BOIS COMMERÇABLBS OU DE BONNE VENTE
Usage des fleurs et fruits.
L'usage des fleurs est très -restreint, et, comme profit secondaire des forêts, tire à peine à conséquence; néanmoins, pour les abeilles, elles offrent une matière abondante à la préparation du miel et de la cire , et elles sont employées dans la médecine d'une manière bienfaisante pour maints traitements.
L'usage des fruits, au contraire, est beaucoup plus important , et dans quelques contrées présente une très-grande valeur.
Des baies du sorbier commun ou des oiseleurs, on peut préparer une bonne eau-de-vie, et on en cuitune bonne marmelade; lorsqu'elles ne sont pas mûres , elles sont employées au tan. Les alizés sont confites, et crues on les mange et on les fait servir à l'engraissement des porcs. Les fruits sauvages ou des bois, par leur recueillement, ne sont point d'une petite importance dans certains pays ; les noisettes (avelines) sont généralement beaucoup aimées. Les fruits
(lu tilleul (loiuient une bonne huile ; les genévres ou grains de genièvre sont d'un très-bon emploi comme nourriture des oiseaux, comme médicament, comme êpices, et sont distillés comme eau-de-vie de genièvre, et préparés en marmelade et pour parfumer.
Mais, en Allemagne, les fruits les plus importants des bois sontles faînes et les glands. Les faînes, fruits des hêtres , donnent une huile très-exquise , et les uns et les autres, principalement les glands, sont réservés pour le panage.
Du reste , toutes les espèces de semences servent à la propagation et à la régénération des forêts. Dès lors la récolte des graines (ou glandée) peut avoir lieu dans ce but , et doit être considérée comme un profit secondaire, lorsqu'il y a lieu d'en espérer un revenu immédiat en argent.
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De Tusage du feuillage comme fourrage des bestiaux.
Le feuillage de beaucoup d'espèces de bois produit, vert ou sec, un très-bon fourrage pour le bétail. Le feuillage du peuplier est admis comme le plus substantiel , et on estime la valeur du prix du fourrage d'une livre de feuillage sec du peuplier du Canada égale à une livre d'avoine. Les feuilles d'acacia (robinier ou faux acacia) doivent être au moins aussi nourrissantes que le trèfle , et le feuillage des frênes , ormes et tilleuls, est considéré comme une excellente pâture pour les vaches. De plus, les brebis et les
chèvres recherchent particulièrement le fourrage du feuillage, qui leur est d'ailleurs très-profitable.
Le genre d'usage, comme nous l'avons remarqué, est double, savoir : on fait paître le feuillage vert ou sec; vert, il est fort indifférent de couper les rameaux, de les enfermer dans des sacs ou de les détacher et jeter tout de suite sur les lieux au pâtis des bestiaux.
Pour le feuillage sec que l'on donne comme fourrage, on abat les jeunes branches de trois à quatre ans, vers la fin d'août ou au commencement de septembre , pour les donner en hiver dans les râteliers , et, après que les feuilles en ont été broutées, on emploie au chauffage ce qui reste de la branche.
Comme ce profit secondaire n'a lieu, dans la règle, que par suite de l'étêtement ou de l'émondage , il ne doit ordinairement intéresser le forestier que trèspeu; mais aussi ne l'appliquons-nous que lorsque nous avons à éclaircir par coupes les localités toutes jeunes, maintenues en massif trop fourré, et ne prenons-nous dans les abatages isolés que les arbres désignés auparavant, avant la fin de l'été, pour l'usage du feuillage ; aussi, à côté du grand avantage du profit du feuillage servant de fourrage, nous atteignons encore cet autre bénéfice que, dans les jeunes contenances de certaines localités, spécialement dans les taillis simples, nous élaguons d'une manière convenable les branches par trop feuillées qui lui portent préjudice, et que, par ce même moyen, sans dépenses d'argent, nous pouvons
ëclaircir les jeunes peuplements à croissance (ro[) dense (ou à couvert trop épais).
