CHAPITRE V
Des accouchemens dans lesquels Venjant présente les diverses régions de Vun et de Vautre côté du corps.
ARTICLE PREMIER
Des accouchemens dans lesquels Venfant présente un des cotés de la tête a Vorijïce de la matrice, (i)
SECTION PREMIERE
Des signes qui caractérisent ces sortes d' accouchemens ^ etc.
D- A. quels signes reconnoît-on que l'enfant présente un des cotés de la tête?
R. On trouve sur l'orifice de la matrice une tumeur dure et arrondie qui dénote que c'est la tête. On y remarque des sutures et des espèces de fontanelles ; on y rencontre l'oreille, et on peut toucher jusqu'à l'angle de la mâchoire inférieure.
D. Est-il nécessaire de s'assurer si c'est
(i) La planche xxiii offre l'attitude où est l'enfant quand il présente l'un des côtés de la tête.
440 PRIi\CIP£S SUR l'art
le coté droit ou le coté gauche de la tête qui se pr^é sente ?
R. Il est des cas où il est de la plus grande importance de le faire, et dans lesquels il est nécessaire de savoir, non seulement lequel des deux côtés de la tête se présente , mais encore de quelle manière cette région est placée sur le détroit supérieur.
D. Indiquez a quels signes on reconnoît que c'est le coté droit ou le coté gauche qui se présente.
R, On reconnoît le coté de la tête qui se présente, et quelle est sa position relativement au détroit supérieur, en observant à quels points de ce détroit répondent l'oreille et ses différentes parties , l'angle de la mâchoire inférieure , et la suture lambdoïde.
D. Quelles sont les positions dans lesquelles les cotés de la tête peuvent se présenter?
R. Chacun des cotés de la tête peut se présenter dans quatre positions.
Dans la première, le sommet répond au rebord des os pubis, et le cou est appuyé sur la base du sacrum. Lorsque c'est le côté droit, la surface antérieure du fœtus regarde le côté gauche de la matrice; et la partie latérale droite de ce viscère, quand c'est le côté gauche de la tête.
Dans la seconde position de l'un et l'autre côté de la tête, le sommet est appuyé sur la saillie du sacrum, et le cou sur le rebord des os pubis. La face antérieure du fœtus
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DES ACCOUCHFJIEKS. ^^i
regarde la partie latérale droite de la matrice , lorsque c'est le coté droit qui se présente ainsi , et la partie latérale gauche de ce viscère , lorsque c'est le côté gauche. Cette position est celle dans laquelle les côtés de la tête se présentent le plus ordinairement.
Dans la troisième de l'un et l'autre côté de la tête , le sommet est appuyé sur le bas de la fosse iliaque gauche , et le cou sur la fosse iliaque droite. La face de l'enfant est placée transversalement sur la saillie du sacrum , lorsque c'est le côté droit qui se présente ; et c'est l'occiput qui répond à ce même point , lorsque c'est le côté gauche.
Dans la quatrième position , le sommet de la tête est appuyé sur le bas de la fosse iliaque droite, et le cou sur la fosse iliaque gauche. Lorsque c'est le côté droit, l'occiput est placé transversalement sur la saillie du sacrum , et la face au-dessus du pubis ; lorsque c'est le coté gauche, la face se trouve couchée sur la saillie du sacrum , et l'occiput au-dessus du pubis.
D. En quoi est-il donc si important de s'assurer si c'est le coté droit ou le cote gauche de la tête qui se présente ?
R. C'est la connoissance exacte du côté de la tête qui se présente , qui nous dicte de porter telle ou telle main dans la matrice pour en dégager les pieds de l'enfant , qui indique la rouie que doit suivre celte main
pour parvenir à ces extrémités ; en un mot . c'est d'elle que dépend le succès de notre entreprise dans les cas où il y a le plus de difficultés à surmonter , celui où les eaux sont évacuées depuis long-temps.
D. Les accouchemens ou Fen/ànt présente Vun ou Vautre coté de la tête ne peuvent-ils, en aucun cas , se terminer naturellement.
R. La tête de l'enfant trouve quelquefois tant de facilité à revenir comme d'elle-même à sa bonne position , quand elle présente l'un de ses côtés, que l'accouchement alors diffère peu de celui qu'on appelle naturel : mais d'autres fois , conservant sa position primitive malgré les efforts de la nature , l'accouchement ne peut se terminer. Enfin , des accidens peuvent compliquer le travail , et nous mettre encore dans l'obligation d'opérer.
D. Que faut-il faire y en général y quand r enfant présente Vun des cotés de la tête ?
R. Il faut ramener la tête à sa bonne position , toutes les fois que cela se peut , que la femme n'éprouve pas d'accidens , et abandonner l'accouchement aux soins de la nature. Il faut, au contraire , retourner Tenfant, et l'extraire par les pieds, lorsque les circonstances sont telles que la femme ne pourroit accoucher naturellement sans s'exposer à de grands inconvéniens.
SECTION II
De la manière de procéder à Vaccouchement dans tous les cas ou V enfant présente l'un des cotés de la tête.
