I. La carbonisation en fourneaux dressés ( verticaux
II. La carbonisation en fourneaux couchés (horizontaux ) , et
m. La carbonisation en fauldes (fosses).
Dans les fourneaux dressés , les morceaux de bois sont placés verticalement les uns à côté des autres ou , du moins , un peu inchnés ; dans les fourneaux couchés, ils sont disposés horizontalement.
observations générales.
La carbonisation en fourneaux dressés a été trouvée jusqu'ici la plus avantageuse; il convient donc d'en parler plus longuement.
L'été et l'automne sont , en général , les meilleures saisons pour ces travaux ; trop de pluie et de vent, ou la chaleur excessive influent défavorablement sur l'opération : il est toujours désavantageux de carboniser en hiver.
Le charbonnier a besoin, pour la préparation du charbon , des outils particuliers suivants :
1" Les crocs à tirer ou écarter — semblables à une houe pointue ,
2° Les martinets — un grand maillet en bois,
3° Les râteaux — avec six longues dents obliques ordinairement en fer ,
4° Différentes perches — perches à allumer, pour remettre, afin d'étayer, etc.
De plus , il lui faut des pelles en hois et en fer, des houes, ëgrilloirs , balais, haches, scies, etc.
Un certain nombre de places à charbon voisines (fauldes), auprès desquelles est, pendant un été , le même personnel de travailleurs soignant la charbonnière , s'appelle c.- taillis )) ou « assiette à charbon. » Dans un pareil établissement de 6 à 8 fosses on peut carboniser, dans le courant d'une année ( 700 à 1 000 .^lûftevn-ioises, cordes ) 1 389" 500-"'"'™à 1 985™ , et pour cela il faut , ponr personnel d'ouvriers , 1 maître charbonnier avec deux compagnons et 2 à 3 garçons.
CARBONISATION BANS LES FOCR\EALX DISPOSÉS VEUTICATEMBST.
Du bois et de la manière de le disposer.
Dans les fourneaux dressés , toutes les espèces et sortes de bois , depuis le bois vigoureux de tiges et souches , jusqu'aux plus faibles ramilles, même les cônes ou strobiles des résineux peuvent être carbonisés ; cependant il faut , autant que possible , séparer les iDois durs d'avec les tendres , ainsi que le iûois provenant de branches , d'avec le bois de tige. Une condition essentielle, c'est que le bois à trans-
former en charbon soit sec et sain ; le bois piqué ou pourri donne toujours un cliarl)on de mauvaise qualité et sans profit.
Toutes les espèces de bois doivent être mises par classes au fourneau, préparées chacune à part, afin que les morceaux ne soient pas trop grands et puissent ê(re superposés convenablement.
Gra'/Jeur des foiirnf;iiis.
La quantité de bois que Ton a Ihabitude de réunir dans un fourneau varie souvent. D'après les expériences faites jusqu'à ce jour , on regarde 90 à 112 mètres cubes comme la contenance la plus avantageuse d'un fourneau ; cependant on dévie extraordinairement de cette mise moyenne dans les diverses contrées : c'est ainsi que , dans la forêt de Thuringe , on prend pour charbonnée de 18 à 20 mètres cubes de bois; au Harz , 90 à 134; en Styrie (Strienmark) , 157 à 179, et à la grande charbonnière de Gsersdorf , en Saxe, dans un petit fourneau, 90 à 179, et, dans un grand, 560 à 785 mètres cubes de bois.
^ ooo.
Clioix des fauiJes (enîpLiceincr.l do charhonncrie).
Dans le choix d'une nouvelle fosse-faulde, il ne faut pas seulement avoii é^^ard à hi nature de la place , mais encore à la situation relativement à la voie de vidange des bois et des autres matériaux nécessaires, non moins q'.i'à la protection contre le
— 4%\ — vent et les intempéries. Ln place doit être aussi unie que possible et non marécageuse, pour qu'elle n'exige pas de mise en état dispendieuse. C'est sur un terrain mélangé d'argile , sable , terreau ( terre pour les digues) que la carbonisation s'opère le mieux ; un terrain argileux pur est trop difficile à chauffer , et , suivant l'expression technique , est trop froid, un terrain sablonneux pur trop chaud.