De l'usage des feuilles aciculaires vertes des arbres résineux et des petits rameaux (des arbres et aibustes résineux et feuillus).
Dans les dissertations sur l'Académie des sciences du royaume de Suède, il est dit que les feuilles acuminées vertes des épicéas et sapins sont trèsbonnes à la nourriture des chevaux (/^' . Si3A\\j Magasin Jorestier, T-^vol., p. 143}; toutefois, dit-on dans le pays, beaucoup d'inconvénients pourraient en méma temps s'y rencontrer.
D'ailleurs, les feuilles aciculaires et les rameaux peuvent servir comme litière au bétail, ce qui sera traité dans le cinquième chapitre.
Du rnenu bois. — Menus marchés. — Bois de glanage. — Bois mot t , — et jeunes plants de bois commcrcables ou de bonne vente.
Puisque la première destination des forets se porte sur l'éducation du bois, il parait qu'on devrait ranger celles du présent paragraphe dans le profit principal, et non dans les profits secondaires. Cependant il n'entre dans le premier que le bois même qui est récolté par le propriétaire de la forêt. Cela n'est pas le cas avec les menus marchés et les jeunes plants de bois, lesquels sont vendus pour être enlevés ou soumis à la transplantation, et à cause de cela sont tous les deux comptés dans les profits secondaires,
en tant qu'ils rapportent un revenu en argent au possesseur de la forêt.
On a entendu , dans l'origine , par bois de glanage , comme le nom même le porte déjà, seulement le bois devenu sec sur la souche ou la tige, et tombé à terre dans la forêt, lequel pentdés lors être ramassé avec la main ; mais peu à peu on l'a défini , dans différents pays, bois de glanage ou menu marché, bois mort, menuise, qu'il soit plus ou moins répandu, et il y a des contrées où on comprend sous ces termes tout le bois qui se trouve dans la forêt, sec sur la tige, tout aussi bien que le bois sec gisant ou déjà couché sur le sol , détaché du tronc.
Dans le royaume de Saxe on a adopté la définition suivante :
Le menu bois ou bois mort est celui qui s'est séché sur la souche ou sur la tige, et y est encore ou est tombé, et qui peut être recueilli sans hache, serpe, boyau et scie, et que l'on peut transporter sans chariots.
Le bois mort compose souvent dans les futaies la cinquième partie, ou plus encore, de ce que le possesseur de bois retire, et il est, par conséquent, trèsimportant pour l'économie nationale.
La permission d'aller au bois pour le glanage aggrave de beaucoup pour le forestier la garde des bois, et il serait, pour différentes raisons, à désirer que 1 on put le faire cesser, ce qui, toutefois, ne devrait avoir lieu qu'insensiblement. 11 y aurail bonne économie pour le bois à abroger cet usage
d'aiifaiii plus vite , qu'il n'offre qu'une mauvaise dilapidation de temps, un attrait pernicieux qu'on doit éviter , et une occasion dangereuse de commettre des vols. Là où l'autorisation d'usage existe, il est bien de le racheter. Maintenant c'est un mal qui, par plusieurs considérations, doit être pris en patience; toutefois on doit le diminuer au moyen d'un certain ordre, et de la désignation fixe des personnes , du temps et des places de la forêt, autant que ces choses peuvent se faire. Ordinairement il est attaché aux forêts comme une servitude; néanmoins, pour pouvoir être admis au glanage, on est soumis à une taxe considérable attachée au billet d'autorisation, et c'est précisément ce revenu pécuniaire , qui pèse sur le bois mort à prendre pour le chauffage, qui produit le profit secondaire.
A l'égard de ce qui concerne les jeunes plants commerçables, on doit remarquer que, fréquemment, une abondance de petites plantes se présente dans les bois : celles-ci , donnant un rapport d argent ou de bonne vente, peuvent donc être classées comme profit secondaire.
Quatrième elin pitre.