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DE LA PLANCHE VI

FIGURE I

Cette figure représente la tête du fœtus séparée du corps.

A. Le menton.

B. L'extrémité occipitale.

AB. Diamètre oblique ou occipito-mentonnier, le plus grand de tous les diamètres de la tête.

ce. Diamètre antéro - postérieur , appelé souvent, dans la suite de l'ouvrage, grand diamètre, ou occipito-frontal.

DD. Diamètre perpendiculaire , qui va du sommet à la base du crâne.

FIGURE IL

Cette Jigure représente le sommet de la tête,

A. Le haut du front.

B. Le haut de l'occiput.

ce. Diamètre antéro-postérieur , ou occipito-frontal.

DD. Diamètre transversal , ou petit diamètre.

E. La fontanelle antérieure.

F. La fontanelle postérieure.

G. La suture sagittale, ou médiane.

HH. La suture coronale.

I. La suture qui descend de la fontanelle antérieure à la racine du nez.

KK. La suture lambdoïde.

SECTION III

Du placenta,

D. Qu^EST -CE que le placenta ?

R. Le placenta , qu'on connoît également sous le/^om de délivre ou ^arriérefaix, est un corps spongieux et vasculeux, assez semblable par sa forme à un gâteau un peu aplati, de six à huit pouces de largeur, et d'un pouce d'épaisseur ou environ dans son milieu, (i)

(i) Nous en avons trouvé plusieurs dont la figure ressenihloit à un croissant : quelquefois il y en avoit

D. Faites la description du placenta.

R. On considère deux faces au placenta , une externe , par laquelle il est lié à la matrice , et une interne qui regarde l'enfant. Celle-ci peut se nommer face fétaîe, et la première, face utérine.

La face utérine est convexe , et assez unie quand le placenta n'a été ni tiraillé ni déchiré ; mais on y découvre des sillons profonds et des espèces de lobes assez gros, lorsque ce corps a' été détaché et extrait avec effort. Ces lobes sont liés entre eux dans l'état naturel , et les sillons qui les séparent extérieurement sont très superficiels et recouverts d'une membrane fort mince.

On découvre çà et là , dans cette surface , des ouvertures qui correspondent à l'embouchure des sinus utérins, et l'on remarque , en séparant ce corps d'avec la matrice, qu'il n'y est attaché qu'au moyen d'un tissu cellulaire très fin.

La face fétale ou interne du placenta est concave et recouverte par des membrane^: on y voit un grand nombre d'artères et de veines, qui s'étendent en manière de rayons d'un centre commun vers tous les points de

deux pour un seul enfant ; mais ils étoient beaucoup plus petits que de coutume , et ces deux masses réunies égaloient au plus celle d'un placenta ordinaire.

I 28 PRINCIPES SUR l'aRT

circonférence. Ces artères et ces veines , qui ne sont que les principales branches des vaisseaux ombilicaux , en se distribuant ainsi , jettent ça et là des ramifications très déliées, qui se plongent dans la substance même du placenta , où elles vont elles-mêmes se terminer, après s'être subdivisées à l'infini.

D. A quelle partie de la matrice le placenta s' attache-t-il le plus communément ?

R, On pense généralement qu'il s'attache presque toujours au fond de ce viscère ; quoique ce soit bien p4us souvent à la partie antérieure, ou à la partie postérieure, ou à l'un des côtés; tantôt plus près du fond, et tantôt plus près du col. Il peut donc s'attacher indistinctement à toutes les régions de la matrice , et sur le col même , de manière qu'il en recouvre l'orifice , ce qui est alors constamment fâcheux pour la mère et pour l'enfant.

D. Peut-on juger, d'après quelques signes extérieurs , du lieu oh est attaché le placenta ?

R. Non: si ce n'est peut-être lorsqu'il est attaché à la partie antérieure de la matrice , et surtout quand il se trouve sur le col et recouvre l'orifice. On le reconnoît dans le premier cas en palpant le ventre de la femme , et dans le second en introduisant le doigt dans l'orifice de la matrice , ce qu'on ne doit se permettre que dans un cas très pressant d'hémorrhagie.

