‹ Principes généraux d'une théodicée pratiqueChapitre 16 sur 25 · BU · texte numérisé non relu

BU

est TiifticpAe raison 4e i'orig&iie des éires H de 'leur perm^r \\mcie, il est par là^fiftêiiie runiqu^ n»s€« <k la vie ^es esl^rits.^ wssfi ia^i|)sara!t4l iMm-seiilement à TorigiBe des sciences, «nais il vit «u .elles, ou plutôt elles vivent de lui, en lui ietpar iui, le toucheot par tous les>poiiits, et elles ne s'en réparent jamais, sans s'égarer dansdes erreurs d'autant plus jBonsiruauses iqu'elles s'en éloigneirt davantage.

Les sciences exactes ne sont que ^yar kû, et c'est Inî qui les révèle au monde dans les f)riBci{pes qui >sont km rais6« 4'(6tre. A^ipoifint de dépait de rarithmétique , vous trouvez non pas, comnie on l'explique vulgairement, le nombre, mais la raison m^oe du nomihre, ou ce qui lui est inverse en tout ptoiiU,, c'est* k-dire 1 «unité qui produit tous les nombres, qui se trouve k la racine ^ie cbaoun d'eux , et qui fie peut être «égalée par attouu. L'unit«é fi'estpoint engendrées eHe ne se juuUiplie pas, elle ne ^ divise pas ; DSAïkipliée >oiu divisée par elile^même^ elle «e dcinne jamais qu eUe-m£me:; elle est immuablement toujottrêi elle. Qui Ta donc révélée k iMktre inHelligence? Tout daus Tunivers est issu-d'uu a!u4ire,tottt vient 4 un père ^ d'une mère ; tout est indéfinimettt rnukâpliaUe, soumis k la loi de la division ; tout change : par consé^pient rien dans le monde visible n'a pu &ous 4oN«er l'idée de .l'unité. L'unique immuable, ingénéré, immultipUable et indivisible, c'est l'Être intini : ainsi l'unité de Dieu est aucanunettoement 4es scienceSiOxactes, counase elle estkila racine de toutes ses équations, Lorsque le géoie buoKiaiii voulut sortir des boraies où les nombres le tienoeuit captif, il posa au iB»lieu d'eux l'infini, et le progrès lui est apparu «ous un horizon sans bornes.

C'est aur .l'idée ide l'Âufifri qu'est constrtiite la gécwiétrie tout entière; .car la l^goie, d'od 4écoule toMes ises fonMules,

part elle-même du point, unité indivisible, sans largeur, longueur ou profondeur, et qui les produit toutes ; invisible mesurant tous les visibles, indéfini de la pensée qu'eu ne saurait voir, sentir ou toucher dans aucun corps, et qui est le mètre archétype du calcul, de la forme de tous les corps. En effet, la géométrie est la science des formes de la matière : ridée de forme ou l'idée de limites sont synonymes. Or, essayez de prononcer ces mots bornes, limites, si vous n'avez point l'idée d'illimité, partant l'idée de la cause de toutes les limites dans la création. La négation implique toujours l'affirmation.

L'algèbre n'étant que Tarithmétique généralisée, on doit dire de cette face de la science des nombres ce qu'on dit de l'arithmétique elle-même. Que sera-ce si nous parlons du calcul infinitésimal , cette synthèse des mathématiques qui leur a fait faire des pas de géant, qui ne vit que de l'idée de l'infini, ou plutôt de l'indéfini, qui n'opère que sur elle, qui la montre partout présente, entre tous les nombres, audessus comme au-dessous d'eux, dans le chiffre comme dans la fraction, dans Tindéfiniment grand, comme dans l'indéfiniment petit, dans toutes les équations comme dans tous leurs rapports, et qu'on pourrait nommer la science calculant l'indéfini partout??

Ainsi, dans les sciences que l'on dit seules exactes, avec lesquelles on a travaillé, avec lesquelles on travaille encore h détrôner la vérité supra-naturelte, on ne peut pas plus se passer d'elle qu'on ne peut s'en passer dans les sciences religieuses ou morales.

Tout est borné dans la création ; mais à travers toutes les limites l'intelligence devine l'infini. Tout passera dans le mode d'existence que Dieu a donné à chaque créature.

DIEU. 26î>

L'éternelle vérité seule demeure , elle est Taxe immuable de toute science. Tout est borné dans les mouvements et les œuvres deThomme^ et cependant tout aspire à Tinfini comme au but suprême. L'homme qui s'isole de Dieu ne comprend plus rien, ni la création, ni lui-même. En comparant tout à lui, il aboutit nécessairement à la négation universelle.

Non, Dieu n'est étranger à aucune des opérations de l'homme ; c'est lui qui dirige tous les travaux intellectuels, quand ils sont dans la vérité. L'homme est tellement dépendant, dans son action, de l'action divine, qu'il est conlraint, qu'il le veuille ou non, de marquer toutes ses œuvres du sceau de l'infini. En Dieu, comme nous le verrons, il y a la puissance qui crée l'être, la sagesse qui le coordonne, et l'amour qui lui donne l'unité. Ainsi, dans les œuvres les plus parfaites de Thomme, vous ne trouvez que ces trois opérations de son esprit, le sentiment qui s'empare des idées, la disposition qui les coordonne, et Télocution qui polit l'œuvre et la perfectionne.

