C. La matrice
D. Le fond de la matrice.
E. L'orifice de la matrice.
F. Les ligamens larges et l'ovaire; la ma-
trice étant vue par sa partie latérale.
G. Le vagin ouvert, selon sa longueur,
sur le côté droit.
PLANCHE XIIL
Cette planche présente Vidée des obliquités latérales de la matrice.
Fig, I. La matrice inclinée sur le côté droit.
. Fig. IL La matrice inclinée sur le coté
gauche.
AA. Le fond de la matrice.
BB. L'orifice de la matrice.
ce. Le Yagin ouvert dans sa partie antérieure.
DDDD. Le bassin.
SECTION V
De la rupture de la matrice , considérée comme cause d^ accouchement difficile.
D. En quels endroits la matrice peutelle se déchirer?
R. La matrice peut se déchirer indistinctement dans tous les points de son étendue. On l'a trouvée déchirée dans son fond, dans sa partie antérieure , dans sa partie postérieure, et sur l'un ou l'autre côté; tantôt plus près du fond, et tantôt plus près du col. Quelquefois cette déchirure est petite , d'autres fois elle est très grande. Elle peut se faire selon la longueur de la matrice, en travers , et même en forme de croissant. Le vagin peut également se déchirer, soit dans le lieu où il s'unit au col de la matrice, soit ailleurs, et sa rupture être suivie des mêmes accidens que celle de la matrice.
D. Quelles sont, en général , les causes de la déchirure de la matrice P
R, Cette rupture est, le plus souvent, i'effet des violentes contractions de la matrice même, des efforts inconsidérés et mal dirigés qu'exerce la femme dans l'espoir de hâter l'accouchement : mais , pour que la matrice se déchire quand elle est saine, il faut que l'enfant trouve de grands obstacles à sa sortie par la voie naturelle.
Cette rupture peut être également l'effet d'une percussion extérieure , comme d'un coup porté sur le ventre, d'une chute, d'une forte pression, ainsi que des mauvaises manœuvres de l'accoucheur.
D. Y a-t-il des signes qui puissent Juire connoître que la matrice est menacée de se déchirer?
R. Il n'y en a pas d'assez certains pour qu'on soit en droit de prononcer que cette déchirure aura lieu , si l'on ne prend le parti d'opérer l'accouchement.
On sait seulement, i°. que la matrice est menacée de se rompre toutes les fois que l'enfant ne peut sortir par la voie naturelle, quelle que soit la cause qui s'y oppose; ;i°. que cette rupture est d'autant plus à craindre, que la matrice est plus mince en quelques endroits, qu'elle se contracte plus puissamment, et que la femme, de son côté, se livre à de plus grands efforts; 3°. que l'enfant est alors plus robuste , et exerce de plus grands mouvemens ; 4°- ^ue le bassin est plus serré, et la matrice plus froissée
contre son rebord, par la tête même du fœtus, etc.
Le plus souvent cette rupture se fait brusquement, et à l'instant où l'accoucheur s y attend le moins; mais c'est toujours dans le temps d'une violente douleur et d'un grand effort. D'autres fois elle se fait lentement; le tissu de la matrice, au lieu de se rompre, d'éclater, s'use, se détruit insensiblement dans les endroits où il est pressé, comprimé, froissé par la tête de l'enfant: de sorte que* ces deux espèces de ruptures ne se ressemblent pas.
D. Quels sont les signes qui annoncent que la matrice est déchirée?
R. Quand la rupture se fait brusquement, la femme ressent à l'instant même, et dans le lieu où elle se fait, une douleur des plus aiguës : elle annonce que quelque chose se déchire, et (juelquefois le bruit de ce déchirement frappe l'oreille des assistans. Si l'enfant passe aussitôt dans le bas-ventre à travers cette déchirure, il s'y annonce par des mouvemens extraordinaires , s'il est encore vivant; et on le distingue aisément en touchant à l'extérieur. Le ventre se tend bientôt, el devient douloureux de toutes parts; les douleurs de l'accouchement discontniuent, et celles qu'éprouve la femme n'y ressemblent nullement. On ne distingue plus le globe formé par la matrice, en palpant le ventre : l'on observe, d'ailleurs, que le col
DES ÀCCOUCHEMENS, 33g
de ce viscère se referme, et que l'enfant ne s'y présente plus, etc.
