dont les éléments et leurs proportions atomiques sont connus. Le calcul à l’aide

duquel 012 peut prévoir ces résultats se nomme une équation chimique,

§ 5. Disons maintenant quelques mots sur les principaux corps et produits chimiques qui font partie de la matière médicale. Parmi les corps simples , il en est plusieurs que les arts chimiques et la métallurgie fournissent ou commerce. Un petit nombre d’entre eux seulement peuvent être extraits ou du moins purifiés dans nos laboratoires; Foxigène, l’hydrogène, 3e chlore, le phosphore, le soufre, l’antimoine, l’argent, le mercure, doivent être préparés ou purifiés par les mains du pharmacien, avant d’être employés ou soumis h «les combinaisons ulté¬

rieures.

A. Les composés binaires qui résultent de l’union des métalloïdes entre eux, ou bien avec les métaux, forment une série immense divisée en plusieurs sections, dans lesquelles on a classé les combinaisons d’un même corps avec chacun des autres, lorsque cette combinaison est possible. Ainsi les qxiques sont tous les composés binaires dont Foxigène est l’un des éléments. Ces composés sont divisés, comme nous Favous dit, en acides , en alcalis, et en oxides. Les acides oxigénés jouent un grand rôle parmi les préparations pharmaceutiques; on compte dans ce nombre les acides sulfurique et sulfureux , azotique, carbonique, borique , arsenique , phosphorique, et beaucoup d’autres. Parmi les alcalis , on compte la potasse, 3a soude, la chaux, la strontiane, la baryte, la magnésie, etc.; enfin, au nombre des oxides t on signale ceux d’antimoine, de mercure , de plomb , d’or, de fer , de cuivre et de zinc.

Les azotiques dans lesquels Fazote joue le rôle d’élément électro-négatif, sont peu nombreux, mais très-importants. L’un d’eux résulte de la combinaison de l'azote et dn carbone : c’est le cyanogène ; un autre est le produit de Faction de Fazote sur l’hydrogène , et c’est l’ammoniaque.

Les chloriqües font presque tous partie des préparations usitées en médecine. Il y en a d acides, tels que l’acide chlorhydrique, qui résulte de la combinaison du chlore et de l’hydrogène; d’autres, tels que les chlorures , sont les produits de Faction du chlore sur les métaux. Les chlorures d’antimoine, de barium, de calcium, de ma-

gnésium, de mercure, d’or, de potassium, de sodium, etc. , sont très-employés.

Les iodiques présentent, ainsi que le chlore, un acide résultant de la combinaison de l’iode avec l’hydrogène: l’acide iodhydrique, puis un grand nombre de produits analogues aux chlorures et qu’on nomme des iodares . On emploie en médecine les iodures d’antimoine, de barium, de calcium, de fer, de mercure, de potassium, de plomb et de soufre.

Enfin, les sulfuriques, dans lesquels le soufre forme l’élément électro-négatif, donnent, comme les deux précédents, un acide avec l’hydrogène : l’acide sulfhydrique, et plusieurs sulfures dont l’emploi est fort répandu, entre autres ceux de potassium, de sodium, de calcium, de fer, de mercure, d’antimoine, etc.

B. Les composés ternaires, lorsqu’ils sont soumis a Faction de la pile , se comportent de diverses manières. Tantôt ils se décomposent en un corps simple d’une part, et un composé binaire de l’autre, et, dans ce cas, l’un ou l’autre de ces éléments peu t être élec tro-négatif, et vice versâ. Tantôt ils se séparent en deux composés binaires ayant ou 1 élément négatif ou l’élément positif commun. Enfin, ils peuvent se diviser en deux composés, dont Fun binaire et l’autre ternaire, avec deux éléments communs; ou bien encore en deux composés ternaires, c’est-à-dire, ayant les mêmes éléments , mais réunis en proportions

jf

diverses.

Celte classe de produits est très-considérable; elle coin-

prend un grand nombre de composés en usage dans ïa médecine , l’acide hydrocyanique et les cyanures, les acides végétaux, beaucoup de sels, parmi lesquels des carbonates, des nitrates , des borates, des phosphates, des sulfates et des sulfites. La plupart des principes immédiats des végétaux, l’alcool et les éthers font partie de cette classe. Tous ces produits peuvent être préparés dans nos laboratoires, et doivent être l’objet d’une sérieuse étude de la part du pharmacien.

C. Les composés quaternaires peuvent, comme les précédents, se diviser par sections, suivant les résultats de leur décomposition par la pile voltaïque. On compte parmi eux un très- grand nombre de sels à base simple et double, les savons , les bases salifiables végétales, plusieurs principes immédiats organiques, enfin, les produits pyrogénés.

L’ordre général dans lequel nous venons de ranger les corps et les produits chimiques est plus conforme aux données théoriques de la science, qu’en rapport avec l’utilité pratique de notre art. Comme, dans la plupart des composés de cette classe, les propriétés médicales dépendent plutôt de la hase ou de l’élément électro-positif, que du corps électro-négatif, il nous semblerait donc plus rationnel, en les considérant comme préparations pharmaceutiques, de les réunir dans un ordre fondé surtout sur leur hase électropositive. Ainsi, au lieu de classer les sels par genres, et de passer successivement en revue tous les sulfates , tous les nitrates, les carbonates, etc., peut-être vaudrait- il

mieux étudier ensemble tous les sels de potasse, de soude, d’ammoniaque, de mercure, d’antimoine, de fer et autres* C’est ce dernier ordre qu’a adopté M. Soubeiran , dans son excellent Traité de Pharmacie, et celui que nous conseillons aux élèves de suivre de préférence , dans l’étude de cette quatrième classe des médicaments.

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