‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 46 sur 66 · DO · texte numérisé non relu

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Enfui, la corolle polypétale irrégulière affecte plusieurs formes. La plus remarquable est celle que Fou nomme papllionacèe. Elle se compose de cinq pétales, dont l’un, supérieur, est renversé sur lui-même et se nomme Y étendard; les deux latéraux constituent ce qu’on nomme les ailes ; et les deux inférieurs, qui sont soudés par l’an des bords, forment la carène , parce qu’ils ressemblent à la carène d’un vaisseau. L’ensemble de la corolle représente assez bien un papillon prêt à s’envoler. Cette disposition appartient exclusivement à la famille des légumineuses.

5°. Les organes sexuels dont les plantes sont pourvues comme les animaux, sont Y étamine , qui est l’organe mâle, et le pistil , qui constitue l’organe femelle.

Ces deux organes, dans le plus grand nombre des plantes, se trouvent réunis au sein de la même fleur, qui, dans ce cas, est hermaphrodite ; d’autres fois elle ne porte qu’un seul organe, et on î appelle fleur mâle , ou fleur femelle , selon qu’elle est pourvue seulement d’étamines ou bien de pistils.

Quelquefois la même plante réunit, sur des rameaux différents, des fleurs males et des fleurs femelles; on l’appelle alors monoi(]ue. 11 peut arriver aussi que les fleurs femelles et les fleurs mâles se trouventplacées sur des pieds différents de la même plante qui , dans ce cas, se nomme dioïcfue. Enfin, quand sur le même pied ou sur des pieds différents du même végétal, on rencontre des fleurs mâles, des fleurs femelles et des fleurs hermaphrodites, on nomme polygames les plantes qui présentent ce caractère.

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V étamine, organe mâle de la fleur, comprend trois parties distinctes : i° Y anthère , sorte de bourse située au sommet de Fétamine et qui renferme la poussière fécondante ;

le pollen , c’est le nom que Ton donne à cette poussière formée de petits grains vésiculeux; 5° le filet , pièce pins ou moins allongée qui sert de support à l’anthère. Cette dernière partie manque totalement dans quelques étamines, qui j dans ce cas, sont sessiles .

Le nombre des étamines est le caractère sur lequel Linné a fondé les premières classes de son sytème. Les étamines peuvent aussi varier de grandeur, de forme, de situation, de direction; elles peuvent être soudées ensemble, soit par les filets, soit par les anthères, et ce sont autant de caractères importants qui servent à distinguer les familles ou les genres, comme nous aurons bientôt occasion de le voir en nous occupant de la classification.

Le pistil } organe femelle des plantes, occupe ordinairement le centre de la fleur. On distingue, dans le pistil, trois parties : F ovaire ? le style et le stigmate.

V ovaire est toujours situé à la base du pistil. C’est une sorte de poche de forme ovoïde, qui renferme une ou plusieurs loges dans lesquelles sont contenus les ovales ou rudiments de la jeune graine. L’ovaire est libre ou adhérent, c’est-à-dire que tantôt il repose sur la base commune de 3a fleur, ou le réceptacle , sans y adhérer, et tantôt il est placé au-dessous des autres parties dans le tube du calice, qui, dans ce cas, est toujours monosépale. On dit aussi de Fovaire libre qu’il est supère , et de l’ovaire adhérent qu’il

est infère. Ces différentes insertions fournissent un caractère précieux pour la classification.

Le style est le prolongement de Fovaire. C’est un tube plus ou moins allongé, qui supporte le stigmate, et qui est destiné à établir la communication entre celui-ci et Fovaire. Le style peut être unique ou multiple, simple ou divisé, quelquefois il manque absolument. Sa position , sa longueur , sa forme, sa direction, varient beaucoup, et forment autant de caractères qu’il importe de signaler.

Le stigmate est la partie qui termine le pistil supérieurement. C’est un corps glandulaire, destiné à recevoir l'impression du pollen qui s’échappe des étamines. Il est composé d’utricuies allongés , réunis et recouverts par une matière visqueuse. Quand le style manque, le stigmate se trouve porté sur Fovaire, et Fou dit qu’il est sessile. La forme, la position, la direction du stigmate, sont aussi des caractères qu’il ne faut pas omettre dans la description du pistil.

