‹ Principes généraux du droit international publicChapitre 23 sur 55 · CXL · texte numérisé non relu

CXL

aérai pour la Confédération helvétique. — Ajoutons que la Suisse, dont la neutralité a été proclamée en 1815, se trouve subissant vis-à-vis des grandes puissances une réciprocité de liens sûre et favorable depuis la Conférence de Londres (1871), qui résolut qu'aucun État lié par des compromis internationaux ne pouvait s'en exempter qu'avec le consentement préalable et unanime des puissances cosignataires; c'est pourquoi, si d'une part la Suisse est comme juge souverain de ses actes en matière d'asiles, elle doit, d'autre part, veiller strictement à ce que son territoire ne soit jamais un foyer de conspiration ni ne serve jamais d'abri à aucun conjurateur systématique.

Werenee de La Conférence internationale qui doit se réunir à Berne au mois de septembre prochain, pour traiter de la protection qui doit être octroyée à la classe ouvrière des fabriques, est due à l'initiative du gouvernement helvétique. L'on ne peut douter qu'elle contribuera puissamment à la conservation de la paix, en procréant une législation internationale, dont les effets seront de régulariser la concurrence d'État à État, d'élaborer des traités de commerce pour la réduction des impôts ou droits d'entrée des marchandises, et de rétablir une certaine égalité entre les producteurs des deux côtés des frontières. Il est très important que l'on détermine, dans cette Conférence, des règles internationales touchant le

maximum des heures de travail des ouvriers, et leur bien-être général : car de là dépendent beaucoup, quoique indirectement, les intérêts de la paix sociale et de l'harmonie internationale, qui ont pour fondement la solidarité entre les peuples; or, les peuples ne sont mutuellement solidaires qu'autant qu'ils s'unissent avec intimité dans les vues communes.

Le pouvoir exécutif par ses actes, et le pouvoir législatif par ses dispositions, doivent s'ingérer directement dans les conditions d'existence de toutes les classes sociales, surtout de la classe ouvrière; ils doivent veiller à éviter ou amoindrir les dangers liés à leurs métiers divers; et, s'il ne leur appartient pas de déterminer un minimum de salaire, du moins ils ont la faculté de limiter le temps du travail journalier, et de prohiber totalement ou en partie le travail du dimanche ou des jours fériés, au nom de la moralité et de l'hygiène.

Beaucoup d'économistes et de philosophes sont d'opinion que Ton doit laisser aux sociétés une liberté absolue en ce qui concerne le travail de l'ouvrier. Notre avis est tout contraire. En effet, si dans toutes les sociétés l'on veille sans cesse avec zèle et souvent avec sacrifice sur les jours de chacun, dévouant maintes fois sa propre vie pour la conservation d'une autre, et si Ton se tient toujours prêt, avec calme et modestie, à lutter sublimement contre le péril du

prochain, si, au sein de tous les États modernes, il existe des associations philanthropiques et humanitaires, des œuvres de sauvetage, de secours immédiats, d'assistance publique, destinées au salut des noyés, des blessés, des asphyxiés et des indigents, ne doit-un pas, au sein des mêmes Etats, se préoccuper plus encore do lutter contre les funestes résultats de lafatigue qu'engendre un travail constant : fatigue d*où nait l'annihilation progressive des forces physiques, et qui rend L'homme prématurément inepte à tout service, si la mort ne tranche pas avant l'heure ses jours malheureux, ensemble avec les derniers espoirs de sa famille infortunée. Et ne voit-on pas que si l'on abandonne le sort des ouvrières enceintes, des garçons et des filles encore jeunes, à l'autorité exclusive des patrons, l'on se heurte presque partout à la cupidité, au caractère insatiable de ces hommes qui mettent leurs lucres honteux au prix de la vie de leurs semblables, et qui démentent incontinent la confiance que le Gouvernement pouvait avoir dans leur philanthropie?

Nous croyons, quant à nous, que dans chaque Etat, les citoyens les plus favorisés de la fortune devraient se réunir pour veiller aux besoins pressants des arrondissements ou des quartiers, dont chacun serait confié à la sollicitude d'une commission permanente. Les commissions auraient le soin de déterminer annuellement le chiffre d'une sous-

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