V. Très-mauvais
Comme cependant l'idée de bien et de mal peut varier beaucoup et que l'on sait rarement d'une manière certaine quelle est la valeur que chacun lui accorde ou ce qu'il veut faire entendre proprement par ce qu'il appelle un terrain bon ou mauvais, etc., et que , d'ailleurs, la qualité ne peut toujours être déterminée que relativement à telle ou telle espèce de bois , il s'ensuit qu'une certaine mesure est nécessaire pour arriver à reconnaître ce que l'on doit entendre par bon , mé'diocre , etc.
Nos tables de rapport normalement établies nous fournissent maintenant une pareille mesure , en ce que l'on y trouve marqué quelle doit être la force
de production qui nous conduit à déclarer une localité comme bonne , médiocre , etc. , relativement aux espèces de bois qui y sont désignées.
Mais, néanmoins, dans la classification de la productivité , il faut que Tespéce de bois dont il est précisément question soit indiquée chaque fois.
Du bois.
Le bois, ou plutôt l'état et la qualité des essences des bois , sont d'une importance particulière pour l'établissement des rapports et des règles d'après lesquels une forêt est à traiter et son produit à régulariser.
Il faut, pour cela^ procéder à des investigations sérieuses, et rechercher comment la forêt en question a été traitée précédemment, et comment elle a été portée à son éta t présen t ; il fau t considérer quelles sont les conclusions à tirer de là , et ensuite faire un examen des contenances, reconnaitre quelles espèces de bois doivent être principalement cultivées.
Rapports extérieurs de la forêt.
Dans ces rapports nous comptons principalement : 1" Les servitudes et droits qui reposent sur la
forêt j 2° Les prétentions, que de plus on élève par rapport à la forêt, et la diversité des buts en général que la forêt a à remplir, avec les égards
que le propriétaire de la forêt est obligé de prendre vis-à-vis de ceux auxquels reviennent les produits des bois ; '
3o Les changements qui peuvent être opérés d'une manière avantageuse sur le sol de la forêt, par exemple par des échanges ou par la conversion en champs ou en prairies, etc. ;
4o L'étendue de la forêt à évaluer en comparaison avec le temps et avec les dépenses qui peuvent être appliqués à l'exploitation;
5° Le mode d'administration forestière et le degré d'instruction auquel est soumis le personnel forestier en fonction;
6" Les prises en considération de ce qu'exige la garde de la forêt et la probabilité plus ou moins grande d'accidents qu'on ne saurait empêcher ;
7° Le prix qu'a le bois dans la contrée;
8° Les moyens financiers dont on dispose pour la culture du bois.
Explication.
Là OÙ des servitudes ont lieu, et que des prestations en nature doivent être fournies, il faut nécessairement que l'administration soit organisée de manière que \cs redevances et prestations puissent être délivrées de la façon la plus conforme au litre.
Mais, lors même qu'il n'y a pas d'obligation en droit^ des considérations particulières, par exemple
des considérations d'économie politique , peuvent exiger pourtant qu'une organisation soit donnée à la forêt, différente de celle que l'on suivrait, d'après les principes de pure théorie forestière.
Si des parties distinctes d'une forêt s'approprient particulièrement à des exploitations d'un genre particulier, il est bon de ne pas les comprendre dans le plan d'exploitation ordinaire, afin d'en pouvoir disposer librement dans tous les sens.
Si de grandes forêts doivent être mises en ordre et organisées en peu de temps, cela ne peut se faire d'une maipère aussi circonstanciée que lorsqu'on dispose d'un temps illimité.
Mais aussi le mode d'administration forestière existant et le degré d'instruction que présente le personnel en fonction entrent en considération dans les mesures d'organisation à prendre. Si le personnel des forêts manque de temps ou de connaissances pour l'exécution d'instructions données, il est déplacé de donner des ordres d'un exercice difficile; et, si une forêt est fortement exposée à de certains ennemis et à de certains dangers, il faut, lors de l'organisation , avoir principalement en vue cette circonstance.
Dans des contrées où le bois n'a qu'une faible valeur, on doit dresser le plan d'exploitation de manière que le recru s'ensuive autant que possible sans frais de culiure, par la nature seule, dùt-on obtenir moins de bois ou des espèces de qualité inférieure. De plus, enfin, les moyens financiers
dont on dispose^ et qui peuvent être appliqués à la culture, sont à examiner et à peser.
Complément.
Relativement aux servitudes et aux droits privilégiés, il faut observer encore que le plus souvent ils nuisent beaucoup plus aux propriétaires de la forêt qu'ils ne servent aux ayants droit, et souvent il en est de même pour les prestations (ou affectations à titre particulier) faites aux usagers, c'est-à-dire qu'elles portent , à la partie au bénéfice de laquelle elles sont faites, ordinairement infiniment moins d'avantages qu'elles ne portent de dommages au débiteur.
Lorsqu'on établit une organisation forestière , on doit donc porter son attention sur ces points, de manière que toutes les charges ruineuses soient écartéesautantque possible, ou du moins rendues moins nuisibles.
DEUXIEME SECTION
PIE l'admtmstration même des fobèts.
Introduclion.
Après que les mesures préparatoires énumérëes dans la section précédente ont été prises , on peut^
procéder à l'organisation forestière et à la régularisation du revenu.
Il a déjà été mentionné qu'elles ne peuvent avoir lieu convenablement sans qu'un plan d'économie ait été dressé préalablement.
Par plan d'économie , on ne comprend que la désignation des modes d'exploitation à employer, ou la fixation du système d'après lequel un district doit être traité, et, en particulier, l'ordonnance des coupes et cultures.
Si déjà, pour l'agronomie, il n'est pas bon de procéder sans plan d'économie, lorsque, cependant, on est maître d'y apporter, tous les ans, de nouvelles mesures, on doit admettre que le défaut de régime dans l'économie forestière entraîne des conséquences bien plus fàcbeuses encore, parce que , dans cette dernière, ce qui se fait aujourd'hui présente encore ses effets au delà de cent ans après, et que tout s'y trouve toujours déterminé l'un par l'autre. Quel désordre peut et doit s'élever, si l'exploitation dépend des vues individuelles du personnel d'administration en fonction dans le moment, sujet aussi à changer, peut-être souvent, lorsque celui-ci poursuit telle ou telle idée favorite! Il vaut mieux pousser, avec esprit de suite, un système déterminé, alors même qu'il ne serait pas le meilleur, que de passer souvent de l'un à l'autre.
Comme nous l'avons déjà observé, il conviendja quelquefois d'établir à Tavance le plan d'économie pour une longue suitr d'années , mais parfois aussi
il faudra se borner à une période plus courte. Néanmoins , permettre de fixer, pour un temps plus long ou plus court, dans une division de la forêt, un espace plus petit de cette division ^^qu'on appelle séries d'exploitations ou cantons) est une chose rationnelle, et, dans tous les cas, entièrement nécessaire , dans lintérêt du plan d'économie.
Premier cltapitre.