U insertion des étamines qui , ainsi que nous l’avons dit, offre un caractère de première importance pour la classification, exige ici quelques développements. Le pédoncule floral est ordinairement terminé à son sommet parmi épanouissement plus ou moins large qui sert de base a toutes les parties delà fleur, et que l’on nomme réceptacle. Cependant, les étamines ont souvent un autre point d’appui; elles sont fixées sur un corps charnu, de forme très-variée, que Fou pourrait regarder comme le prolongement de leur base, et qui lui-même est fixé, tantôt sous

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l’ovaire, tantôt sur la paroi intérieure du calice, par conséquent autour de l’ovaire, tantôt, enfin, sur le sommet de cel organe. Ce corps, que Ton nomme le disque , détermine par sa position, relativement à l’ovaire, ce que l’on appelle Y insertion des étamines. Lorsque le disque est placé au-dessous de l’ovaire , l’étamine est hypogyne; cette insertion est facile à reconnaître en ce que, dans ce cas, on peut enlever le calice sans emporter l’étamine. L’insertion est pérygyne quand le disque est fixé sur le calice , c’est-à-dire autour de l’ovaire. Enfin, elle est èpigyne quand le disque, et par conséquent l’étamine, sont fixés directement sur l’ovaire.

Le réceptacle, qui porte également le nom de toras , varie beaucoup dans sa forme, et il est souvent accompagné de corps appendiculaires qu’il ne faut pas confondre avec lui. Le disque en est un exemple.

Fécondation. Avant de parler du fruit, disons quelques mots du phénomène de la fécondation , auquel concourt tout ce qui compose l’appareil floral que nous venons de décrire. Comme on l’a vu, les organes sexuels sont dans la (leur les parties essentielles; les autres ne sont qif accessoires,’ et leur objet est uniquement d’en préparer ou d’en protéger le développement.

On appelle antiièse le phénomène de f épanouissement de la fleur. L’époque où il se manifeste varie suivant les es¬

pèces et suivant les climats. La chaleur, la lumière, et même l’électricité atmosphérique, paraissent contribuer d’une manière puissante à son accomplissement. La durée de

fianthèse est aussi très variable. 11 est des fleurs qui ne s’épanouissent qu’à certaines heures du jour ; d’autres seulement le soir ou la nuit. Le plus grand nombre se développe au printemps, mais il en est qui n’apparaissent que pendant l’été ou l’automne, d’autres pendant l’hiver. Quelques-unes durent à peine un jour; d’autres persistent fort long-temps. Enfin, la couleur des fleurs, déjà trèsvariée dans les espèces, change même parfois dans les individus, depuis leur épanouissement jusqu’au moment où ils se flétrissent.

Dès que les différentes parties de la fleur ont acquis tout leur développement, les anthères des étamines s’en- Ir’ouvrcnt, le pollen s’en détache et se répand sur le stigmate, d’où il pénètre jusqu’aux ovules, qui s’en trouvent fécondés. Ce phénomène est accompagné de mouvements qui deviennent très sensibles dans quelques plantes. On remarque que les étamines se redressent et se rapprochent du pistil; le stigmate même se dilate d’abord, et se contracte après avoir reçu l’impression du pollen. Quelquefois la température s’élève à un degré notable. Peu de temps après, la fleur se décolore, la corolle se fane , les pétales tombent, les étamines se dessèchent, le style et le stigmate se flétrissent également; mais l’ovaire persiste, il se tuméfie et se développe, parce que c’est dans son sein que sont renfermés les rudiments de la fructification, dont nous allons maintenant nous occuper.

Le Fruit, qui n’est autre chose que l’ovaire fécondé et

développé, se compose de deux parties principales : iè

péricarpe et la graine.

i°. Le péricarpe est Fenveloppe générale de la graine. C’est une partie tantôt charnue, comme dans les fruits à manger, la poire, la pêche, le melon; tantôt si mince et tellement unie à la graine, qu’il est difficile de la distinguer de celle-ci. Le péricarpe existe constamment , et il est

toujours formé de troisparties ; i° Yépicarpe , c’est la mem-

brane extérieure, l’épiderme du fruit qu’il entoure dans toute son étendue ; 2° l’ endocarpe , membrane qui tapisse toute la cavité interne et qui est contiguë à la graine; 5° le sarcocarpe , partie charnue, parenchymateuse, qui forme proprement la chair du fruit, et qui se trouve placé entre les membranes interne et externe.