D. Comment doit-on procéder à l'accouchement dans la première position deVun et Vautre coté de la tête ?
R. Lorsqu'on ne se propose que de ramener la tête à sa bonne position , on introduit une main dans le vagin , n'importe laquelle , en dirigeant les doigts sous le bord postérieur de l'orifice de la matrice jusqu^au-dessous de l'oreille de l'enfant , et aux environs de l'angle de la mâchoire inférieure , et on repousse le bas de la tête le plus qu'on peut au-dessus de la saillie du sacrum ; tandis que de l'autre main , placée sur la région hypogastrique de la femme , on presse avec plus ou moins de force pour diriger le sommet qui y répond, vers le milieu du détroit supérieur. Si on parvient de cette manière à ramener la tête sur l'entrée du bassin , on abandonne ensuite l'accouchement aux efforts de la nature : si .l'on ne réussit pas , ou bien si des accidens compliquent le travail , on va chercher les pieds , et on retourne l'enfant.
D. Comment doit-on retourner l'enfant y
444 Ï>RINCIPES SUR l'art
quand V un des cotés de la tête se présente dans la première position ?
R. Lorsque c'est le coté droit de la tête qui se présente , il faut nécessairement opérer de la main droite (i). On l'introduit en montant vers la fosse iliaque gauche , jusqu'à ce qu'elle soit parvenue sur la^ face de J'enfant , et on pousse alors la tête sur la fosse iliaque droite. On continue d'insinuer cette main le long du côté gauche et de la partie postérieure de la matrice , en suivant Je coté droit , et le devant de l'enfant, jusqu'à ce que l'on soit à la hauteur des cuisses , des jambes et des pieds , et qu'on puisse accrocher ceux-ci de manière à les dégager , comme on l'a prescrit pour la seconde position du sommet.
Dans la première position du coté gauche de la tête , on insinue la main gauche dans la matrice, en montant vers la fosse iliaque droite , et on pousse la tête sur la fosse iliaque gauche , pour aller ensuite chercher les pieds , en suivant la partie postérieure et latérale droite de la matrice , comme on l'a
(i) Il est aussi nécessaire d'opérer de la main droite dap.s ce cas , qu'il est important de le faire de la main gauche dans la première position du côte gauche de la tête , quand il y a long-temps que les eaux de l'amnios sont écoulées. Le clioix de la main n'est pas moins nécessaire dans tous les autres cas que dans ceux dont il s'agit.
DES ACCOUGHEMENS. 4^5
recommandé à l'occasion de la première position du sommet.
D. Comment doit-on procéder a V accouchement dans la seconde position de Vun et Vautre coté de la tête ?
R. Lorsqu'on a reconnu cette position de bonne heure , on recommande à la femme de se tenir couchée sur le dos, jusqu'à ce que les eaux de l'amnios se soient évacuées : la tête , au moyen de cette précaution , pouvant se réduire comme d'elle-même à sa position naturelle. Quand on s'est assuré , par un délai convenable, que ce changement de position ne peut s'opérer aussi naturellement , on insinue la main dans la matrice, en passant au-devant de la saillie du sacrum , jusqu'à ce que les doigts puissent embrasser exactement le sommet de la tête qui y répond , et l'entraîner vers le milieu du détroit supérieur ; ce qui est alors très facile : après cela , on attend patiemment l'expulsion de l'enfant. On retourne cet enfant, et on l'amène par les pieds toutes les fois qu'il y a des accidens.
D. Comment doit- on retourner V enfant dans cette seconde position des cotés de la tête ?
R. Lorsque c'est le coté droit qui se présente, on insinue la main gauche en passant au-devant de la saillie du sacrum, et jusque sur le sommet de la tête, pour l'entraîner au détroit supérieur, comme si l'on ne vou-
loit que la rappeler à sa bonne position. Après l'avoir déplacée de cette manière , on la dirige sur la fosse iliaque gauche, et l'on va chercher les pieds en suivant la partie postérieure et latérale droite de la matrice ; de même que le côté gauche de l'enfant. On dégage ces extrémités, et on termine l'accouchement comme dans la première position du sommet.
Lorsque c'est le coté gauche de la tête qui se présente , on introduit la main droite en suivant la partie postérieure de la matrice ; on commence par ramener le sommet au détroit supérieur , ensuite on dirige la tête sur la fosse iliaque droite , pour aller prendre les pieds , en suivant le coté droit et le devant de l'enfant, comme on l'a prèscrit à l'égard de la seconde position du sommet de la tête.
D. Comment doit- on se comporter lorsqu'un des cotés de la tête se présente dans la troisième position P
R. Lorsque c'est la troisième position du coté droit , on avance la main droite en dirigeant les doigts au-dessus du bord postérieur de l'orifice de la matrice , sur l'angle de la mâchoire inférieure et ses environs ; on relève la face , qui est alors couchée transversalement sur la saillie du sacrum, tandis que de l'autre main on appuie sur la région hypogastrique de la femme , à dessein de pousser l'occiput qui y répond ,
DES ACCOUCHEMENS. 4/Jn
vers le milieu du détroit supérieur. Quand c'est le coté gauche qui se présente , on avance la main sous l'occiput même , qui est appuyé sur la saillie du sacrum , et on l'entraîne vers le milieu du bassin. Dans l'un et l'autre cas, après avoir ramené la tête du fœtus à sa bonne position , il est très utile de faire coucher la femme un peu sur le coté gauche , afin d'y incliner légèrement le fond de la matrice.
