BIBLIOTHEQUE DE DROIT
dernière, et qui se relationnent avec les principes du droit international, ainsi que les différents points où s'est concentrée l'attention de la Conférence interparlementaire et du Congrès international de la Paix. L'on ne doit pas s'étonner que cette introduction ait reçu une si grande extension dans le volume ; car nous avons l'idée d'écrire prochainement de nouveaux chapitres au sujet de la Loi positive entre nations, en nous basant sur les doctrines des Traités où la plupart des peuples s'accordent, sur les décisions des Congrès et des Conférences internationales, sur les sentences arbitrales politiques et de prises, et sur les principes du droit consuétudinaire, qui, à l'instar des usages établis au sein des sociétés internes, acquièrent force de loi, avec l'aide du temps, dans la communauté internationale.
Nous offrons ce premier tome au lecteur, sans avoir néanmoins la prétention de résoudre le difficile problème de la paix durable et de l'amitié sincère entre les nations, car l'influence des passions humaines paraît y devoir faire une opposition constante. Du moins nous espérons queles guerres deviendront plus rares, grâce aux inventions mortifères dont le génie et la science humaine se glorifient tous les jours davantage, et à l'œuvre humanitaire des électeurs, dont nous avons parlé plus haut.
C'est en vue de l'objet de cette œuvre électorale, c'est-àdire de l'union et de la concorde entre toutes les nations, que nous proposons, dans le second volume de cet ouvrage qui paraîtra dans quelques mois) la fédération des Etats suivant leurs races, leurs mœurs, et leurs religions. — Dans le même volume, nous proposons nous-même la formation d'un Tribunal arbitral mixte en prévision des grèves ouvrières, attendu que la paix sociale interne est aussi nécessaire que la paix internationale ; nous proposons encore
quelques autres institutions d'une importance analogue.
Au moment où nous Unissions d'écrire ce volume, nous apprenons que le gouvernement allemand, à la suite de l'échec de la Conférence de Berne, s'occupe de convoquer un congrès international, afin de discuter la question des socialistes, question actuellement des plus graves au sein des Ktats d'Europe.
Le conflit anglo-portugais, dont nous nous occupons dans l'appendice de cet ouvrage, parait suivre une voie de conciliation. Le Gouvernement portugais vient d'adresser, dit-on, aux puissances signataires du traité de Berlin (1885) un « mémorandum » par lequel il les prie de former une conférence, conformément à l'article 12 de ce traité, et aux désirs communs des deux Etats en litige, afin de conseiller une règle de conduite pour les circonstances présentes. Il est indubitable que cette divergence ne pouvait s'aplanir d'une autre manière, en vertu de l'article 37 dumême traité, d'après lequel pour toute puissance signataire, son adhésion implique, de plein droit, l'acceptation de toutes ses obligations et la reconnaissance de tous ses avantages. D'ailleurs, on sait que, suivant un principe d'ordre public international adopté dans la conférence de Londres (1871), aucun Etat contractant ne peut légitimement se délier de ses engagements, sans le consentement préalable de tous les autres.
En terminant, qu'on nous permette de consigner ici nos remerciements les plus vifs au Congrès international de la Paix, où nous avons eu l'avantage de siéger comme membre d'honneur, et comme représentant de la Société Néo-Latine Kranco-Espagnole et de l'Union Méditerranéenne.
Thomas de Saint-Georges d'Armstrong.
Mari 1800.