De plus , la nature du fonds minéralogique ( fond de roche) , à moins qu'il ne soit fortement recouvert d'une couche molle , exerce une grande influence sur la marche de charbonnerie. Le mieux est toujours de pouvoir trouver des fauldes anciennes convenablement situées qui dispensent d'en confectionner de nouvelles ; non-seulement on s'épargne ainsi du travail, mais encore du matériel, caria perte de la première carbonisation sur une nouvelle fosse se monte ordinairement à 15 à 20 pour 100.
Arrangement des fauldes.
Si la faulde à établir a déjà servi au même usage, il suffît de la piocher à nouveau et de la débarrasser des racines et pierres ; puis un cercle de la grandeur du fourneau est décrit autour du mât du foyer (réchaud-brasier) à fixer au milieu, et en dedans du cercle le sol est rehaussé vers lo centre de (6-12 S^u — pouces) 141 à 282"""'™ . On appelle cet exhaussement fût de mât ; on le pratique en partie pour donner le courant d'air, en partie pour l'écoulement des
substances aqucaises qui se forment dans la réduction en charbon. L'inclinaison à donner à cette élévation se règle d'après la force du courant d'air nécessaire et sur l'espèce de bois à passer en charbon.
Or la disposition de nouvelles fosses se pratique en général comme nous venons de le décrire ici; seulement il faut y avoir égard à plusieurs circonstances particulières. Les nouvelles fauldes se trouvent-elles , par exemple , sur une pente de montagne , il faut creuser d'un coté dans la montagne, et rejeter de l'autre les terres extraites. Mais, comme le courant d'air du côté de la vallée augmenterait par suite du terrain devenu plus mouvant, on conserve alors de ce côté l'exhaussement du passage entier, ou on le diminue le moins possible. Les sources et les mares doivent être mises à sec au moyen de fossés profonds, et le terrain, dans ces endroits, doit être ou pavé ou raffermi par des travaux de madriers (jplanches épaisse ).
Aux pentes de montagnes très-rapides on pratique aussi des fauldes en madriers ou murées; mais comme l'établissement en est coûteux, et que, de plus, elles ont souvent un courant très-inéfral, il est donc entièrement préférable d'éviter la construction des fosses sur les côtes roides.
De rcrcclion.
Avant tout on établit le foyer. On appelle ainsi la partie du fourneau dans laquelle le feu braise; il se
trouve dans l'axe de celui-ci et est fixé de différentes manières, suivant que l'on veut allumer du bas ou du haut.
Pour embraser par le bas, on entasse en rond, dans la partie inférieure du fourneau, autour d'une — ou plusieurs perches perpendiculaires de foyer, — des matériaux facilement inflammables. Tout en procédant progressivement à «l'érection)) ouà la construction des fourneaux, on pose un fort bâton (rondin d'embrasementoupour attiser] sur le soldela faulde, de façon qu'il puisse être retiré du foyer et extrait de la charbonnière comme un rajon mobile; l'ouverture qui en résulte s'appelle la lumière, et celle-ci est toujours pratiquée dans la direction opposée au vent dominant.
Pour embraser par le haut ou pratique, à l'entour du mât de foyer, ce qu'on appelle le creux du réchaud, qu'on remplitavantou pendant, de «tisons,» charbons, etc.
Il est une autre espèce de foyer qu'on appelle brasier à fraise (ou à grillade) ; il est surtout remarquable pour le bois de souche, et consiste dans une charbonnée de petits charbons qui, au-dessus du premier amas de bûches refendues, sont insérés dans l'intervalle du bois du fourneau et empilés en forme de cône autour du mât.