La rupture de la matrice ne s'annonce aussi clairement qu'autant que l'enfant passe promptement dans le bas -ventre.
Lorsqu'il y pénètre lentement , les douleurs de l'accouchement se soutiennent encore quelques instans; la poche des eaux, si elle n'est pas ouverte , reste flasque pendant ces douleurs; l'enfant, au lieu de s'engager, s'éloigne insensiblement, et disparoît ; le col de la matrice se referme. Quand l'enfant ne peut pénétrer dans le ventre, la rupture, quoique existante, ne se reconnoît pas aisément , et on ne peut que la présumer dans le premier mo-
D. Quels sont les accidens de la rupture de la matrice ?
R Les suites de la décliirure de la matrice sont toujours des plus alarmantes et excessivement fâcheuses : la femme y succombe pour l'ordinaire en très peu de temps. TJne douleur aiguë se fait sentir dans le basventre ; des syncopes fréquentes , des vomissemens presque continuels , une anxiété des plus grandes, une violente agitation, le hoquet , des convulsions, des sueurs froides , ne tardent pas a se manifester dès que l'enfant et le délivre ont passé de la matrice dans la cavité du ventre. Le sang s'épanche en plus ou moins grande quantité dans cette
34o PRIIVCIPES SUR l'aTîT
cavité; une anse d'intestin s'engage quelquefois dans celle de la matrice, et peut s'y étrangler, comme il arrive dans la hernie ordinaire.
D. Quels sont les secours qu'on doit administr^er contre tant de maux ?
R. Des accidens aussi formidables exigent toute la sagacité et la présence d'esprit du praticien le plus consommé; et, malgré son savoir et son activité, il a presque toujours le désagrément de ne pouvoir conserver ni la mère ni l'enfant , même en supposant qu'il soit en quelque sorte témoin de la rupture de la matrice , et qu'il agisse de suite en conséquence.
Malgré le danger imminent et presque toujours inévitable qui accompagne cette triste circonstance , on ne doit cependant pas abandonner la mère et l'enfant à leur fatale destinée. On opère l'accouchement par la voie naturelle, si la chose est encore possible , et l'on fait l'opération césarienne , si l'enfant a passé dans le ventre. On a conservé la vie à quelques femmes , en se conduisant de cette manière , aussitôt qu'on a eu reconnu la rupture de la matrice.
S'il est inutile de prévenir les sagesfemmes que ces cas malheureux ne sont point de leur ressort, on ne sauroit trop leur recommander d'appeler un accoucheur, quand elles auront lieu de craindre
la rupture de la matrice, ou qu'elles la croiront existante.
SECTION VI
Des grossesses extra-utérines.
D. Qu' ENTENDEZ-VOUS par grossesses extra-utérines ?
R. On appelle extra -utérines ces grossesses extrêmement rares , dans lesquelles Tenfant et ses dépendances se développent dans Tun des ovaires, dans Tune des trompes, ou bien dans la cavité du bas-ventre même , au lieu de se développer dans la matrice.