D. En examinant le placenta , après sa sortie y peut-on déterminer le lieu quiloccupoit dans la matrice ?

R. Si l'on ne peut déterminer au juste , dans tous les cas, la région que le placenta occupoit, du moins peut-on évaluer à quelle distance il étoit de l'orifice de la matrice. Quand l'ouverture qui s'est faite aux membranes pour la sortie des eaux et de l'enfant , se trouve directement vis-à-vis le milieu du placenta, et également éloignée de tous les points de son bord, on peut assurer qu'il étoit attaché au fond de la matrice , et qu'il étoit dans le voisinage de l'orifice , lorsque cette ouverture des membranes se trouve près l'un des bords de cette masse spon gieuse.

SECTION IV

Du cordon ombilical.

D. Faites la description du cordon ombilicaL

R. Le cordon ombilical est cette espèce de corde qui s'étend de l'ombilic de l'enfant à la surface interne du placenta. Il est formé de deux artères et d'une veine assez grosse , qu'on nomme ombiliccdes. Ces trois vaisseaux rampent les uns autour des autres, à peu près comme les brins d'osier qui forment l'anse d'un panier \ ils sont liés entre

j^o PnmcîWËS sur l'art

eux par du tissu cellulaire, et enveloppée étroitement par les membranes qui servent comme de tégumens au cordon.

D. Quelle est l'origine des vaisseaux qui forment le cordon, et ou vont-ils se terminer?

E. Les artères ombilicales sont la continuation des artères iliaques du foetus , c'està-dire de ces deux artères qui résultent de la bifurcation de l'aorte inférieure. Elles montent dans le tissu cellulaire du péritoine , derrière et à coté de la vessie, jusqu'à l'ombilic, où elles se joignent et s'adossent l'une à l'autre ainsi qu'avec la veine. Parvenues au placenta , ces artères se divisent en plusieurs branches, et celles-ci en de beaucoup plus petites qui vont se perdre dans les cellules du placenta même. On assure qu'une partie de ces vaisseaux traversent cette masse, et se rendent dans le sinus de la matrice : ce qui n'est pas très bien démontré.

La veine ombilicale semble prendre naissance dans le placenta même, par un nombre infini de ramifications; d'où elle se porte vers l'enfant. Ayant traversé l'ombilic , elle s'écarte des deux artères , monte vers le dessous du foie , et va se rendre dans le sinus de la veine-porte.

D. La veine ombilicale va-t-elle toujours se rendre en entier dans le sinus de la veineporte ?

R. Non : il arrive quelquefois qu'elle se divise en deux branches , dont l'une se

JDES ACCOUCHeMEÎÎS. îSî

rend dans ce sinus , et l'autre dans la veinecave inférieure; cette dernière branche s^ap- ^eWe canal veineux. Ce canal, le plus souvent, naît du sinus de la veine-porte même , et va se terminer à la veine-cave.

D. Ne troiwe-t-on que ces trois vaisseaux dans le cordon ombilical?

R. On ne trouve réellement que ces trois vaisseaux dans le cordon du fœtus humain ; mais dans le fœtus de plusieurs espèces de brutes, il en existe un quatrième, qu'on appelle ouraque. Chez l'homme , l'ouraque n'est qu'une espèce de ligament qui monte du sommet de la vessie à l'ombilic, où il se termine.

D. Quelle est la longueur^ la grosseur du cordon ombilical?

R. La longueur du cordon est ordinairement de vingt à vingt-deux pouces , et sa grosseur à peu près semblable à celle du petit doigt : mais l'une et l'autre présentent souvent de grandes différences.

On a vu des cordons qui n'étoient que de six à huit pouces de longueur, et d'autres de quarante, quarante - huit pouces et audelà , même de cinquante-sept pouces. Les uns sont très grêles , et les autres très gros; mais on remarque que cette grosseur extraordinaire n'est pas la même dans toute la longueur du cordon, et provient d'une humeur glaireuse infiltrée d<'lns son tissu cellulaire.

l32 PRINCIPES SUR l'aHT

D. Que peut' il i^ésulter de toutes ces variétés ^ tant dans la longueur que dans la grosseur du cordon ?

R. Le cordon qui a beaucoup de longueur peut s'entortiller sur le col de l'enfant, sur l'une ou l'autre des extrémités, et y former plusieurs circulaires : il peut encore se nouer sur lui - même et former des nœuds, qu'il ne faut pas confondre avec certains replis que décrit souvent la veine ombilicale, et dont le nombre, dans l'opinion du commun des femmes , leur fait connoître celui des enfans qu'elles doivent encore avoir, (i)