La cavité intérieure du péricarpe, destinée à renfermer les graines, peut être simple ou divisée en plusieurs loges . Dans le premier cas on l’appelle uniloculaire ; dans les autres, elle est biloculaire , tri , quadri , multiloculaire , suivant le nombre des divisions qu’elle renferme. Ces loges sont séparées par des lames verticales que l’on nomme des cloisons , et qui sont formées par la duplicature de l’endocarpe qui se prolonge dans l’intérieur de la cavité séminale.

La graine communique avec le péricarpe, dont elle reçoit sa nourriture, par un point plus ou moins étendu que Feu nomme le hile ou F ombilic. Elle est attachée dans l’intérieur du péricarpe, sur un corps de grandeur variable

soudé à l’endocarpe , et que l’on nomme placenta ou trophosperme. C’est au développement de cet organe, qui entoure parfois la graine dans presque toute son étendue, que Ton donne le nom d 'avilie.

Le péricarpe, à Fépoque de la maturité des graines, s’ouvre quelquefois spontanément pour leur livrer passage; il est alors déhiscent , et se divise en un certain nombre de pièces ou de panneaux, qui répondent à autant délogés, et qu’on appelle des valves. D’autres ne s’ouvrent point naturellement , mais ils se flétrissent et se dessèchent; on les nomme indéhiscents.

La forme du péricarpe qui détermine celle du fruit , varie, comme on sait, prodigieusement. Son sommet porte presque toujours les vestiges soit du style, soit du stigmate, soit du calice. D’autres fois, i! est surmonté d’une aigrette qui provient du limbe du calice, et dont la forme très variable mérite d’être observée avec soin.

2°. La graine est la partie du fruit contenue dans la cavité interne du péricarpe. C’est le végétal en abrégé , destiné à reproduire celui dont il tire son origine. La

graine est formée de deux parties principales ; Y èpisperme

et Y amande.

Nous avons parlé du hile , point de la graine par lequel elle est fixée au péricarpe. Le centre du hile représente toujours la base de la graine , et le point opposé est regardé comme son sommet.

V èpisperme, que l’on nomme aussi tégument propre de la graine, est souvent simple, quelquefois double. Dans le

dernier cas, il est formé de deux membranes distinctes, dont l’extérieure, plus épaisse , souvent dure et solide, se nomme testa.

U amande est le corps renfermé dans l’épisperme. Elle est quelquefois uniquement formée par V embryon ; le plus souvent elle renferme un autre corps accessoire que l’on nomme endosperme. L’cndosperme enveloppe l’embryon

avec lequel il n a aucune communauté d’organisation, et dont il est par conséquent facile de le distinguer et de le détacher. Ï1 est formé d’un tissu cellulaire au milieu duquel se trouve du mucilage ou de la fécule ; il a pour objet de servir de nourriture à l’embryon; son absence ou sa présence forment un caractère important pour la classification.

U embryon est la partie essentielle de la graine. C’est un corps organisé qui se développe par la germination et devient un végétal parfaitement semblable à celui qui lui a donné naissance. L’embryon renferme tous les rudiments de la plante qui doit provenir de lui; il est formé de quatre parties : la radicale , le corps cotylèdonaire, la gemmule et la tige lie.

La radicule est le rudiment de la racine; c’est la partie qui se dirige vers le centre de la terre. Dans quelques végétaux (les dicotylédones), la radicule s’allonge en dehors et devient racine par le seul effet de la germination; on nomme ces plantes exorhizes. Dans d’autres, elle est enveloppée d’une membrane (coléorhize) qui se rompt pendant la germination; on leur donne le nom d’ endorltizes. Celte

division répond li celle des monocotylèdones . Enfin , dans certains cas, îa radicule est soudée à l’endosperme, et on appelle synorhizes les végétaux qui offrent ce caractère.

