‹ Principes sur l'art des accouchementsChapitre 26 sur 41 · DE LA PLANCHE VII · texte numérisé non relu

DE LA PLANCHE VII

FIGURE I

Cette figure représente V arrière -Jaix.

AA. Le placenta.

BBB. Les vaisseaux du placenta, ou les

divisions des artères et de la veine

ombilicales.

DES ACCOUCHEMENS. 1 Sq

CGC. Les membranes du fœtus.

DD. Le cordon ombilical.

FIGURE II

Cette figure représente V arrière- faix , tel quon le trouve le plus souvent dans le cas où il y a deux en/ans,

AA. Le placenta.

BBB. Les membranes.

ce. La cloison formée par les membranes de l'un et de l'autre enfant :

cette cloison est reployée sur ellemême.

DD. Les cordons ombilicaux.

E. L'espèce de nœud que le cordon forme quelquefois quand il est très long.

kW.'S/VWW/».^ -«^kv

SECTION VJI.

De la nutrition du fœtus et de ses dépendances.

D. De quelle nature sont les fluides qui servent a la nutrition et au développement du fœtus ?

R. Ces fluides ne sont pas d'une nature différente de ceux qui servent journellement à réparer les pertes qu'éprouve chacune des parties de l'enfant après sa naissance , et qui sont employés à l'accroissement et à la per-

l4o PRINCIPES SUR l'art

fection de ces mêmes parties : ce sont des sucs lymphatiques, convenablement élaborés par les organes de la mère.

D. Comment ces sucs paiviennent-ih au fœtus P

R. Les opinions sont encore très partagées sur ce point. Quelques uns prétendent que le fœtus absorbe une partie de ces sucs par tous les points de sa surface; d'autres, qu'il les reçoit par la bouche, et les avale, comme nous usons des alimens : la plupart qu'ils sont puisés dans les vaisseaux de la matrice par les nombreuses ramifications de la veine ombilicale ; ou bien dans le placenta même, où ces vaisseaux utérins versent le sang de la mère, ce qui semble mieux démontré.

D. Les veines ombilicales ne puisent-elles dans le sang de la mère que des sucs blancs et lymphatiques?

R. On pourroit croire qu'elles n'en absorbent pas d'autres dans les premières semaines de la grossesse , parce que ces veines sont alors excessivement petites, et que le germe ne présente encore que des ftuides de cette espèce ; mais dans la suite elles puisent le sang même qui contient ces sucs nutritifs; de sorte qu'il s'établit alors une circulation de la mère au fœtus et du fœtus à la mère.

D. Indiquez comment se fait cette circulation.

R. Une partie du sang de la mère, étant

DES ACCOUCHEMENS. I/^l

versée par les sinus utérins dans les petites cavités du placenta qui y correspondent , est absorbée par les nombreuses ramifications de la veine ombilicale , et transmise dans la veine-porte du fœtus. Ce sang, chargé des parties nutritives, s'étant mêlé dans le sinus de la veine-porte avec celui que cette veine reçoit d'ailleurs , passe dans la veinecave inférieure , au moyen du canal veineux et des veines hépatiques , pour être transporté, conjointement avec le sang qui revient de tout le bas-ventre et des extrémités inférieures, dans l'oreillette gauche du cœur au moyen du trou de Botal ; tandis que la veine-cave supérieure verse dans l'oreillette droite celui qu'elle rapporte de la tête et des extrémités supérieures.

Le sang de l'oreillette droite passe aussitôt dans le ventricule du même coté , qui le chasse à son tour dans l'artère pulmonaire , dont la principale branche , connue sous le nom de canal artériel, se rend dans l'aorte inférieure ; tandis qu'une partie de ce sang traverse le poumon , et se rend à l'oreillette gauche par les veines pulmo.iaires, l'autre partie , qui est la plus considérable, est transmise dans l'aorte inférieure, où il se mêle avec celui qui y est poussé par l'action du ventricule gauche.

L'oreillette gauche, qui reçoit le sang de la veine-cave inférieure et des veines pul- ^nonaires, le transmet dans le ventricule

î42 PRINCIPES SUR l'aRT

gauche , dont la fonction est de le distribuer, sans exception, à toutes les parties du corps , même au poumon, tant au moyen de l'aorte supérieure qu'au moyen de l'aorte inférieure.

Le sang de l'aorte inférieure , dans le fœtus, se distribue fort au-delà du cercle qu'il décrit dans l'homme : une grande partie étant transmise par les artères ombilicales ., dans les cellules du placenta, où il se mêle de nouveau avec le sang de la mère pour réparer les pertes qu'il a faites , y puiser d'autres sucs nutritifs, et y subir de nouvelles préparations.

D. Cette circulation éprouve-t-elle quelques changemens remarquables, soit pendant le travail de V accouchement , soit a V instant de la naissance de V enfant?

K. Il s'en opère de très grands à mesure que la matrice se contracte, se resserre sur le produit de la conception , et l'expulse. Le passage du sang de la mère au fœtus se ralentit , devient plus difficile , et cesse , comme le retour de celui du fœtus à la mère, quoique le placenta conserve encore toutes ses adhérences avec la matrice : de là plusieurs phénomènes très remarquables, tels que la cessation des hémorrhagies utérines en quelques cas , la suffocation sanguine du fœtus, sa mort même avant la naissance , etc. Dès que l'enfant est né, et qu'il respire librement, la circulation cesse également dans

DES ACCOUCHEMENS. l43

les vaisseaux ombilicaux ; au point que les artères, coupées à quelques travers de doigt du ventre de cet enfant , ne laissent échapper que quelques gouttes de sang de loin en loin , après le premier jet qui suit leur section. Quand la respiration s'établit difficilement , ou lorsqu'elle ne peut s'établir à l'instant de la naissance , le sang continue de passer dans les artères du cordon ; elles en versent beaucoup , et l'enfant pourroit en perdre assez pour mourir , si on ne lioit pas ce cordon exactement , etc.

Page 1