Le cordon qui est très court ne sauroit se nouer , ni entourer le col de l'enfant comme le précédent ; mais il peut être tiraillé , distendu , à mesure que l'enfant se dégage de la matrice pendant l'accouchement; ce qui peut donner lieu au décollement prématuré du placenta ou à d'autres accidens. Le cordon qui est très grêle , celui qui est très gros et infiltré, ne peuvent supporter les efforts qu'on exerce communément dessus pour opérer la délivrance ;

(i)Nous conservons un cordon noué jusqu'à trois fois , et dans le même endroit. Ces trois nœuds forment une espèce de natte ou d'entrelacement difficile à expliquer. Ce cordon formoit en outre deux circulaires sur le col de l'enfant : celui-ci étoit robuste et des mieux portant.

DES ACCOUCHEMEIS^S. l33

et il ne faut s'en servir alors qu'avec beaucoup de ménagement.

D. V entortillement du cordon sur le col , et les nœuds dont on vient de parler^ peuvent-ils influer sur la vie de V enfant^ ou sur la facilité de V accouchement ?

R. L'enfant n'a rien à redouter des circulaires que forment le cordon autour de son col, pendant qu'il est dans le sein de sa mère, et ces circulaires ne sauroient s'opposer davantage à la sortie de la tête, ni la rendre plus difficile, quoique la plupart des accoucheurs en aient pensé autrement. Mais, lorsque la tête est dehors, ces circulaires peuvent se serrer assez pour donner lieu à la bouffissure et à la lividité de la face , surtout lorsqu'on veut extraire le corps. Il faut alors défaire un de ces circulaires, ou couper le cordon , comme on le dira dans la suite.

Quant aux nœuds du cordon , ils ne peuvent donner aucune atteinte à la vie de l'enfant, ni pendant la grossesse, ni pendant l'accouchement. Si on a remarqué de ces nœuds sur le cordon de quelques enfans morts avant leur naissance, cet accident dépendoit d'une autre cause.

D. Le cordon ombilical s' insère-t-il toujours au milieu de la face fétale du placenta ?

Pi. Non : s'il paroît s'insérer le plus souvent au milieu du placenta, quelquefois il

l34 PRINCIPES SUR l'art

semble sortir du bord de cette masse : comme la forme du placenta ressemble alors en quelque sorte à celle d'une raquette , on le nomme aussi placenta en raquette.

SECTION y.

Des membranes dujœtus.

D. Quelles sont les membranes qui eni^eloppent le fœtus ?

K. Le fœtus n'est enveloppé que de deux membranes , l'une appelée chorion, et l'autre amnios,

D. Qu est-ce que le chorion?

R. C'est une membrane assez épaisse et molle j composée de plusieurs lames de tissu cellulaire appliquées étroitement les unes sur les autres, si ce n'est vers le bord du placenta où cette membrane paroît plus celluleuse. Elle est adhérente à la matrice dans toute son étendue, excepté le lieu où est attaché le placenta. Cette adhérence se détruit aisément; mais il n'en est pas de même de celle du chorion à la face fétale du placenta ; on ne sauroit l'en détacher.

D. Qu^ est-ce que Vamnios?

R. C'est une membrane plus mince et plus transparente que le chorion , auquel elle sert comme de doublure, et elle est liée par un tissu cellulaire très fin. Ces deux

DES ACCOtJCHEMENS. l35

membranes forment une espèce de sac ou de coque ovoïde, qui contient les eaux et le fœtus.

D. Les membranes qui ern^eloppent le fœtus ne sont-elles qu'au nombre de deux ?

R. On peut assurer qu'il n'y a que le chorion et l'amnios dans l'espèce humaine; que la troisième membrane appelée allantoïde ^ et qui se trouve dans presque tous les animaux, n'existe pas chez l'homme, quoique plusieurs anatomistes disent l'avoir rencontrée quelquefois.

