FIN DES PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES
(Note A , p. 7. )
On pourrait, je crois , appuyer sur de nouveaux motifs la priorité que, dans certaines professions, on doit donner aux travaux pratiques sur les études théoriques ou spéculatives. On se rappelle îa controverse qui s'éleva à ce sujet, il y a quelques années , entre un jeune chimiste qui n’était pas alors h la tête d’une officine, et l’un des praticiens les plus distingués de l'époque, discussion dans laquelle l’avantage resta à ce dernier. Mais pour confirmer à mon tour cette opinion, j’éprouve le besoin démettre ici quel™ ques idées personnelles sur les méthodes générales d'enseignement. Je demande grâce pour cette digression , en faveur de l’importance de îa matière et des inductions fécondes qui, selon moi, peuvent en résulter.
Le procédé d’enseignement généralement suivi depuis des siècles consiste à présenter les objets d’étude d*ans un ordre linéaire et progressif, en procédant du simple au composé, et du connu â l’inconnu; à parcourir ainsi régu fièrement la série des faits et des observations, et à en déduire, au fur et à mesure, les corollaires et les conséquences naturelles. ÏJn instituteur célèbre s’est efforcé tout récemment de renverser ce système de fond en comble.
4o4 NOTES.
Il assure, avoir obtenu les plus étonnants succès en procédant en sens inverse, c’est-à-dire, du composé au simple et de l’inconnu au connu, en exerçant ses élèves à attaquer dès l’abord les points les plus difficiles de chaque étude , à exécuter avant d’apprendre , à généraliser sans connaître les détails , à n’étudier enfin les éléments d’une science que lorsque déjà ils se sont montrés savants. La méthode que je crois la plus naturelle et la plus efficace , parce qu’elle m’a toujours réussi à moi-même comme à ceux que j’ai dirigés d’après elle, s’éloigne également du système Jacotol et de la marche ordinaire. Je ne choisis mon point de départ ni dans l’un ni dans l’autre de ces extrêmes. Je commence par diriger l’étude sur le point de la science que je crois le plus capable d’exciter l’attention de l’élève, d’agir sur toutes ses facultés, sur ses sens comme sur son imagination, de faire impression sur son esprit, et de lui inspirer le désir de poursuivre plus avant. Ce premier point complètement exploré , j’en cherche un autre de la même nature , au hasard, presque sans choix, sans aucun rapport avec le précédent, et de ceux-ci je passe à d’autres, ne m’arrêtant, pour tonte règle, qu’à ceux qui présentent un intérêt puissant. Mais déjà l’élève cherche de lui-même s’il existe des relations entre les sujets étudiés, il les rapproche, les compare et les classe à sa manière. Pour moi, je ne m’en inquiète point ; je continue à offrir de nouveaux aliments à sa mémoire et à son imagination. Cependant, il a pris à l’étude un goût vif et réel, il cherche à établir, par des recherches qui lui sont propres, les liens qui unis-
sent les points examinés; il vent remplir les lacunes qui les séparent , passer des faits les plus frappants à ceux qui le sont moins, uniquement poussé dans cette recherche par le penchant naturel de l’homme à recueillir et à com pléter. Laissons-le poursuivre ses travaux de lui-même , réservons les professeurs et les livres pour l’époque où il sentira le besoin de coordonner tous ces matériaux épars, et d’embrasser d’un seul coup d’œil toute la science, depuis ses éléments jusqu’à sa philosophie. Dès lors ne craignons plus que cet ordre qu’il aura établi lui-même soit jamais interverti dans sa mémoire. D’autres faits viendront par la suite s’ajouter aux premiers, mais sans leur nuire et sans en effacer la vive et durable impression.
Cette marche n’est-elle donc pas la véritable méthode naturelle? Un étranger arrive dans une grande ville qu’il veut connaître. Il n’ira pas, de rue en rue, passer devant le front de chaque édifice, s’acheminant en ligne droite des remparts à la cité, et de la cité aux faubourgs. Mais, s’adressant d’abord aux monuments principaux, il les observera dans leur aspect général, il se. rendra compte de leur position relative, puis il en viendra aux monuments secondaires, aux édifices particuliers; enfin, il remontera des détails à l’ensemble , et prendra ainsi une idée générale et complète des lieux qu’il venait observer.
Je ne connais pas d’histoire plus longue et plus difficile à bien apprendre que l’histoire de France. Eh bien! je suis parvenu à la connaître et à l’engeigner à d’autres, par un procédé facile et qui en grave les faits et les dates
4oG NOTES.
d’une manière irrévocable dans la mémoire. Voici ma
méthode. L’un des personnages les plus saillants de cette histoire , celui qui est la plus fait pour éveiller les sympathies d’une jeune âme, est sans contredit Henri IV. L’enfant le plus inappliqué écoute le récit de sa vie avec attendrissement , avec enthousiasme : c’est donc par lui que je commence l’histoire de France. François Ier vient en seconde ligne; sa bravoure, sa galanterie, son goût pour les arts et les lettres, ses malheurs surtout excitent au plus haut point l’intérêt, et l’admiration du jeune élève. Voilà deux grands points établis. Je passe ensuite à Louis XIV, à Philippe -Auguste , à saint Louis, à Charlemagne. L’histoire de chacun de ces monarques sert, de pivot aux grands événements de leurs siècles respectifs, et caractérise des époques bien tranchées dont les dates ne s’oublient plus. Après avoir étudié les hauts faits et le caractère de chaque héros , on veut connaître ce qui les a précédés ou suivis; les rapprochements s’établissent, les lacunes se comblent, chaque événement secondaire vient occuper sa place. Bientôt on prend goût aux détails , on approfondit les points difficiles, on remonte aux chroniques, aux écrits contemporains, on veut tout savoir. Certains romans et drames modernes ont plus fait dans ces derniers temps pour le goût de l’histoire, que les travaux de Langlet Dufrénoy , ou les recherches laborieuses de Hainaut et de Mézeray.
C’est de la même manière qu’il faut procéder , selon moi , dans les sciences expérimentales et même dans les
sciences spéculatives. Que si les sujets de vos études peuvent tomber sous les sens, s’il s’agit de phénomènes palpables , d’objets matériels qui doivent servir de base
aux observations et aux théories, livrez-vous d’abord à
e de ces matériaux, de ces faits , de ces expériences, mot, que l’éducation par les sens précède , en général , l’éducation par l’esprit.
(Note B , p. 2Î>9..)
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tées à l’avance, auxquelles les employés se conforment d’autant plus facilement .qu’ils ..les .«tro u vent tout établies et déjà en vigueur. Ces mesures ont encore l’avantage de régler les attributions et Irresponsabilité de chacun8, d’é-
pargner les observations supérieur/ Lies réclamations
des subordonnés, et de donner au service plus d’unité, d’ensqyabl^et de régularité.jLe règlement cTjolnt^^ je dôimë^ " f^puur exe mplëT peu t ê tre modifié de plusic
suivant le nombre des employés, selon îe^décalités , les habitudes et les^xig^n€es*particuli^res du service. On peut faire des réglemen ts aqaj^tms pour J^ffiboraloire , pour l’ordre des magasins , des cayes, etc. Il importe néanmoins que ce^dispositions ne soienhpas trop multipliées, ni tropd^goiireiises, car alors elles lombeftbbientôt en déspéfude , ou il devient d’autant plus diiïiciïè faire exécuter.