D. Quels sont les signes qui caractérisent ces sortes de grossesses ?
R. Les signes rationnels en sont les mêmes que ceux de la grossesse ordinaire. Les mouvemens de l'enfant se manifestent à la même époque; la femme observe, si elle y donne un peu d'attention , que ces mouvemens ne se font pas sentir exactement dans le même lieu que ceux qu'elle a pu distinguer dans ses grossesses précédentes. Mais ces signes, et beaucoup d'autres encore, ne dénotent pas assez clairement une grossesse extra - utérine , pour qu'on ne puisse s'y tromper. Ce n'est qu'en touchant la femme avec soin, dans un terme avancé, qu'on peut en juger; encore reste-
t-il souvent beaucoup d'obscurité. Si la matrice se développe un peu dans une grossesse de cette espèce, elle n'acquiert jamais le même volume que dans une grossesse ordinaire ; elle reste très petite ; son col change à peine de forme, et l'orifice en est si serré, qu'on ne peut y porter le doigt, même dans les derniers momens. Quand cet orifice permet au doigt de pénétrer dans la matrice, il est aisé de s'assurer si l'enfant y est renfermé. Lorsqu'il ne s'y trouve pas, il doit être ailleurs ; mais il paroît impossible de reconnoître si c'est dans l'une des trompes, dans l'un des ovaires ou dans le basventre même.
D. A quelle partie le placenta s'attachet'il quand V enfant est dans la cai^ité du ■ventre ^
R. Quelquefois le placenta s'attache sur la matrice même, d'autres fois sur les intestins ou sur le mésentère.
D. Ces grossesses parcourent -elles les mêmes temps que les autres?
R. Le plus souvent , dans ces grossesses extraordinaires, l'enfant meurt avant le terme de sa maturité. Quelquefois il se développe comme dans une grossesse ordinaire , et ]es douleurs de l'accouchement ne se font sentir que vers la fin du neuvième mois, (i)
(i) Nous avons eu un cas de cette espèce à l'Hos-
D. Comment U accouchement se fait-il en pareil cas ?
R. L'accouchement ne peut alors se faire par les voies naturelles; et personne n'a encore osé tenter de conserver la mère et l'enfant au moyen de l'opération césarienne.
Il est vrai que cette opération , toujours dangereuse dans le cas de grossesse ordinaire , doit l'être bien plus encore dans celui de grossesse extra-utérine. Elle paroîtroit cependant préférable à l'espèce d'abandon auquel on a toujours livré la mère et l'enfant. Si elle présente de grands dangers, la femme est menacée de bien plus grands encore , lorsqu'on l'abandonne à sa malheureuse destinée, et l'enfant périt inévitablement.
D. Quelle est donc la suite des grossesses extra-utérines ?
R. Quelquefois l'enfant , après sa mort , se dessèche, se durcit, se racornit en quelque sorte , et se conserve ainsi pendant nombre d'années, sans nuire essentiellement à la vie de la femme (i); mais le plus
pice de la Maternité, en l'an x. L'enfant fut extrait après sa mort par la gastrotomie , ou opération césarienne : il pesoît huit livres deux onceSc
(i) Une femme morte ^^itry-le-Français , en 1785 , et dans une extrême Vieillesse , portoit dans son sein un enfant desséché depuis i753. On connoissoit alors beaucoup d'autres faits de cette espèce.
souvent la mort de celle-ci suit de près celle de l'enfant. D'autres fois celui-ci se putréfie, et ses débris sont expulsés ou extraits par la voie des abcès , qui s'ouvrent à la surface abdominale; de sorte que quelques femmes ont encore le bonheur d'échapper à la mort, si on leur donne les secours convenables.
Ces cas ne doivent pas être confiés aux soins des sages-femmes.
ARTICLE II
Des préceptes généraux relatifs a la manière d'opérer V accouchement contre nature y ou difficile.
SECTION PREMIÈRE
Des préceptes relatifs a la manière d'opérer.
D. Quelles sont les précautions qu il faut obsen^er dans la pratique des accouchemens contre nature?
R. Parmi ces précautions, les unes regardent la situation qu'on doit donner à la femme; les autres, le temps d'opérer, et la manière de le faire ^
D. Quelle est la situation qu'on doit donner a la femme?
R. La femme doit être couchée sur le dos.
J>ES ACCOUCIIEMENS. 345
et de manière que les fesses débordent un peu rextrémité du lit. Les jambes et les cuisses seront à demi pliées , les pieds appuyés sur deux chaises , les genoux fixés et tenus médiocrement écartés par des aides disposés convenablement. La tête et les épaules doivent être peu élevées ; et d'autres aides fixeront encore la femme de ce coté, si cela est nécessaire, pour l'empêcher de se retirer vers le haut du lit quand on introduira la main dans la matrice.