Le fover établi , on continue à nourrir le feu par l'empiialion Tune sur l'autre, pour les fourneaux de moyenne grandeur, de deux, — et, pour les grands fourneaux, de trois à quatre fournées ou lits de bois,
le tout recouvert par ce qu'on appelle chapeau ou calotte du fourneau; et — dans le cas où le fourneau ne doit pas être allumé du haut — on couvre encore la dernière ouverture au-dessus du foyer avec ce qu'on appelle aussi la calolte(lecouvre-feu, l'étouiToir) de la tige, du faîte de la pile, qui est construite de rondins de ( 1 -2 5u§ — pieds) 282 à 50 V"'"'"- de longueur.
Afin de produire une marche uniforme de la carbonisation, il faut que la construction du fourneau soit faite aussi régulièrement que possible.
Lorsque le fourneau est formé jusqu'à la hauteur désirée, on procède au calfeutrage ou on enduit de brasque, en bouchant tous les intervalles extérieurs avec de petits rondins et bois de quartier, ou — (comme d'autres le proposent) — avec de petits charbons, afin de rendre la surface extérieure aussi épaisse que cela se peut. Après ce travail on dit que le fourneau est (( prêt en bois m ou «juste en bois. »
De l'échafaudage.
Le fourneau prêt en bois est écha faudé en partie pour que le crépi dont on l'entoure puisse tenir, en partie afin de pouvoir diriger le courant sous les charpentes de support. On distingue des charpentes de soutien inférieures et des charpentes de soutien supérieures. Les premières sont établies en dressant contre la circonférence du fourneau des pierres ou petites billes de i4l"""'™ de longueur, et en posant sur celles-ci des bûches refendues appliquées autour du fourneau.
Les secondes consisjeiit en hois de quarlier ou fourches de soutien, que l'on fixe sur les supports inférieurs tout autour de la charbonnière , et sur lesquels on pose éjjalement une couronne horizontale de bûches refendues polies. On applique les charpentes supérieures d'échafaudage seulement après, — mais les soutiens inférieurs avant la couverture du fourneau.
Dt' la couveit ne on liu revt'temciiJ.
Le fourneau ainsi préparé est ensuite revêtu d'une couverture devant servir de base au renformis, et empêcher par là que celui-ci ne perce à travers les fentes du fourneau. On y emploie gazons, mousse, feuillage, bruyère, ramilles ou autres matériaux de ce geiue, qu'il importe de se procurer.
^Du cri'pi.
Le crépi s'elTectue dans le but de défendre de l'accès de l'air le fourneau brûlant, et on se sert, pour cela, de terre, ou, ce qui vaut mieux encore, d'un mélange d'argile, terre et chardon en poudre. Cet enduit est apposé au pied du fourneau en une couche de 141 à 188 millim., mais sur la calotte on n'en pratique qu'une légère, avant que la charbonnière soit allumée.
Tue-vents (pHravents;.
Les fourneaux qui ne sont pas garantis contre le vent par leur entourage naturel , avant dêtre embrasés, doivent être munis de lue-vents. Des haies de ramilles (brindilles), que l'on peut établir, suivant qu'on le juge à propos, de l'un ou de l'autre côté du fourneau , et raffermies d'étais , sont les paravents les plus faciles à employer.
Manière d'allumer et régler le feu.
Comme nous l'avons déjà mentionné , on distingue deux manières d'allumer.
1° L'embrasement par le bas se fait au travers de la lumière, au moyen de la perche à mettre le feu à l'une des extrémités de laquelle un bouchon de paille est enveloppé d'écorce de bouleau ou autres, et qui est introduite dans le foyer;
2° L'embrasement par le haut s'opère en mettant à la partie supérieure des matériaux contenus dans le creuset du foyer, ou bien en y jetant d'abord des charbons ardents et en y versant ensuite des charbons et tisons.
