‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 43 sur 66 · PRINCIPE S É I , É M K N T A I R E S · texte numérisé non relu

PRINCIPE S É I , É M K N T A I R E S

Cependant, l’action defair et des eaux avait déjà altéré îa couche extérieure des terrains primitifs, tandis que l’incandescence intérieure, forçant les gaz et les vapeurs à s’ouvrir un passage à travers la croûte du globe solidifiée, la soulevait dans quelques points pour former les chaînes de montagnes et les volcans, projetait les métaux fondus dans les fentes et les crevasses de cette enveloppe , sous la forme de filons, et donnait naissance aux terrains intermédiaires, où l’on trouve à la fois des fragments de roche, du sable, des cailloux roulés par les eaux, ainsi que les débris de quelques êtres d’une organisation très-simple, dont les espèces ou les analogues n’existent plus.

A une époque plus avancée, les couches supérieures de 1a terre, plus profondément altérées par l’influence des agents extérieurs, ont dû produire les terrains secondaires; mais le nombre des matériaux élémentaires déjà fortaccru, plus diversifié, permettait à des êtres d’une organisation plus compliquée de s’y développer et d’y vivre. Aussi remarque- t-on dans les couches de cette troisième période, les débris ou les empreintes de mollusques, de coquillages, ou d’antres animaux invertébrés, qui eux-mêmes ont dis-

paru pour faire place à des espèces d’une organisation plus parfaite, et dont les fossiles se retrouvent dans les assises des terrains qui leur sont superposés.

C’est ainsi que chacune des grandes couches qui enveloppent îc noyau du globe présente les traces des révolutions auxquelles la terre a été soumise, et les vestiges

des êtres organisés qui fout peuplée successivement. Après

les animaux invertébrés, contemporains des couches inférieures des terrains secondaires, apparaissent, dans îcs assises supérieures, les poissons, îes reptiles et les quadrupèdes ovipares. Puis, avec les terrains tertiaires se montrent les quadrupèdes vivipares, les mammifères marins ou amphibies. Bientôt, dans les bancs supérieurs de la même période , se trouvent îes premiers fossiles des grands animaux terrestres, lesquels deviennent de plus en plus fréquents et se rapprochent davantage des espèces existantes, à mesure que l’on remonte plus haut, dans les couches des terrains de transport ou d’alluvions.

Plusieurs remarques importantes accompagnent la série des faits et des observations que nous venons de rapporter. La première, c’est que les ossements fossiles et les débris végétaux que l’on trouve dans le sein de la terre, parmi îes terrains des premières périodes, sont d une forme et de proportions plus grandes que celles des mêmes espèces encore existantes; probablement parce qu’alors l’atmosphère, plus humide et plus chaude, et le sein delà terre plus brûlant et encore vierge , ont dû donner à la végétation et an développement des animaux une activité d’autant plus grande. Secondement, un grand nombre d’espèces fossiles que l’on trouve dans les contrées septentrionales, comme les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames et d’antres, n’existent aujourd’hui que dans les régions les plus chaudes du globe; ce qui peut faire croire, soit h une révolution totale dans la position de la terre relativement au soleil, soit a un énorme changement dans sa pro-

pre température. Mais Je fait le plus étonnant, peut être , c’est que jusqu’ici on n’a trouvé nulle part, dans les entrailles de la terre, des ossements fossiles appartenant à l’espèce humaine. On peut eu conclure que l’apparition de l’homme sur la terre est postérieure aux grands bouleversements qu’elle a subis, et même à la création de tous les animaux dont les débris fossiles se retrouvent dans les différentes couches de terrains dont le globe est enveloppé.

§ 4. Classifications minéralogiques. Parmi les végétaux et les animaux , on nomme individu tout être que l’on ne peut diviser sans qu i! se trouve détruit en totalité ou en partie. Il ne saurait en être de même parmi les minéraux, dont toutes les parties sont semblables entre elles , et qui peuvent être divisés sans changer de nature. Néanmoins, il serait possible de faire aux minéraux l’application de cette dénomination primordiale; mais il faudrait remonter, pour cela, jusqu’à Fatomc ou molécule constituante. L’atome, en effet, présente nécessairement une identité de composition et de forme à laquelle on ne peut refuser le nom d'individu , dans une acception tout- à- fait semblable à celle qui s’applique aux êtres du règne organique. Dans l’impossibilité de recourir aux atomes dont la petitesse échapperait à nos sens , 011 est convenu de donner le nom d’ individu minéralogique à toute aggrégation de molécules identiques , quels que soient la forme ou le volume sous lesquels elle se présente; par conséquent, tout corps simple ou élémen-

DK PHARMACEUTIQUE. s8()

taire, de quelque masse qu’il soit, peut être considéré comme un individu minéral. En prenant cette définition pourpoint de départ, V espèce sera une collection de corps identiques par la nature et la proportion des éléments qui les composent, quelle que soit la forme sous laquelle ils se présentent. Ainsi, tous les minéraux qui seront composés de chaux et d’acide carbonique formeront une espèce minérale, sous le nom de chaux carbonatée. Mais comme cette espèce renferme un nombre considérable de substances différentes entre elles par les caractères extérieurs, on fera de chacune de ces substances une variété de l’espèce , comme la craie , le marbre blanc , le spath calcaire et autres. Les variétés minéralogiques seront donc les subdivisions de l’espèce, fondées sur la différence des caractères extérieurs.