On la couvrira d'un drap, et même d'une couverture, si c'est en hiver, soit pour la défendre du froid, soit pour ne pas l'exposer aux yeux des assistans, et de l'opérateur même.
Le Ht doit être étroit, solide, et assez élevé pour que l'accoucheur ne soit pas trop courbé, ni trop gêné dans les attitudes qu'il sera forcé de prendre dans le cours de son opération. Une couchette ordinaire vaut mieux qu'un lit de sangle ; et , à défaut de l'un et de l'autre, on placera la femme sur le bord ou sur l'extrémité de son lit, garni et disposé convenablement.
Si l'on se servoit d'un lit de sangle , il fandroit en appuyer l'extrémité sur deux tabourets ou deux chaises, de hauteur convenable. On met un coussin ou un carreau solide entre les matelas , pour que ce lit creuse moins, et que les fesses de la femme ne s'y enfoncent pas autant : on le place dans
la chambre de manière qu'on puisse aller et venir librement autour.
Telle est l'espèce de lit qu'on doit préparer lorsqu'il s'agit d'un accouchement difficile ou contre nature, et la situation qu'on doit donner à la femme même pendant l'opération. S'il est des circonstances qui exigent moins d'appareil, et dans lesquelles on puisse secourir la femme dans son lit ordinaire , nous les indiquerons à mesure que nous avancerons.
D. Quel est le moment le plus favorable pour opérer l' accouchement ?
R, Le moment le plus favorable est celui où la dilatation de l'orifice de la matrice est complète, et celui de l'écoulement des eaux de l'amnios, quand on n'opère que par rapport à la mauvaise situation de l'enfant. Si on entreprenoit d'opérer avant ce moment, on éprouveront plus de difficulté à pénétrer dans la matrice; et, comme il faudroit employer plus de force pour les surmonter, la mère et l'enfant seroient exposés à quelques inconvéniens.
Il faut opérer, autant que cela se peut, dans ce moment d'élection , parce que les obstacles et le danger s'augmentent en raison de ce qu'on s'en éloigne davantage. La matrice, après l'écoulement des eaux, se contracte plus fortement, se resserre sur l'enfant, et l'embrasse si étroitement, qu'il est extrêmement difficile, en quelques cas, d'y intro-
DES ACGOUCHEMENS. 34'/
duire la main, de retourner l'enfant, et de l'en dégager.
D. Faut- il toujours attendre que la poche des eaux s'ouvre d'elle-même pour opérer r accouchement ?
R. Non : il y a des cas oii les membranes sont si dures, qu'elles ne peuvent se déchirer d'elles-mêmes, ou ne le feroient que très tard. On attend seulement que l'orifice de la matrice soit bien dilaté , et que son bord soit très souple : on place alors la femme convenablement , et on déchire la poche des eaux , en avançant la main pour aller prendre les pieds .de l'enfant.
D. Peut-on opérer V accouchement dans tous les cas j a V instant ou la poche des eaux s'ouvre d'elle-même?
R. Non : i°. parce que cette poche s'ouvre quelquefois avant que le col de la matrice ne soit effacé et dilaté convenablement ; 2^. parce qu'en d'autres cas, au moment où elle se crève , il n'existe encore aucun des accidens qui doivent nous engager à opérer. Quand cette poche -s'ouvre de trop bonne heure , il faut attendre que le col de la matrice soit assez souple pour se dilater aisément, et n'opérer que dans co moment.
