DE LA DIVISION D U>E FORET
Observations préliniiDaires.
Lorsqu'on divise une forêt en autant de coupes que l'on a fixé d'années pour la révolution de renouvellement, et qu'ensuite on détermine les séries de coupes, et qu'après chaque année on exploite l'assiette dont le tour est venu, on opère ainsi la régénération dans le temps prescrit , et on est certain de l'usance régulière relativement à la surface.
C'est ce que Ton reconnut, à l'époque où l'on commença à soumettre les forêts à un traitement systématique , et on procéda dès lors de la manière qui vient d'être décrite. Mais ce n'est que pour le taillis composé et taillis simple que ces sortes de divisions des coupes sont applicables, et njême pour
C€ux-ci elles ne sont pas toujours à conseiller , Pour la futaie , elles ne le sont jamais.
On rejeta, par conséquent, la division en surface ou étendue et on la remplaça par la division du rapport des bois ou contenance par volume ; c'està-dire on cherclia à reconnaître le révenu des bois et à les distribuer de raanièie qu'une exploitation aussi uniforme que possible put être atteinte. Mais bientôt cette manière de procéder se montra aussi défectueuse et encore plus dangereuse que la première, parce que personne n'est en état de reconnaître exactement le vrai produit.
C'est ainsi que tout le régime de taxation des forêts perdit son crédit; on reconnut que la division par surfaces donnait, il est vrai , de la certitude, mais une grande inégalité de revenu, et entretenait d'ailleurs toutes sortes d'inconvénients , tandis que la simple évaluation ( par volume ou contenance ) ne donnait point de certitude , et par là toute conliance dans les taxations forestières fut perdue. Cependant ces deux désavantages peuvent être évités , si Ion combine la division par surface ou voluQie , de telle sorte que le bien de chaque méthode se trouve employé et le dommage écarté ! A cette fin, certaines divisions de la superficie des forêts sont à faire.
Divisions en s^-rics d'exploitation
Il est rare qu'un district soit, d'après le sol, Tes-
pèce des bois et qualité du peuplement , assez homogène pour qu'un traitement uniforme puisse avoir lieu partout. Dans telle partie du district la futaie, et dans telle autre le taillis simple, sont peutêtre à conseiller ; dans telle partie du district un renouvellement tardif est bon pour certaines essences , et dans l'autre le même peuplement n'atteint qu'un âge peu avancé , etc.
Or, si un district est de nature tellement hétérogène , que différentes espèces d'exploitation et de révolution doivent y être appliquées , on doit, avant tout, rechercher les localités qui comportent ou demandent le même traitement. Ces objets particuliers donnent la première base pour la formation des cantons d'économie , dénomination par laquelle nous comprenons les parties de forêts qui se prêtent au même âge de coupe et traitement, qui peuvent être exploitées indépendamment des autres divisions du district et (sinon encore dans le présent, du moins pour l'avenir ) admettent une assiette de coupe indépendante , distincte par elle-même , et par conséquent forment, en quelque sorte, de petits districts séparés.
Mais naturellement il faut que , le plus souvent , on forme encore un plus grand nombre de cantons d'économie que ne l'exigent la nature hétérogène du peuplement et la diversité d'exploitation. C'est ainsi que , par exemple , pour faciliter , en effet , le débit du bois, il faut former plusieurs ressorts d'économie , afin que les coupes puissent être faites
dans diverses contrées d'un disliict , puui ne pas être obligé de les établir plus grandes qu'il n'est bon pour le repeuplement et le recru , etc.
Pour ce qui concerne la grandeur des cantons économiques , elle dépend tellement du climat , du terrain , des espèces de bois , de la révolution adaptée, etc. , qu'il serait difficile de donner des indications générales à cet égard ; cependant il serait à conseiller, dans des districts d'épicéas par exemple, de ne pas leur donner une plus grande étendue que (200 sitfr , acres ou arpents ) 10,768 ares 03 centiares , ou 107 hectares 68 ares 03 centiares.
Divisions des rantons économiques en se'rics de coupes ou en surfaces pe'riodiques.
Avec la distribution d'une forêt en rayons d'économie, l'opération de la division n'est pas encore terminée, mais il faut qu'un fractionnement ultérieur en sous-division ait lieu, c'est-à-dire en espaces contenant un certain nombre de coupes annuelles; on réunit à cette fin, pour le taillis simple et composé, 5 ou 1 0 , et pour la futaie 20 coupes annuelles , et ce sont ces divers nombres que nous appelons sections de coupes ou surfaces périodiques.