Lorsque le fourneau est ainsi enflammé au point qu'il n'y a plus à craindre qu'il s'éteigne, on bouche la lumière ou le creuset du brasier. On voit premièrement s'élever du fourneau une vapeur blanche , épaisse , à laquelle succède plus tard une fumée
corrosive el jaunâtre. Lorsque celle-ci se manifeste, on commence à recrépir plus fortement la calotte, et en commençant toujours du côté du vent. Après 3 à 4 heures , on raffermit l'enduit en frappant tout autour avec une perche. Si le renformis est d'abord trop épais ou trop ferme , ou le feu trop violent , il arrive facilement que le fourneau éclate et fait rupture, ce qui est produit par une explosion de vapeurs soudaines trop fortement comprimées; les trous qui en résultent dans la couverture doivent être bouchés de nouveau , le plus promptement possible.
Le premier feu qui se répand dans le chapeau est insensiblement dirigé du haut en bas, et cela se fait par les soupiraux — trous de fumée (fumerons) , ouvertures — qui , avec un bois rond , sont pratiqués au travers du crépi et de la couverture.
Lorsque la fumée des soupiraux devient claire et bleuâtre , c'est un signe que le charbon est assez brûlé ; il faut alors que les trous soient bouchés. Pour cuire il faut , dans un fourneau d'une contenance de (3,000 à 5,000 ^ubiffuj- pieds cubes) 67 à 112 mètres cubes de bois, de 10 à 16 jours, à partir du jour où on allume.
Du remi)liss3ge.
Pendant la carbonisation il se produit souvent , dans l'intérieur du fourneau , des vides qui se manifestent , au dehors , par desaflaissements , et qui doivent être comblés le plus promptement qu'on
peut le faire. Cesl ce travail qu'on appelle « le remplissage. » Moins il est nécessaire de remplir un fourneau , mieux cela vaut ; toutefois il serait difficile qu'on put lëviter complètement.
De la rcfrigëralioR.
La réfrigération est le dernier des (ravaux de feu , et on y procède un jour après que la cuisson est achevée. Lorsque « labrasque» * et «la couverture» ont été grattées avec le râble , on rejetle la brasque pure et sèche sur le fourneau, pour qu'elle s'infiltre entre les charbons et étouffe le feu.
De la fraclure et de i'extraction.
Cela se fait toujours du côté où le vent n'arrive pas, peu à peu et de façon qu'après l'extraction de 2 m. c. 212""'"" "' de charbon, l'ouverture du fourneau soit comblée de nouveau et le fourneau brisé sur un autre point.
Ordinairement on combine en même temps, avec l'extraction des charbons, le triage d'après la grosseur et la qualité.
Les (( tisons » qui se présentent — morceaux de bois qui ne sont pas entièrement réduits en charbon — sont ou bien employés tout de suite au rem-
'^ c'est ainsi que les charbonniers cppelicnt , dans leur langage feclinicjue, dans la plupart des pays, la terre rarnasse'e ou l'enduit. Près du Harz, on substitue à cette expression celle de crotte (motte).
plissage du prochain fourneau tels qu'ils sont , ou carbonisés dans de petits fourneaux particuliers (chenets-Lanier, fourneaux à tison).
If.
CAKBOmSATION BANS LES FOCRNHAVX DISPOSÉS HOIiltONTALKMBNT.
Fourneaux disposes horizontalement en forme de cône.
On donne à ces fourneaux la forme extérieure des fourneaux verticaux ; mais le bois de quartier, que l'on y carbonise surtout, y est placé horizontalement et en rayon dans 1 à 2 piles d'assiettes concentriques, et les surfaces extérieures du fourneau , au moyen de plateaux en forme de gradins , sont rendues parallèles avec le noyau intérieur du bois, lequel est établi d'abord autour du foyer avec des bûches refendues dressées cylindriquement. Quant au reste , on procède d'ailleurs comme pour les fourneaux dressés. Les fourneaux dressés en forme de cône furent proposés par Karsten et reconnus d'un usage trés-pralique par M. le conseiller de la commission des mines Lattermann , d'après des essais répétés dans la mine de fer de Morgenrœthe, en Saxe. Ils doivent admettre une construction plus serrée et donner moins de lisons que les fourneaux dressés.
Fourneaux horironlaux parallelipipédiformes , appelés piles.