D. L'état de la femme n exige- t-il pas quelques attentions avant qu'on entreprenne de V accoucher.
R. Il est des cas où l'on ne doit opérer l'accouchement qu'après y avoir préparé la
348 PRINCIPES StJR l'art
femme par des remèdes généraux, tels que la saignée, le bain, les fomentations, etc. Par exemple , lorsque le pouls est élevé , fréquent et dur, le ventre tendu et douloureux; lorsque les parties sont tuméfiées et sensibles, il faut différer l'accouchement jusqu'à ce qu'on ait satisfait à ce que demande l'ensemble de ces symptômes par une saignée du bras , l'usage du bain et des fomentations émollientes, tant sur le ventre que sur les parties naturelles.
D. Quelles sont les précautions a prendre relativement a la manière d'opérer?
R. On doit distinguer trois temps dans le manuel des accouchemens contre nature :
1°. celui où l'on introduit la main dans la matrice; 2°. celui où l'on retourne l'enfant; 3^. celui où l'on en fait l'extraction : et ces trois temps exigent des précautions particulières.
D. Quelles sont les précautions relatives à r introduction de la main ?
R. 1°. On trempe la main dans un mucilage quelconque (i), ou bien on l'enduit de beurre frais , de pommade ou d'huile , pour qu'elle pénètre plus facilement , et avec moins de douleurs pour la femme ; 2". on avance les doigts successivement
(i) Une décoction de racine de guimauve, ou de graine de lin , de manière que l'eau eu soit comme glaireuse.
DES ACCOUCHFMENS. 34g
clans le vagin , pour dilater graduellement son orifice, le préparer a recevoir toute la main, qu'on y fait ensuite pénétrer lentement. 3°. On préfère le moment où la douleur de Taccouchement se fait sentir , à celui du calme qui succède à cette douleur, pour introduire la main dans le vagin.
4°. L'on n'agit au contraire que dans ce moment de calme, quand on introduit cette main dans la matrice , parce que les parois de ce viscère sont alors plus souples et moins contractées sur l'enfant , et opposent moins de résistance ; la main pénètre avec moins de douleurs et moins d'inconvéniens pour la femme. A quelque point que la main soit déjà introduite , elle doit rester en repos pendant la durée de chaque douleur, ou de chaque contraction de la matrice ; l'on ne s'efforcera de la porter plus loin que quand cette douleur sera passée. 5". Pour pénétrer dans la matrice, on avance les doigts successivement dans l'orifice; si on ne le trouve pas très ouvert, on le dilate graduellement, comme on a fait à l'égard de l'entrée du vagin, plutôt en écartant ces mêmes doigts qu'en poussant de toute la main , dans la crainte de déchirer le vagin dans sa jonction , au col de la matrice mémo. 6^. La main doit être constamment appliquée a la surface de Tenfant, les doigts rapprochés et légèrement recourbés, de sorte que leur face externe , alors un peu
convexe, regarde la surface interne de la matrice : cette main ne doit faire que de très petits mouvemens , pour qu'elle se fatigue moins, que la matrice en soit moins irritée, et que la femme en ressente moins de douleurs, y". Pendant qu'on l'introduit, il est utile de tenir l'autre main extérieurement sur le fond de la matrice , pour fixer en quelque sorte ce viscère, et l'empêcher de céder aux mouvemens de celle qu'on porte en dedans. 8". L'accoucheur doit se découvrir le bras jusqu'au-dessus du coude, toutes les fois qu'il est obligé de porter la main profondément dans la matrice ; et il doit avoir l'attention auparavant de bien rogner ses ongles. S'il entrevoit, ou s'il trouve de grandes difficultés dans l'opération , il ne doit l'annoncer , ou le faire connoître à la femme, ni par aucun geste de tête, ni par aucun propos alarmant, parce que la femme même la plus courageuse s'en effraie aisément , et que de grands inconvéniens peuvent en résulter. Il doit éviter avec le même soin d'exposer aux yeux de la femme les linges ensanglantés qui auront servi à essuyer ses mains : en un mot, il doit opérer de sang - froid et avec le moins d'appareil possible.
