XII INTRODUCTION
Verbe, nous trouvons en lui Tantinomie fondamentale universelle. Dans le Verbe, en effet, est l'idée de l'infini et ridée du fini, l'idée du moi incréé et l'idée du moi de toutes les créatures : Fils de Dieu et Fils de l'homme, il unit dans sa personnalité la nature divine et la nature humaine. Ces deux aspects sont distincts sans être opposés, cintinomîquessans être contradictoires. De leur unité sortent leurs contrastes, et de leurs contrastes naît leur unité. Voilà l'antinomie dans le Verbe, cet nnicus multipleXj qui comprend en lui toutes les créatures, en même temps qu'en lui et par lui chacune doit rentrer dans l'unité.
Prenez l'homme, et vous trouvez en lui l'antinomie radicale que toutes les langues ont nommée esprit et corps. Si aujourd'hui ces deux termes sont en opposition contradictoire et non plus seulement antinomiques, c'est le résultat de la chute de l'homme, ce n'est pas sa condition normale. En l'homme totalement réintégré et glorifié, comme en l'homme primitif, l'esprit et le corps ne sont danà leur état harmonique que l'unité dans les différences et les différences dans l'unité, Têtre dans la personnalité et la personnalité dans l'être. Gréé selon l'image de Dieu *, Thomme retrouve sa ressemblance au Verbe. Voilà Vunicus multiplex qui ramène en chaque homme la multiplicité de ses facultés à l'unité, en même temps que cette unité féconde se multiplie dans la diversité.
> Ad Coloss.; 111^ 10.
INTRODUCTION. xm
Yoilà comment tous les hommes sont un dans le Christ et par le Christ, en môme temps que la personnaUté propre de chacun reste toujours une et indivisible, sans cesser d'être multiple. Yoilà Tantinomie dans l'homme.
Contemplez Tunivers, et sous Tuni-diversité de la similitude d'où irradient les contrastes et des contrastes qui s'unissent en similitude, vous rencontrez partout Tantinomie que la science appelle la loi et le phénomène, et que nous nommons, nous, l'idée et le signe. Tout se différencie en s'identifiant et s'identifie en se différenciant, par cette universelle communion des êtres où chacim devient autre sans cesser d'être le même. De sorte qu'on peut dire de chacun qu'il est et n'est pas ; simultanément positif et négatif, comme l'électricité, principe de la composition et de la décomposition de tous les corps; comme force attractive et répulsive dans les sphères ; dynamique et statique, mouvement et repos, lumière et ténèbres. Ces deux aspects toujours antinomiques, jamais contradictoires, dans la loi comme dans le phénomène, voilà l'antinomie dans l'univers.
Dans l'ordre matériel, à i'opposite de ce qui est en Dieu, la multiplicité est toujours une simple limite, une négation, tandis qu'en l'homme la limite même ou le moi est, non pas infinie comme Dieu,. mais indéfinie, milieu, médiateur entre \e fini pur ou la matière et l'infini ou Dieu, comme le Verbe lui-même est médiateur entre Dieu et l'homme. Au reste, ce travail tout entier n'est
xir mîAODUCrrtON.
que le défdo{)pemëtit di eêti données fonâàtûétitftles qu6 nous COfiâoûS seulement ici à la méffîoire du lôôteur^ B0U8 réservant de les ëiLpliquer et de leâ démontrer suo cessivement.
Identifier les deux termes de Tantinomie ou les séparer Tun de l'autre, Voilà la soUrôe dé toutes les erreurs^ comme de tous les maux et de toutes les iniquités qui affligent le genre humaini
Toute vérité n'existe réellement pour hoU^ qu'autant qu'elle contient déuï choses, la Vérité et là formule qui i'èXprîme, ces deux aspects de l'antinomie étant euxmêmes résumés en un troisième terme, qui eM leur unité. En Dieu, la vérité a son expression totale, complète, absolue dans le Verbe, et cette etpression infinie, Comme son principe, est adéquate à elle.
Comme nous le verrons longuement dans le chapitre De V Indéfini ou de la 'perfection^ l'homme est, dans son essence et sa destinée, un être indéfini, et ce sentiment de la perfection indéfinie est ce qui le constitue dans la' conscience même de son moi ou de sa personnalité. Il semble donc que la formule qu'il exprime dans ses Sentiments, dans ses petlsées, dans ses actes, devrait être indéfinie. Mais cela ne peut être, car si l*hômme est indéfini dans Ses tendances et dans ses besoins, il ne l'est pas dans sa nature ; aussi toute formule née de l'impression du mondé extérieur ôu de Tactivlté de son esprit est toujours limitée. Vôilâ pourquoi nous avons montré dans la suite
DfVftObSOfiMi tir
de te travail, que l'hotntiife doit nier IncôssâMmént et progressivétneiit Ses pfoprés formules, afin de è'élever k des formules toujours plus hautes, sans s'arrêter jamais. Telle est, en effet, rlndispensablè condition de toute eou» ception purement individuelle et dé tout labeur huiuain ; et cela, encore Une fols , par la raison toute simple que toute formule finie n'est jamais qu'une expression limitative et négative de l'indéfini, qui constitue la destinée de l'esprit dans l'homme.
Mais l'homme n'est pas en relation seulement atéc \ê monde visible, avec le fini dont Son corps est la formule individuelle, il est en relation aussi avec le Verbe divin lui-même, expression de toute vérité en Dieu. Or, ainsi qu'il sera dit, surtout en traitant spécialement ce sujet, le Verbe divin qui contient en lui, avec toute la science de Dieu, l'archétype et la raison de tout l'ordre créé , la cotitietit à l'état d'idée éternelle ou indéfinie, exprimant ainsi le créé^ non sous sa forme finie ou temporaire, mais sous Sa forme indéfinie. En lui, et en lui seul, l'homme peut trouver la vérité sous une expt^ession coUforme k son esprit et à sa destinée. A ce point de vue, la formule de la vérité étant indéfinie comme elle, ces deux termes se résument en un troisième, qui est leui* unité. Sous cette forme, la vérité n'est plus àm* plement individuelle^ mais collective et sociale i elle n'est plus simplement humaine, mais diviUe. Or, eette formule sociale^ humano-divine de la vérité, ineaméd