PRÉFACE XI
tre eux (i), et leur niaise obstination à parler de nos « dogmes », comme si nous affirmions sans motiver. A ce propos, avez-vous remarqué que ce sont précisément les défenseurs de la religion qui, lorsqu'ils veulent discréditer les doctrines adverses et, en particulier, le socialisme, ne jugent rien de plus désobligeant que les expressions religieuses, et que^ sous leur
(1) « Les philosophes et les économistes bour< geois, à part quelques exceptions, s'appuient sur la providence, les aspirations idéales et la cosmogonie théologique. L'idée théiste est leur ancre de salut quand il s'agit de fournir des justifications théoriques au milieu social actuel et surtout quand il s'agit de descendre à la recherche pratique des baumes à appliquer sur les douleurs et les injustices qu'on ne peut ni nier ni dissimuler ». (L. Bissolati, traduction fï*ançaise de M. Alfred Bonnet, l'Ere nouvelle y juin 1894, p. 152.)
« La religion est l'opium du peuple. La suppression de la religion comme bonheur illusoire du peuple est la revendication de son bonheur réel. L'invitation à abandonner les illusions sur sa situation, c'est l'invitation à abandonner une situation qui a besoin d'illusions. La critique de la religion est donc, en germe, la critique de la vallée des larmes dont la religion est l'aspect sacré. La critique arrache à la chaîne ses fleurs imaginaires, non pas pour que l'homme porte la chaîne sans consolation et sans fantaisie, mais pour qu'il jette la chaîne et cueille la fleur vivante. » (Karl Marx, « Critique de la philosophie du droit de Hegel », traduction française d'£d. Fortin^ le Devenir social^ septembre 1895^
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