Le corps cotyièdonaire est tantôt simple et tantôt double. Le premier cas est celui des plantes monocotylèdones ; dans le second , les cotylédones sont réunis base à base : c’est ce qui arrive à toutes les plantes dicotylédones. Le nombre des cotylédones peut s’élever h deux, trois, quatre et plus, dans certains genres; mais les végétaux qui présentent cette exception ne rentrent pas moins dans la classe des dicotylédones. Cet organe est destiné, comme l’endosperme, à fournir à la jeune plante les premiers matériaux de la nutrition.

La gemmule ou la plumule contient les éléments des rameaux, des feuilles et des autres organes extérieurs. Elle est placée au centre de l’embryon , au milieu du corps cotyièdonaire, et paraît formée de plusieurs folioles roulées en différents sens.

La tigelle, rudiment de la tige, n’est pas très apparente dans l’embryon ; mais elle se développe par la germination. Elle est placée entre le sommet delà radicule et la base de la gemmule.

Germination. L’ensemble des phénomènes qui se rapportent au développement des graines et à leur passage à l’état déplanté, se nomme germination. Ces phénomènes exigent le concours de certaines circonstances , sans lesquelles ils ne pourraient avoir lieu. D'abord, la graine doit avoir été fécondée, mûrie; elle doit contenir ses prin-

vil 8 PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES

cipaux éléments, surtout l’embryon à l’état complet. La présence de l’eau, de la chaleur, de l’air atmosphérique, est également indispensable. L’eau ramollit les enveloppes et favorise leur rupture ; elle pénètre l’amande, dilate son tissu, et sert de véhicule aux matériaux quela jeune plante puise déjà dans le sein de la terre. Une chaleur modérée ouvre les pores et les vaisseaux de la graine, favorise la circulation des fluides, tandis que l’air agit en fournissant son oxigène, dont l’action paraît être aussi nécessaire à la végétation qu’à la respiration des animaux. Nul doute que l’électricité atmosphérique n’agisse également dans

les phénomènes de la germination : c’est du moins ce qui

résulte de quelques expériences toutes récentes. Quoiqu’il en soit, la graine placée, au milieu de toutes ces circonstances se gonfle et se ramollit; ses enveloppes se rompent avec plus ou moins de promptitude, suivant leur épaisseur et leur dureté ; l’embryon grossit ; l’épisperme, qui a rempli d’abord les fonctions de filtre à l’égard des sucs aqueux qu’absorbe l’amande, se flétrit et disparait. L’endosperme, d’abord mucilagineux , puis féculent , se convertit en matière sucrée soluble, qui fournit à l’embryon sa première nourriture. Les cotylédons continuent des fonctions analogues , et se changent en appendices foliacés qui accompagnent et protègent l’embryon dans son premier développement. Mais déjà la radicule s’est enfoncée dans le sol, la tigclic s’est dirigée hors de la terre en soulevant la gemmule, dontles folioles déroulées et déployées prennent la forme des rameaux et des feuilles, et donnent bientôt

à la jeune plante l’aspect qui doit la caractériser quand elle aura acquis son entier développement.

Forme des fruits. On dit que les fruits sont simples quand ils proviennent d’un pistil unique renfermé dans une fleur ; ils sont multiples quand ils résultent de plusieurs pistils contenus dans une même fleur. Les fruits composés résultent de plusieurs pistils réunis et soudés, mais qui proviennent de fleurs distinctes très-rapprochées.

On les nomme secs quand leur péricarpe est mince; charnus quand il est épais et succulent.

Les fruits sont déhiscents quand ils s’ouvrent en plusieurs valves, et indéhiscents lorsqu’ils sont d’une seule pièce et clos de toutes parts.

Enfin, ils sont oligospermes quand ils ne renferment qu’un petit nombre de semences, et poly spermes quand ils en contiennent un nombre considérable.

On a partagé les fruits en trois classes ; les fruits simples, les fruits multiples elles fruits Composés.

Nous ne pouvons qu’indiquer nominativement les espèces qui composent chacune de ces classes; c’est dans les traités et surtout dans les ouvrages enrichis de figures, qu’il faut en étudier la description. L’espace et les moyens nous manqueraient ici pour donner une idée satisfaisante de cette classification, qui est loin d’être bien arrêtée et surtout complète.

PRfK C IPES ELE ME N T A I RES

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