On ne pratique plus ce mode de carbonisation que dans les pays où il y a une grande abondance de bois ; par exemple, dans les forêts de la Scandinavie. On assemble et on entasse les bois en morceaux de 2° 820"'"™ à 8" 460'""'"' de longueur. La formation et le traitement de pareils fourneaux différent naturellement de ceux précités; mais nous pouvons nous dispenser d'en parler ici , parce qu'ils ne sauraient être convenablement exploités en Allemagne.
CAHBOMSATIOA £M rAVLDE».
En i]uoi elle consiste , et application de celle-ci.
Celte réduction en charbon se pratique dans des fosses de l"" 128 ■"'^'" à 1"" 410"'""" de profondeur et 1» 692"''"" à 2" 256"'"''"- d'ouverture, au fond central desquelles on jette un fagot de ramilles enflammées que Ton couvre successivement de matières à carboniser (ordinairement ramilles) , jusqu'à ce que la faulde soit pleine, puis on couvre le tout de gazon et de terre, et l'on étouffe ainsi le feu. Après 24 à 36 heures, la passation en charbon est de faiî ordinai-
renient consommée. Autrefois on carbonisait aussi de cette manière des bois de quartier, mais cette méthode était extrêmement imparfaite ; on ne l'emploie aujourd'liui — lorsque le but principal est de gagner du charbon de bois de bonne qualité — que tout au plus pour la carbonisation du bois noueux et de ramilles que l'on met en fagots à cet effet*.
Mais il se présente aussi des cas où le but important ne consiste pas dans le produit du bon charbon de bois , et alors la charbonnerie en faulde peut encore quelquefois trouver en fait son application. Par exemple, lorsqu'on veut rechercher du charbon pour la fabrication de la poudre, pour laquelle il importe, avant tout, que le bois soit bien biûlé; on choisit de préférence, pour cola, le bois de bourdaine, tilleul, saule, coudrier, etc.
Une autre application de celte méthode, c'est lorsqu'on veutga.'^ner du goudron à peu de frais; il faut alors que les fosses soient murées et pourvues , à partir du point le plus profond, d'un tuyau d'écoulement, qui déverse le goudron clans un vase disposé à cet effet. On choisit, pour cette opération, du bois riche en résiue et spécialement du bois de souche.
* En Espa':;nc, rnt'Vnn carbonise encore en faulac, on dispose re'gulièrementlc bois dans les fosses, et on allume parte bnnt après l'avoir couvert. Science de l'exploitation de6 mines dcj'cr, par Karslen, tom. i, 5 384.
DU PRODl'IT.
En gcDc'ral.
La grandeur et la i)onté du produit en cliajbon à extraire dépendent de la méthode de carbonisation, de la nature locale de la charbonnière , de la saison , de l'espèce et qualité du bois, de la solidité des ouvrages en bois et de la marche dans la réduction eu charbon. On détermine les quantités à extraire, soit d'après la contenance de l'espace, soit d'après le poids du bois enfourné et du charbon obtenu.
On fixe le quantum des bois carbonisés d'après le nombre de (^\laftcvn — toises, cordes, anciennement bois de moule, c'est-à-dire bois à brûler de la meilleure qualité) 2 stères 42136 cent millièmes de stère ou unités de mesure^ introduites successivement, ou par le calcul de la capacité du fourneau.
En procédant de la première manière, on admet
* Ou a, en général , en Allemagne, deux manières principales pour empiler le bois abattu pour le chauflage. La première est celle connue sous le nom de Kloj'ter — bois de moule ou à mesurer à la toise ^'a toise valant à peu de chose près G i ieds allemands ; la seconde, sous le nom de Schoch , signifie bois de com[)te.