D. Est-il indiffèrent d'introduire la main droite ou la main gauche dans la matrice ?
R. Non : le choix de la main est même si
jnipoitant en bien des cas, qu'on ne peut se promettre de facilité et de succès qu'autant qu'on opérera de l'une plutôt que de l'autre. Celle qu'il convient d'introduire doit être déterminée par la situation même de l'enfant dans la matrice. Nous aurons soin d'indiquer les cas qui exigent qu'on se serve de la main droite , et ceux qui requièrent la main gauche.
D. Que doit-on observer relatwement a La version de V enfant dans le sein de sa mère , et a la manière de Ven extraire ?
R. On observera: i"". de ne dégager les pieds que dans l'intervalle des douleurs ou des contractions de la matrice, et de ne tirer sur ces extrémités pour les faire descendre que dans ces mêmes instans , jusqu'à ce que les fesses se trouvent engagées dans le détroit supérieur; 2°. quand l'enfant est descendu à ce point, de ne s'efforcer de l'extraire qu'autant que la douleur a lieu , et que la femme exerce quelques efforts en poussant. Nous donnerons ailleurs des règles plus précises relativement aux diverses circonstances qui peuvent se présenter dans la pratique.
SECTION II
Des dei^oirs que la religion prescrit,
D. Quels sont les devoirs que la religion nous impose y relaWenient a la femme et a r enfant y dans les cas d' accouchemens difficiles ?
R. La religion nous prescrit : i°. de faire connoître à la femme le danger qui la menace , quand sa situation est assez fâcheuse pour craindre de la voir expirer avant, pendant, ou immédiatement après l'accouchement , afin qu'elle se fasse au plus tôt administrer les sacremens. Si Ton est en quelque sorte excusable de ne pas l'en instruire, au moins faut - il en prévenir ses parens ; 2°. d'ondoyer l'enfant toutes les fois qu'il court le risque de mourir dans l'accouchement.
Quand la tête est peu engagée, pourvu qu'on puisse la toucher à nu , on dirige l'eau du baptême au moyen d'une seringue , immédiatement dessus; et, lorsqu'elle est sortie, on ondoie l'enfant de nouveau, s'il donne quelque signe de vie, en ajoutant a la formule ordinaire ces mots, si tu n'es pas baptisé.
Lorsque l'enfant présente une main au dehors , c'est sur cette main qu'on doit verser l'eau , et dans tous les autres cas , sur l'un
des pieds, ou sur les deux, aussitôt qu'on les a dégagés entièrement. Lorsqu'on a versé l'eau sur une main ou sur un pied , il faut ondoyer l'enfant de nouveau après sa naissance, s'il paroît encore en danger de mort, et répandre l'eau sur la tête , en ajoutant à la formule ordinaire , comme on l'a déjà dit , si tu n'es pas baptisé j, enfant, je te baptise , etc.
Quelle que soit l'époque de la grossesse au «loment de l'expulsion du fœtus, et la forme de celui-ci , pourvu qu'il participe en quelque chose de l'espèce humaine , on doit l'ondoyer. On a la même attention, quoique l'enfant paroisse mort au moment de sa sortie; et le seul cas où l'on doive s'en dispenser , est celui où la pourriture ne laisse aucun doute sur sa mort.
Dans le cas où l'enfant est monstrueux, dans celui où il ne donne aucun signe de vie , on ajoute à la formule du baptême, si tu es capable de baptême ^ je te baptise, etc.
Ce sera la sage - femme qui l'ondoyera , quand il faudra le faire avant ou pendant l'accouchement; et préférablementunhomme, excepté le père de l'enfant , quand on ne le fera qu'après l'accouchement.
On emploie, pour ce baptême, de l'eau bénite, de l'eau de puits, de pluie, de fontaine ou de rivière; en un mot, de l'eau commune. En la répandant en fcyme de croix sur la tête, ou sur toute autre partie, lors-
qu'on ne peut le faire sur celle-ci , on doit prononcer distinctement les paroles suivantes : « Enfant y je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, w
Lorsqu'on porte à l'église un enfant qui a été ondoyé , il faut en prévenir le prêtre avant la cérémonie du baptême.