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produit de la nature. A la simple vue, vous pourriez les confondre, si exacte est riniitation que l'ouvrier a faite de Tœuvre de Dieu. Mais, dans la fleur artificielle, la nature et l'action de Tagent qui Ta produite s'y révèlent avec tous les caractères du fini. Vous y verrez la nature créée soumise à des lois que ne connaît pas Tagent mystérieux qui a fait éclore la fleur naturelle. Dans la première, l'artiste créait-il la matière de la fleur, en même temps qu'il lui donnait la forme et la vie? La découpait-il en même temps qu'il la colorait? Lui donnait-il à la fois la germination, la nutrition et la reproduction? Non, il n'a façonné qu'une image morte d'une chose animée, le cadavre immobile d'un être vivant, moins que cela, l'apparence extérieure de cet organisme, dont il n'a pas même reproduit les détails intérieurs. Pour chaque corolle, chaque pétale, chaque partie de la tige, du calice et de la fleur, pour chaque modification de la matière dont elle est composée, il a dû recourir à une opération distincte , séparée , successive, multiple et finie comme chacune de ces parties, de sorte que cette fleur artificielle n'est au fond qu'un ensemble de pièces de rapport séparées, dont la juxta-position ne trompe pas un oiil exercé. Telle est, en effet, la loi inévitable de l'être fini, tels sont les attributs qui le caractérisent. Il ne reproduit que l'image morte de la nature vivante ; il ne peut agir que sur un point d'une surface, jamais simultanément, même sur deux points seulement; tout dans son action est borné, successif et multiple. C'est ainsi que, dans le monde de la pensée, il ne peut également travailler que sur une seule idée à la fois ; force lui est de passer de l'une à Tiautre pour en saisir les rapports et les harmonies. La présence de la pensée ou de l'action de l'être
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fini sur plusieurs points ou plusieurs objets à la fois lui est absolument impossible.
L'agent qui forme la fleur naturelle procède, au con-* traire, d'une manière complètement inverse. Son action sur les éléments vivants dont il la compose est une, incessante, simultanée, indéfectible et universelle. Elle agit a la fois et en même temps, tout entière dans l'ensemble et tout entière en chaque point, sur tous les éléments du germe, toutes les parties des racines, de la tige, des feuilles, des fleuri, des fruits , aussi bien tous les détails si complexes de leur vie interne et constitutive que dans ses innombrables relations avec tous les corps organiques ou inorganiques qui Tenvironnent. Son action, toujours vivante et simuUanôe, n'irradie d'aucun foyer, a son centre partout, et, infaillible dans toutes ses opérations, crée la matière de la fleur, en même temp^ qu'elle la faitgermer, se nourrir et se reproduire, la découpe en même temps qu'elle la peint, la développe en même temps qu'elle la décore, et la vivifie en même temps qu'elle tire de son sein une fleur identique à celle dont le germe contenait cet être nouveau. Évidemment, il n'appartient qu'à une force inverse de la force finie d'être ainsi si- Builtanément sur tous les points d'une surface, sur tous les éléments de l'êlre, d^ns l'ensemble comme à chaque point de sa vie, dans ses rapports extérieurs comme dans sa vie interne. Cette simultanéité de présence et d'action de l'agent qui donne la vie k cette fleur, vous l'apercevez, vous la sentez, da^s tous les êtres de l'univers visible : elle est universelle comme elle est une, indéfectible comme elle est infinie.
S'il est donc un fait d'une irréfragable évidence, c'est qu'il existé deux agents, deux natures inverses; l'une qui
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produit de la nature. A la simple vue, v^ t confondre, si exacte est Tiniitation o^!^ ^^ $ de l'œuvre de Dieu. Mais, dans la flf ' «l: ^ ture et raction de l'agent qui Ta pi| \ \ j tous les caractères du fini. Vou^ || ?
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rieurs. Pour c .t de cet axiome de la philosophie an-
de la tige, d engendre la vie, » c'est-à-dire que l'agent tion de la s formes de la matière, ce que nous nommons à une r ^es êtres, reprend sans cesse cette matière pour et fini^er des êtres nouveaux, fleu^ ' dp
Christ, Verbe incarné, nous adorons éternellement en ^us la profondeur de ce mystère, par lequel vous êtes la raison d'être de ces deux natures à jamais distinctes, la nature incréée et infinie, la nature créée et finie, et, les ré« unissant en votre indivisible personnalité, faites communitv Fune à l'autre, sans les confondre, de sorte que l'infini se manifeste sous les espèces visibles du fini dans la créatioD, rincamation, reucharistie, et que le fini rentre en participation de rinfini par la cbarité, la transfiguration des corps et la glorification des élus I