Dans le premier cas, on prend des rontlins entiers eu des bûches provenant de rondins , divisc's en deux parties , ou des bois quartiers refendus on quatre I.t^chcs. On met le tout en blues de C jiieds de couche ou de largeur sur la terre , avec G pietîs de hauteur; chaque morceau de bois ayant ;5 pieds de longueur (ou découche) et une épaisseur telle que trois de ces morceaux, niis à côté Tun de Tautre, donnent i pied ; il y aura donc dans une seule [ile 324 pièces , celles-ci e'gales en longueur et en r'paifseur. Le même compte, en valeias actuellement en
ordinairement que le bois empilé en stères ou décimales du stère contient, de règle, dans le volume de 2 stères 42136, une masse réelle en
Bois provenant de branches ou bois de rondin 50 à 55 p. 100.
Bois de souche 50 — 60 —
Bois de quartier 65 — 75 —
On évalue et on compte les tiges séparément. D'après la seconde manière, on calcule le contenu entier du fourneau et on admet comme contenance réelle du bois autant de pour 100 du contenu ob-
usage eu France , nous donne 2 stères 42i3C cent millièmes de stère, c'est-à-dire 2 mètres cubes 42i36 cent millièmes de mètre cube. Ce stère provient de G X '^ = 36, et ce dernier produit multiplie' par 3, au total io8 pieds cubes. Or le pied cube allemand vaut o met. cub. oj242 cent millièmes de mètre cube. loS X 002242 donnent donc les s stères 42i36.
Dans le second cas , pour le bois que les Allemands considèrent comme bois de compte, le bois se vend à tant de bi^ches par stère ou demi-stère , etc. Le plus ordinairement ils comptent ici par soixantaine ou trentaine. Ces [iles ou mules sont ge'ne'ralement composées de bois de quartier, bois de souches, ramilles, etc. Ces dimensions sont semblables à celles ci-dessus indiquées , du moins d'après Tiisage assez constant en Allemagne.
On voit encore , dans le prâsent 5, que la corde ou le klafter, qui fait un peu plus que nos 2 stères, peut encore être compose' diflèremment, suivantles besoins auxquels le klafter doit servir. Par exemple, comme le bois n'est jias employé' dans ce paragraphe à titre de bois purement fie chau.lhge, le klafter présente ici im assemlilage de bois de branches ou de ramilles assez grosses provcnr.nt d'élagagcs, d'émondages, éi)rancliages, etc., de bois de rondin , de bois de quartier, de bois de .souche , etc. Les tiges ou aibrcs de forte dimension , dépouillés de leurs branches et coascrvés dans leur longueur primitive, ou seulement divisés eu l'iles d'un fort volume, sont estirr.és à part, ne faisant 1 oint partie ùu klalLer, du sciiock, bois de moule ou bois de compte.
{J\'utc du ti mutieuv.)
^ 437 — tenu, que le détermine l'indication donnée en rapport avec les différentes espèces de bois.
Veut-on connaître le poids du bois introduit, il faut désigner préalablement le poids d'une unité de mesure de l'espèce de bois mise au four. On estime la quantité de charbon extraite, soit en la mesurant dans des caissons particuliers, bannes ou chariots, soit selon le poids, d'après lesquels on pèse exactement un pareil quantum donné.
Du produit clans les fourneaux verticaux.
En terme moyen, la réduction en produit, dans les fourneaux dressés, monte d'après le volume : Avec le bois de chêne, de 50 à 60 p. 100.
— bois de hêtre, de 50 à 60 —
— bois de pin , de 55 à 65 —
— bois d'épicéa , de 55 à 70 —
— bois de sapin , de 55 à 70 —
Ou d'après le poids :
Avec le bois de chêne, de 10 à 20 p. 100.
— bois de pin , de 1 5 à 20 —
— bois de hêtre , de 20 à 25 —
— bois d'épicéa , de 20 a 30 —
— bois de sapin, de 20 à 30 — Dans l'établissement de charbonnerie à Gœrs-
dorf, en Saxe, on prétend avoir obtenu, dans Tannée 1829, 91,7 pour 100, dont 88 pour 100 consistant en gros charbon; mais on ne saurait, en réalité, aspirera un aussi haut point , et il serait possible
qu'à Gœrsdorf même ce produit n'ait existé que sur le papier.
Du produit clans les fourneaux horizontaux.