D. Ces membranes sont-elles toujours d'un tissu également fort et également serré?

R. Non : ces membranes sont, en quelques cas, si denses et si serrées, qu'elles résistent long-temps aux efforts naturels de l'accouchement ; en d'autres, elles sont si minces et si délicates, qu'elles se déchirent dès les premières douleurs , et laissent échapper de trop bonne heure les eaux qu'elles contiennent. En résistant trop long-temps aux contractions de la matrice , dans le premier cas , elles rendent le travail de l'accouchement plus long; la sortie de l'enfant en est retardée, même empêchée. En se déchirant de trop bonne heure, dans le dernier cas , elles laissent échapper les eaux avant que l'orifice de la matrice ne soit bien ouvert; les progrès du travail en sont encore retardés, et il en devient également plus long et plus douloureux : c'est alors que les femmes ont

l36 PRINCIPES SUR l'art

coutume de dire que l'accouchement se fait à sec.

' Lorsque les membranes sont aussi minces , non seulement elles ne peuvent résister aux premières contractions de la matrice , et elles se déchirent dès les premières douleurs de l'accouchement, mais souvent il arrive encore qu'elles s'ouvrent avant la fin de la grossesse, sans qu'aucun effort de la femme ait pu y contribuer; de sorte que l'accouchement en est la suite, et se fait prématurément.

SECTION VI

Des eaux de Vamnios.

D. Quelle est la nature des eaux que contiennent les membranes ?

R. Ces eaux sont ordinairement assez claires, un peu grasses au toucher, et d'une odeur fade ou nauséabonde.

Quelquefois elles sont d'une couleur pâle, verdâtre ou jaunâtre, d'autres fois roussâtre ou blanchâtre, même comme bourbeuse, et d'une odeur très fétide.

D. Quelle est la quantité de ces eaux ?

R. Le volume de ces eaux n'est pas le même chez toutes les femmes. Souvent il n'en existe pas une chopine (une livre); d'autres fois il s'en trouve une pinte (deux livres), et même plus.

DES ACCOUCHEMENS. I Sy

Ce fluide , relativement au volume de l'enfant, est toujours en plus grande quantité dans les deux ou trois premiers mois de la grossesse que vers la fm ; ce qui fait que les mouvemens de cet enfant sont bien moins libres dans les derniers temps qu'au commencement.

D. Quelle est la source des eaux de Vamnios ?

R, Ces eaux découlent en manière de rosée, de la surface interne de l'amnios , et paroissent venir des vaisseaux de la matrice et de ceux du placenta. On est aussi dans l'opinion qu'elles transsudent de la surface de l'enfant ; mais cette opinion n'est pas vraisemblable.

D. Les eaux qui s'écoulent pendant le travail de V accouchement ne viennent-elles que du sac formé par Vamnios P

R. On a pensé qu'indépendamment des eaux qui viennent de l'amnios même , il pouvoit en exister dans la duplicature des membranes , c'est-à-dire entre l'amnios et le cborion , même entre cette dernière membrane et la matrice : on a donné à ces dernières le nom de fimsses eaux ; et celui de vraies eaux à celles qui sont contenues dans l'amnios, et qui mouillent la surface même de l'enfant. S'il s'en amasse quelquefois entre le chorion et l'amnios , ou bien entre la matrice et le chorion, on peut assurer que ce cas est infiniment rare.

l38 PRINCIPES SUR l'art

D. Quels sont les usages des eaux de Vamnios ?

R. On pense assez généralement, i°. qu'une partie de ces eaux est employée à la nourriture du fœtus , surtout dans les premiers temps de sa formation , où il ne paroît se nourrir que par l'absorption du fluide dans lequel il nage en quelque sorte ; 2°. que ces eaux sont un des instrumens que la nature emploie pour opérer la dilatation de la matrice ; 3°. qu'elles rendent les mouvemens de l'enfant moins fatigans pour la mère en diminuant l'impression qu'ils feroient alors sur la matrice; 4°* qu'elles favorisent ces mêmes mouvemens et modèrent l'effet des coups qui pourroient affecter l'enfant ; 5"*. qu'elles servent à la dilatation de l'orifice dans le moment de l'accouchement, à humecter et à lubrifier les parties qui constituent le passage.

EXPLICATION

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