‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 41 sur 66 · PRINCIPES É L É M E N T A I 11 E S · texte numérisé non relu

PRINCIPES É L É M E N T A I 11 E S

corps simples que compte aujourd’hui la chimie, il n’eu est que treize que i on trouve parfois à l’état libre dans la nature; ce sont : l’antimoine, l’argent, l’arsenic, le bismuth, le carbone, le cuivre, le fer, le mercure, l’or, le palladium, le platine, le soufre et le tellure. Les caractères distinctifs de ces corps sont tellement tranchés, qu’il n’est pas besoin de recourir à l’analyse pour les reconnaître. D’ailleurs, à l’exception du carbone et du soufre, ces corps étant tous des métaux , il serait facile, en les convertissant en sels, de déterminer leur nature à l’aide des caractères qui sont propres à ces derniers.

Les autres corps simples ne se rencontrent jamais naturellement qu’à l’état de combinaison binaire, ternaire ou quaternaire. Les combinaisons binaires sont les pins nombreuses. Celles que Ton rencontre le plus fréquemment sont : i° les oxides , que l’on réduit en les plaçant sur un charbon, et en les traitant par le chalumeau; ou bien que Ton dissout dans les acides pour en former des sels ; 20 les sulfures , qui, traités au chalumeau, dégagent l’odeur d’acide sulfureux, et, par un acide étendu, donnent du gaz acide sulfhydrique , reconnaissable aussi par son odeur; 5° les chlorures , qui sont moins abondants, et qui, traités par l’acide sulfurique , laissent paraître des vapeurs blanches d’acide chlorhydrique. Ceux qui sont solubles donnent, par le nitrate d’argent, un précipité blanc soluble dans l’ammoniaque.

Les combinaisons multiples sont ou des mélanges de deux composés binaires, ou, le plus souvent, des sels. Or,

nous avons dit que les sels étaient le résultat de la combinaison de deux composés binaires, dont l’un, qui est Y acide, représente l’élément électro-négatif; et l'autre, qui est la base , forme l’élément électro-positif. Ce sont ces deux éléments dont il faut, avant tout , reconnaître la nature.

A. Les genres de sels qui se trouvent le plus communément dans la nature sont : i°. Les carbonates, qui, mis en contact avec un acide, font effervescence sans émission

de vapeur. Le gaz dégagé, lorsqu’on le recueille, précipite l’eau de chaux. 20. Les chlorhydrates, qui font également effervescence avec un acide ; mais ils répandent des vapeurs blanches qui, recueillies et mises en contact avec le nitrate d’argent, le précipitent en blanc. Ce précipité, insoluble dans l’acide nitrique , se dissout dans l’ammoniaque. 3°. Les sulfates ; lorsqu’on les traite par l’eau de baryte, ils donnent lieu à un précipité insoluble dans l’acide nitrique. 4°. Les nitrates, qui dégagent des vapeurs rouges de gaz acide nitreux quand on les met en contact avec de

l’acide sulfurique et du cuivre. 5°. Les phosphates, qui, avec

le nitrate d’argent, donnent un précipité jaune soluble dans l’acide nitrique et l’ammoniaque. 6°. Les silicates, sels insolubles, mais qui, traités par l’acide chlorhydrique et la chaleur, donnent lieu à une gelée. 70. Les borates, dont on précipite l’acide borique sous forme de paillettes nacrées, quand, après les avoir dissous, on les traite par l’acide sulfurique. 8°. Les arseniates, qui, projetés sur un charbon ronge, dégagent des vapeurs blanches à odeur d’ail, et

qui , chauffés dans un tube avec du charbon, laissent vola*» tiliser de l’arsenic métallique. 90. Les cki'omatesf qui précipitent en jaune parles sels de plomb. io°. Enfin, lasmolyùdates , qui, traités par les acides, donnent un précipité blanc d’acide molybdique. Ce dernier genre de sel est très-rare.

Quand on a à reconnaître la nature d’un sel insoluble^ il faut d’abord le rendre soluble en le traitant par le carbonate de soude ou par le carbonate d’ammoniaque. Cependant, si c’est la base que l’on cherche h déterminer, il vaut mieux changer l’acide, et, pour cela, il faut le traiter avec du charbon, soit dans un creuset, soit au chalumeau. L’acide perd de son oxigène et change de nature, ainsi que la combinaison; un sulfate insoluble, par exemple , peut devenir un sulfite ou un sulfure. Dès lors on dissout le nouveau produit dans l’acide chlorhydrique, et l’on obtient un chlorhydrate soluble, dont la base n’a pas changé de nature. Il ne s’agit plus que de la reconnaître par les moyens et à l’aide des caractères suivants :

B. Le premier réactif à employer pour déterminer la base d’un sel , est le sulfhydrate de potasse. Les sels à base dépotasse, de soude, d’ammoniaque, de chaux, de baryte et de strontiane, n’en sont pas précipités. Les trois premiers de cette série ne précipitent pas non plus par le souscarbonate de potasse; mais les sels de potasse précipitent en jaune par le chlorhydrate de platine, tandis que ceux de soude ne précipitent point par ce réactif; et les sels ammoniacaux chauffés, ou triturés avec de la chaux, laissent dégager de l’ammoniaque reconnaissable à son odeur vive

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et piquante. Quant aux trois autres, on ne les reconnaît bien qu’après les avoir rendus solubles par les moyens indiqués plus haut. Les sels de chaux sont ensuite précipités par l’acide oxalique, mais non par l’acide sulfurique trèsétendu ; ceux de baryte et de strontiane le sont tous deux par ce dernier acide, mais on les distingue l’un de l’autre, en ce que le précipité de baryte est complètement insolubie , tandis que celui de strontiane peut se dissoudre dans beaucoup d’eau. D’ailleurs, l’alcool mêlé h la baryte brûle avec une flamme jaune, tandis que mêlé de strontiane, sa flamme prend une couleur rouge.

Les sels qui précipitent par le sulfhydrate de potasse sont ceux à base d’alumine , de magnésie et de tous les métaux autopsides. L’alumine et la magnésie précipitent en blanc toutes deux par ce réactif; mais quand on précipite un sel d 'alumine par l’ammoniaque, le précipité se dissout facilement dans la potasse ou dans la soude, et si l’on opère de même sur la magnésie , le précipité n’est pas soluble dans un excès des mêmes alcalis.

Le second réactif à employer est l’acide sulfhydrique. Les sels métalliques qu’il précipite sont nombreux et surtout remarquables parla couleur de leurs précipités. Ainsi, le plomb , le mercure, le cuivre et l’argent sont précipités en noir ; les sels de zinc neutre en blanc ; l’arsenic, les dento-sels d’étain, le cadmium, en jaune ; le bismuth, l’or, le platine et les proto-sels d’étain, en brun; enfin, l’antimoine, en rouge briquetc.

Les sels que l’acide sulfhydrique ne précipite pas sont

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