Le produit dans les fourneaux couchés à forme conique est , en général , pour le moins égal à celui des fourneaux dressés ; cependant , trop peu d'expériences nous sont connues sur cette matière. Quant au produit des fourneaux couchés en forme de parallélipipèdes, on peut, d'après de Berg, le taxer aux chiffres moyens de 55 à 75 pour 100, d'après le volume, et à ceux de 20 à 25 pour 100, d'après le poids. Comme dans ces fourneaux on ne carbonise que du bois résineux, et seulement aussi de belles et fortes tiges , on ne saurait être surpris que le résultat s'y présente en terme moyen meilleur que par la carbonisation dans d'autres fourneaux; mais, relativement à la bonté des charbons, les fourneaux coniques méritent toujours la préférence sur ceux parallélipipédiformes.
DE L OBTEXTIOX DES PROFITS SECONDAIRES DANS LA CHARBOWERIE EN rORÉT.
Du goudron.
La production du goudron dans la charbonnerie en forêt est surtout praticable par la carbonisation
en fosse, comme il a été déjà mentionné § 3G8 ; mais, comme la transformation en charbon dans des fauldes est, en général, désavan(ag;Mise , on n'aura que rarement occasion de retirer du goudron au moyen de la carbonisation en forêt; car si — comme on le propose — on voulait creuser et pratiquer une excavation vers le milieu de la cliarboimiére et la munir d'un tuyau d'écoulement pour extraire ainsi le goudron, on s'exposerait à beaucoup d'inconvénients relativement à 1 opération de la carbonisation.
Du Ainaigre de bois.
En général, un autre profit plus fcicile à réaliser, c'est l'extraction du vinaigre de bois dans la charbonnerie en forêt; elle se fait de la manière suivante:
Dans tous les soupiraux du fourneau embrasé on adapte, après que les premières vapeurs trop aqueuses se sont échappées, des tuyaux en métal ou en terre de (Iy-Ss^u — pouces) 35""""" à 71 "'"''"■ de diamètre , et , au moyen de ces tuyaux , on conduit les vapeurs acides qui s'élancent du fourneau, dans de grands tonneaux, où elles se condensent en état de faible vinaigre de bois (eaux de fourneaux;. Si on n'ajuste pas un trop grand nombre de conduits, et que, par cette précaution , laccès de l'air ne se trouve pas trop augmenté, il n'en résulte aucun préjudice pour la marche de la passation en cliarbon, comme Tont prouvé les essais faits à Gœrsdorf; mais le vi-
^ 440 — naigre de bois obtenu a besoin d'une épuration et d'une distillation dispendieuses.
Croûte résineuse.
On appelle ainsi un& masse dure et épaisse , conglutinée de goudron, terre et petits charbons, et qui se rencontre presque toujours au fond de la faulde après l'achèvement de la carbonisation des bois résineux. On la détache avec la houe, et on peut l'employer à chauffer dans des fourneaux à vents (aux feux des forges).
»"Ol,S REC0.1I.nA\D0NS LES OrVRAGES StlVAXTS SCR I.A. PARTIE DE tA CARBOMSATIOX :
Lacbop. — Principes d'exploitation et de technologie forestières. Heidelberg , 1 8 1 o. G fr. 45 c.
DE Bebg. — Instruction sur la carbonisation du bois. Darmstadt , i83o. 4fr. 5 c.
Freitag. — Carbonisation du bois en fourneaux. Qouedlinbourg et Leipzig, )83i . 6 fr. 5o c.
Rarstex. — Dans le Manuel de l'exploitation des mines de fer, t. I. Berlin, 1820, et dans sa grande métallurgie.
Dumas. — Manuel de la chimie applique'e , traduit en allemand. Nuremberg, i83o.
ET PARMI LES KCRITS ÉTRAXOERS , PARTICLI.IÈRE5IEXT !
Af Ubr. — Berattelse am koi.ixgs-forok. Stockholm, i8f4. Vpplagan. — IIaxdboe roR kolare . Stockholm, iSs?.
DEUXIÈME SECTION