En partant de ces données, on a, dans la plupart des classifications, réuni les individus pour former des espèces et les espèces pour composer des genres ; puis, en remontant è des considérations plus générales, on a créé des ordres , des classes , et , enfin, des familles. La science des minéraux a donné naissance à un grand nombre de classifications. Les unes sont fondées uniquement sur leurs caractères extérieurs , comme celles de Cronstedt et de Brunner ; d’autres, comme celles deWerneretde Hausmann, considèrent à la fois les caractères extérieurs et la composition chimique. Celles de Haiiy, de MM. Berzélius et Brongniart sont fondées exclusivement sur la composition chimique; enfin, il en est d’autres, comme celles de Mohs et de Bresdorf, qui

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reposent sur la considération des formes cristallines. Parmi toutes ces classifications, nous nous arrêterons seulement à quelques-unes des plus récentes, surtout à celles qui paraissent réunir les meilleures conditions, et que Ton doit, l’une au savant Haüy , et les autres à MM. Berzélius et Beudant.

Hauy. La classification de Haüy est fondée spécialement ' sur la composition chimique. Publiée d’abord en i8o5, avant les décou ver tes brillantes qui ont donné à la chimie une face toute nouvelle, elle fut modifiée par fauteur, en 1 822. Toutes les substances minérales y sont partagées en quatre grandes classes. La première renferme les acides que l’on trouve libres dans la nature. La deuxième et la troisième classes comprennent tous les métaux. Les uns, qu’il nomme hétèropsides , ne se présentent jamais sous la forme et avec l’éclat particulier qui caractérisent les métaux proprement dits; ils sont divisés en huit genres et forment la deuxième classe. Les autres métaux, qu’il appelle autopsldes parce qu’ils se présentent avec des caractères extérieurs très-prononcés, formentla troisième classe, et sont divisés en trois ordres , selon qu’ils possèdent la propriété d’être oxidables ou réductibles avec ou sans intermédiaire. La quatrième classe renferme les substances combustibles non métalliques , comme le soufre , le diamant, l’anthracite. Enfin, dans un appendice, il place les substances phytogènes , c’est-àdire, celles qui sont d’origine végétale, comme les bitumes, la houille, le jayet, etc.

Chaque classe est partagée en un certain nombre d’or-

dres, et chaque ordre renferme plusieurs genres fondés sur la nature de la base. Quant aux espèces , elles sont distinguées parla nature de l’acide, et chacune d’elles est divisée en variétés d’après leurs caractères extérieurs. Cette disposition du règne minéral est figurée dans le tableau suivant.

Classification minéralogique de H au y.

irt Classe : Acides libres.

2e Classe : Métaux hétéropsides.

Divisés en huit genres , d’après la nature des ba^es.

3e Classe : Métaux autopsides.

1er Ordre : Non oxidables immédiatement, si ce n’est à un feu très-violent; réductibles immédiatement.

2e Ordre : Oxidables et réductibles immédiatement.

3e Ordre : Oxidables, mais non réductibles immédiatement.

A. Sensiblement ductiles.

B. Non ductiles.

4' Classe : Substances combustibles non métalliques.

Divisées en quatre espèces : soufre, diamant, anthracite , mellite.

Appendice : Substances phytogÈlnes.

M. Berzélius. Le système minéralogique de M. Berzélius est fondé non-seulement sur la composition chimique des

minéraux, maisencore les espèces y sont rangées dans l’or dre de leur propriété électro-chimique relative. Toutes les substances minérales sont partagées en deux grandes classes. La première, qui est la plus étendue, comprend tous les minéraux d’origine inorganique , c’est-à-dire les corps simples élémentaires , ainsi que les corps composés dans lesquels les atomes du premier ordre ne contiennent que deux éléments. La seconde renferme les substances fossiles d’origine organique , par conséquent celles dans lesquelles les molécules composées du premier ordre contiennent plus de deux éléments. La première classe comprend dix-huit familles disposées de manière que la première est la plus positive , et la dernière la plus négative. Quelques-unes ne renferment qu’une ou deux espèces; d’autres en comprennent un grand nombre , et à l’oxigène sont réunis tous les minéraux oxidés. Le tableau que nous allons donner de cette classification est tracé d’après celui que l’auteur a publié en 1825.

Classification minéralogique d'après l'élément le plus électro-négatif , par M. Berzélius.

irc Classe : Minéraux composés à la manière des substances inorganiques.

re Famille : Fer.

Fer météorique.

2e Famille : Cuivre.

Cuivre natif.

5e Famille : Bismuth.

Bismuth natif.

4e Famille : Argent.

Argent natif.

5e Famille : Mercure.

Mercure natif.

6e Famille : Palladium.

Palladium natif.

7e Famille : Platine.

Platine natif.

8e Famille : Osmium.

Osmiure d’iridum.

9e Famille : Or.

Or natif.

Or argentifère.

ioc Famille : Tellure.

Tellure natif.

Tellurures.

îi* Famille : Antimoine.

Antimoine natif.

Argent antimonial, i 2e Famille : Arsenic.

xirsenic natif.

Arséniures.

i3fi Famille : Carbone.

Diamant.

Houille.

Anthracite.

Carbures.

i4e Famille : Azote.

Gaz azote. •

i5e Famille : Sélénium.

Séléniures.

16e Famille : Soufre.

Soufre natif.

Sulfures.

Sulfo-arséniures.

17e Famille : Oxigéne.

Gaz oxigène.

Oxides

Aluminates.

Silicates.

Silicio-aluminates.

Oxide de titane, ïitanates.

Silicio-titanates.

Tantalates.

Acides et toutes leurs combinaisons. 18e Famille : Chlore.

Chlorures.

2e Classe : Minéraux composés Gomme les substances organiques dont ils paraissent tirer leur origine.

A. Substances organiques peu changées :

Terreau,

Tourbe,

Lignite,

Dusodyle.

B. Fiésines fossiles :

Ambre jaune,

Rétinasphalte,

Bitume élastique.

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