Tout dans Thomme doit donc être un hymne d'amour et d'adoration! Avecquelrespectildoitcontempler son âme où Dieu se regarde comme dans un miroir, pour y esquisser une merveilleuse image de sa nature !

ineffable peflet de la face même de Dieu, qui fait éclore, dans l'esprit où il s'imprime, toutes les sciences de l'homme, divine image de celui en qui et par qui sont tous les êlres ! je veux, à travers le prisme éblouissant de ta lumière, contempler, adorer le Verbe vivant, Téternelle pensée, raison suprême de toutes choses, qui nous montre, dans le monde des âmes et dans le monde visible, de l'infini qui touche au cœur de l'homme, à l'indéfini mathématique, Dieu tout en-

tn MRf.

étttr ftémûk partout, el tonc enâor i ektqtie ^ôiàt de Yt^^ pace el *c la dnrée, ponr tout créer, tout vivHSer, tout parfoire, < Car tout est de lui, tout est par lui, fout est en lui : h hii j^loire dans tous les sièctes ' ! »

Mev émmm le BiMtfe Ytellrte.

K'etUce pis nol qol reaplls le eM «t 1« lem^dil la SetiMar.

(Jt&ÊM., c. zxai, T. u.)

1. Nous avons lu le livre de la création, nous eu avons observé les lois, merveilleux alphabet de cette langue vivante, et nous avons vu Tinfini qui Les traçait. Nous avons compris que l'univers, tant que Dieu veut (pi'il existe, es4 inséparable de sou action, et que toutes les créatures, coftsidérées dans leur individualité et dans leur ensemble, doivent le manifester incessamment, comme le corps de l'homme manifeste Tâme qui lui est unie, et qui produit ses* actions et ses mouvements divers. S'il est vrai que dans les mouvements de notre être visible, dans notre regard^ sur nos lèvres, dans la physionomie de notre visage et le maintien de notre corps, nous manifestons notre âme avec ses sentiments, ses pensées, ses inclinations ; nous nous sommes dit q]ue Tuiûvers devaii maNifester la présence d^ Dieu et son action avec tous les caractères qui la distinguent el la séparent d'une manière absolue de tout ce qui a'estpas lui.

En -effets si Dieu est l'Être infini, il est en tout,, toujours et partout; il y est avec ses attributs incommunicables, par conséquent avec sou activité infinie ; et parce qu'une acti^ vite infinie qui ne produirait rien est une contradictiAU ^aus

c. SI, v« Ml

ks termes^ il est d«My» fcmîyers, il adC partout, jj^roArisaiit teynjonrs. D^maitdPere2f^Tous ee (jp'iï produit ^Mm^ feus les êtres, ions les pt^énomèires qni $*y sfiiecèdent, tout ce qife vous pouvez voif ow errtenAe, Ikws les mouvements (fui agitent la matière de Tmiivers, tows les rayons^ do lumii^e q»i Fédairem et ta iéeofident, tons les battements de Botre cœur, toutes les pensées qui sillonnent dans tous les sens Titateffigerrce humaine, tontes les vertus q«i font l'homme, tomes les grâces (fur le sanctifient. Oui, c'est Vinfifti qui conserve les êtres en» le» créant iiwessamment, et qfui garde immuablement les tj'pes d'après les^ets iis se reproduisent indéfectiblement.

Commuent coiicevriez-vous auti'emenfc la permanence des effets, si vo«rs n'admetteii pas la permanence de la cause? Comment concetriefrvons l'ind^ectïbilité^ des genres, des espèces e! de leffps lois, sif vens n'' admettez! p;as rindéfectibinté de Tagent qni les pr^ûfàt Commenl eoncevriiez^votts la permanei^ee et Tinééfeetibttité des idée» générales et des premiers prnveiipes^ de ta vie morale, st vou» m» coneevea en» fiétm temps «fr prîncvpef initial, uneintelligenee perma^ nente et indéfectible , lumière qui ne souffre jamais d'éelipse î

Comnwewt coivcevriez-vons» enfin fe vie miverselte, la vie itid^ectrble, travaitlani àans le fiâuie! Aes>iiootagiies pour y former te» minéral et le diamant, dans les abîmes èe la mer ponr y façonner \» perte, dans lo sem de la terro pour y faire germef 1» fieur, dans tes entraîltes de Kbomot» pour y eixfoMer la vertu, <ians so» esprit et da«)s son coeur pour en tirer tes ttéêon de> ta pn»sée, du génie et <k» dévonementy si vous ne coneev^ en même tenops mi foyer der vie universelle nidéfe^iibte, e'ent-â-#re FÊcre Iniiif, fn

seul offre à vos adorations ces caractères d'indéfectibilité, de simultanéité et d'universalité ? Ainsi l'univers, dans toutes ses parties, comme dans tout son ensemble, révèle à l'homme la présence de l'Infini produisant tout, conservant tout, et nous parlant, au moyen de tous les êtres, de sa puissance, de sa sagesse et de son amour, toujours en action.

