DE L'INDÉFINI DANS LA CRÉATION
et la loi de tous les .phénomènes qui s'accomplissent sans interruption sous nos yeux.
L'univers, avons-nous déjà dit, est Vunictis multiplejc^ Tantinomie que signale, dans son acception universelle, rÉcriture, en disant quaDieu a créé tous les êtres « en les opposant Fun à l'autre, » et qu'il faut « ainsi voir dans toutes les œuvres du Très-Haut deux et deux et un contre un *. » Dès le premier mot sur la création, la Genèse nous représente le monde comme Tindéfini sous sa double face antinomique. En effet, elle nomme la matière première inanis et vacutty invisibilis et incomposita 2, ce que répètent, en le développant, le livre de la Sagesse^, Isaïe * et Jérémie s. Commentant ces paroles de la Genèse, saint Augustin dit que « nous ne pouvons connaître la matière qu'en l'ignorant, et l'ignorer qu'en la connaissant, conetur humana mens malçriam vel nosse ignorando^ vel ignorarenoscendOf car ce n'est rien et c'est quelque chose, nihil aliquid^ c'est l'être et le non-être, est non est. Elle n'est pas quelque chose, non est aliqtnd; elle n'est par elle-même ni figure, ni corps, ni esprit, et cependant ce n'est pas tout à fait rien, non omnino nihilj mais le milieu entre l'être et le non-être, la forme et rien, sed medkm quid inter formatum et nihil «. » Il dit ailleurs du temps, résumant l'ordre des choses temporelles, « est et non est, née esse possumus dicere quod non siat, nec non esse quod venit et transit : le temps est et n'est pas ; on ne peut pas dire qu'il est, puisqu'il ne demeure
1 Liber Ecclesiaslici, c. xxxiii, y. 15.