Dans la division de la forêt en cantons d'économie et surfaces périodiques , les marques de délimitation naturelles ou artificielles déjà existantes , par exemple cours d'eaux , gorges , chemins, etc., sont à employer en tant qu'elles paraissent sures et
convenables par leur situation. Les bornes en état fixées par suite de coupes antérieures ou par l'effet de la condition présente des bois sont ordinairement si irréguliéres , si peu conformes au but , qu'il vaut mieux ne pas y avoir égard et dresser plutôt des démarcations particulières. En général , il semble à propos d'établir ces divisions suivant la destination et en rectangle , partout où le terrain le permet; mais, de plus, de les soumettre au terrain , et de leur donner une forme telle qu'il s'y dessine pour ainsi dire, car le terrain est stable, les rapports des contenances passagères : ainsi une division des surfaces d'unbois, régulièrement tracée, conservera son utilité et permettra toujours une nouvelle application , quels que soient les changements que subit plus tard le mode d'exploitation. Déplus, la grandeur des divisions et celle des cantons économiques sont dépendantes des circonstances mentionnées à cette occasion, et avec les épicéas elles devraient rarement avoir au delà de 21 hectares 54 ares.
Période transitoire à \n mise en état d'exploitation (ou coupes de transformation ).
Après la division en surface d'une forêt, la question passe immédiatement à la période préparatoire à la mise en état d'exploitation. Pour celle-ci il faut observer ce qui suit. Autrefois, le nombre d'années regardé comme le temps voulu d'exploitation était également bien considéré comme l'espace de temps
pendant lequel devaient s'effectuer le traitement et l'évaluation d'une forêt. Comme, cependant, dans un seul et même district , divers renouvellements peuvent devenir nécessaires non-seulement avec différents modes d'exploilation , mais encore avec un seul régime d'exploitation , en raison du terrain , et que , toutefois , il est souvent nécessaire , à cause de cela , d'arriver plus promptement à rétablir un ordre plus parfoit, de parcourir extraordinairement avec coupes la forêt, en moins de temps que cela ne pourrait se faire, en se conformant tout simplement au mode d'exploitation d'ailleurs jugé propre , il convient d'adopter , dans ce cas , un autre procédé. Cela se fait en admettant ce que Ion appelle proprement la période transitoire à la mise en état d'exploitation , c'est-à-dire un nombre d'années paraissant suffisant pour établir préalablement une plus grande régularité et un ordre plus parfait dans une forêt , relativement à ses classes d'âge , aux séries de ses essences , etc.
C'est pour cet espace de temps défini que les premières mesures de rétablissement sont prises, et il s'entend de soi-même , qu'il ne faut pas les confondre ici avec l'idée de révolution, quoique souvent celle-ci puisse coïncider avec la période transitoire à la mise en état d'exploitation.
Il est d'ailleurs facile avec elle de passer dans chaque canton économique à une révolution convenable, après l'exécution du premier rétablissement dont s'agit, puisque Ton n'a besoin pour cela que de déter-
miner convenablement le nombre des assiettes de coupes dans chaque surface périodique.
Par exemple, dans un canton pour lequel on a une exploitation transitoire à la mise en état de 80 ans avec quatre périodes de 20 ans chacune , on prend chaque période de 25 ans au lieu de 20 ans : la révolution qui en sera la conséquence sera de 100 ans. Si on prend chaque période de 30 ans, au lieu de 20, la révolution qui suivra sera donc de 120 ans (révolutions qui, sans les coupes extraordinaires de l'exploitation de mise en état , n'auraient été que de 80 et 1 00 ans : la coupe de transformation ou transitoire a donc l'effet d'étendre la révolution ordinairej.
Du reste, il est peu probable que, après l'expiration de la première période de mise en état, les essences auront partout précisément cet âge que l'on demande ; mais cet âge ne peut toujours être atteint que plus tard, parce que beaucoup de jeunes individus déjà existants ont été réservés.
Si, ensuite, les descendants trouvent que, par notre division en surfaces, un produit inégal résulterait pour les périodes, parce que les parties de coupes, bien qu'égales en superficie ou étendue, sont inégales relativement à la bonté du sol et à la contenance ou masse de volume, il ne tiendra qu'à eux de fixer, dans la même proportion, plus ou moins d'années pour une série de coupes , dans laquelle le sol et les essences seront ou plus mauvais ou meilleurs.
De l'espace de temps pour la mise en état dépend d'ailleurs naturellement le nombre de surfaces périodiques dans chaque canton d'économie : pour une durée de mise en état de 80 ans, par exemple, quatre, et pour une durée de mise en état de 100 ans, cinq surfaces périodiques sont à établir pour le moment.
DeuiLiènie rhapitre.