Et, maintenant, vous qui admirez, qui aimez et qui respectez Tœuvre du génie, qui lui bâtissez un sanctuaire, afin de la conserver à l'amour et k Tadmiration des hommes, vous qui osez à peine toucher cette œuvre, parce qu'il vous semble que Tâme de Tartiste respire sous la couleur ou sous le marbre, parce qu'il vous semble voir se lever devant vous les ombres de Platon, de Phidias, de Raphaël ou du Dante, vous ne tombez pas à genoux devant les œuvres du Créateur, alors qu'elles vous manifestent, non pas l'ombre de Dieu, mais sa réalité elle-même en tout visible, partout présente, toujours active, dans les champs incommensurables du ciel, du centre de la terre à sa surface, dans le vent qui passe, l'océan qui roule, l'homme qui pense ou qui prie I

Éternel Créateur, Esprit vivant. Raison de tout ce qui est et de tout ce qui peut être, ô Dieu, vous que, de l'atome au soleil, de l'insecte à l'humanité, du brin d'herbe aux océans d'étoiles, je vois partout présent dans tous les êtres, ouvrez les yeux de mon esprit, dilatez les oreilles de mou cœur, pour qu'au travers des ombres et des figures de ce monde qui passe je saisisse votre inefifable réalité, et que, prosterné dans le ravissement de l'adoration, je la contemple sans cesse en tout, toujours et partout !

n. Le mouvement existe dans Fmiivers. Si l'on considère ce phénomène dans les différents mobiles emportés dans Fespace, il est évident que le mouvement dans chacun est soumis au nombre et à la mesure. La science calcule, avec une précision rigoureuse, le temps qu'un corps quelconque en mouvement emploie à retourner au point d*où il est parti ; on le suit dans la successivité de sa locomotion sur tous les points qu'il parcourt dans sa course, et l'on donne en chiffres la formule exacte de sa vitesse. Or, un tel mouvement est de toute évidence un mouvement fini, puisqu'il est régi par la loi du nombre et de la mesure, ^pression mathéma-i tique du fini. Il en est ainsi de tous les corps qui sillonnent l'espace dans tous les sens.

Mais, considéré sous l'aspect de sa cause, le mouvement accuse un moteur infini. Gomment, en effet, concevoir autrement ces mouvements si compliqués et si divers, tous soumis à une règle invariable, tous liés par une force souveraine qui les coordonne dans une merveilleuse harmonie, tous dans leur action et leur réaction réciproques convergeant vers un but unique, harmonie lui-même avec toutes les autres lois de la création, comment les concevoir, s'il n'y a pas une Force intelligente pour les produire ? Leur persévérance indéfectible, dans leurs rapports mutuels, n'implique-t-elle pas l'indéfectibilité de leur cause, et par conséquent, la présence et l'action de l'Infini, seul indéfectible?

Que sera-ce si vous surprenez le mouvement dans toutes les molécules de matière dont se composent les êtres visibles, dans toutes les parties de l'univers, agissant incessamment et à la fois partout, dans le minéral comme dans la plante, et dans l'animal, dans les gaz insaisissables à nos yeux,

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comme dans les plus grandes masses du règne sidéral, dans les orbes célestes, des nébuleuses aux yoies lactées ? Dites» nous où est le point de départ dé tous ces mouvements divers? où est le géomètre qui les règle, les harmonise en les diversifiant, et de leur diversité même fait jaillir Tunité du plan de la création ? Dites-nous quel est Tagent qui peut connaître, apprécier et déterminer avec une infailliBilité souveraine, pour chacun des êtres de l'univers, la quantité de mouvement qui lui convient, toujours la même, à tous les instants de la durée, aftn que les lois constantes et immuables de la matière soient mathématiquement accomplies 7 Dites-nous où est ce mathématicien, qui a préexisté aux mathématiques, et qui a pu en suivre les lois, avant qu'elles ne fussent écrites dans la création? Ou nous ignorons complètement les règles d'une logique rigoureuse, ou force est à notre raison de reconnaître que la cause toute puissante et toute intelligente de ces mouvements divers est là toujours présente, toujours indéfectiblement agissante, disposant comme il convient à une puissance et h une sagesse infinies de la matière des mondes, et de chacune de ses molécules, appliquant toute sa force et toute sa sagesse à chaque point de l'univers et à tous les points à la fois, tirant la variété de l'unité, ramenant les détails à l'ensemble, et soutenant de la puissance de sa volonté l'harmonie des globes qui se meuvent dans le néant ou le vide, que nous avons appelé l'espace. Et, parce qu'une cause présente à tout, et partout manifestant son activité qui ne cesse jamais, est nécessairement une cause infinie, le mouventent révèle et proclame la présence de Dieu dans l'univers ; car seul il est indéfectible en tous ses attributs.

Étonnez-vous maintenant si le chantre des jours anciens^

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