D. Indiquez la manière de retourner V enfant dans Vun et Vautre de ces cas.
R. Dans la troisième position du coté droit de la tête, on introduit la main droite en passant au-devant de la saillie du sacrum, sur laquelle la face est appuyée. On écarte la tête de ce même point , en la soulevant vers les os du pubis, en la poussant en même temps sur la fosse iliaque droite. On parcourt ensuite le coté droit de l'enfant , la partie postérieure et latérale droite de la matrice , pour parvenir aux pieds , qu'on dégage comme on l'a prescrit pour la seconde position du sommet.
Dans la troisième position du côté gauche de la tête, on trouve également plus de facilité à opérer de la main droite que de la gauche , et on fera bien de l'employer préférablement à celle-ci.
On l'introduit en montant au-devant de la saillie du sacrum , jusqu'au-dessus de l'occiput, qu'on entraîne vers le milieu du bassin ,
comme si l'on ne vouloit que ramener la tête à sa bonne position. On pousse ensuite la tête sur la fosse iliaque droite, et l'on va prendre les pieds en suivant le coté droit de l'enfant , comme on vient de le prescrire pour la position précédente.
D. Comment doit-on procéder a F accouchement^ lorsque l'un des cotés de la tête se présente dans la quatrième position?
R. Si l'on ne veut que ramener la tête à sa bonne position , lorsque c'est le coté droit qui se présente, on introduit la main droite sous l'occiput, qui est sur la base du sacrum, et on l'entraîne vers le milieu du bassin. Après cela, on fait coucher la femme sur le coté droit, pour y incliner légèrement le fond de la matrice. Lorsque les circonstances exigent qu'on opère l'accouchement , on introduit la main gauche de la même manière au-dessous de l'occiput; et, après avoir ramené la tête a sa bonne position, comme on vient de le recommander , on la porte sur la fosse iliaque gauche : on dirige la main le long du côté gauche de l'enfant, en suivant la partie postérieure et latérale gauche de la matrice , pour parvenir aux pieds, et les dégager, comme on l'a prescrit en parlant de la première position du sommet.
Pour ramener la tête a sa bonne position lorsque c'est son coté gauche qui se présente, on repousse la face qui est appuyée transversalement sur la saillie du sacrum ,
DES ACCOUCHEMENS. 44g
et i'on fait descendre l'occiput qui est audessus du pubis , comme on l'a recommandé pour la troisième position du côté gauche. Si les circonstances commandent de retourner l'enfant, ayant relevé la face comme on vient de le prescrire, on pousse la tête sur la fosse iliaque gauche , et l'on va prendre les pieds en dirigeant les doigts le long du coté gauche de l'enfant , et de la partie postérieure et latérale gauche de la matrice , de même que pour la première position du sommet de la tête : on opère de la main gauche.
ARTICLE IL
Des accouchemens dans lesquels Venfant présente Tune ou Vautre épaule a Vori- Jïce de la matrice, (i) (2)
SECTION PREMIERE
Des signes qui font connoître que Venfant présente une des épaules.
D. A quels signes reconnoîtra-t^on que Venfant présente une des épaules?
R. Il est assez facile de reconnoître cette
(i) Les planches xxiv et xxv expriment l'attitude où est l'enfant quand il présente l'épaule , le bras étant engagé dans le col de la matrice.
(2) Nous ne parlerons pas de ce qui peut appar-
45o PRIISCIPES SUR l'a.RT
partie, lorsque la poche des eaux est ouverte : l'épaule s'engage alors de manière à ce qu'on, la touche aisément, et le plus souvent le bras s'allonge, se déploie dans le vagin , et la main paroît au dehors. Si l'accoucheur introduit un doigt le long de ce bras, jusque dans l'orifice de la matrice, il distingue les cotes de l'enfant , la clavicule et l'omoplate : il juge également , d'après ce^ mêmes signes, si c'est l'épaule droite ou l'épaule gauche qui se présente.
D. Est-ce constamment Vêpaule qui se présente , toutes les fois que la main de r enfant paroît a la vuhe?
R. Non : la main peut s'engager avec la tête et la précéder, comme on l'a remarqué ci-devant ; ce qui est bien différent , puisque l'accouchement peut alors se faire presque toujours sans beaucoup de difficultés , tandis qu'il est constamment impossible sans»
tenir aux accoucliemens dans lesquels l'enfant présente l'un ou l'autre côté du cou à l'orifice de la matrice , parce qu'il est extrêmement difficile qu'il se présente ainsi dans le cours d'un travail soutenu. Si l'un des côtés du cou répondoit à l'orifice de la matrice dans le début du travail , la tête ou l'épaule ne manqueroit pas d'être poussée en avant par les efforts de la nature , et de venir s'engager dans le détroit supérieur. En supposant d'ailleurs qu'un des côtés du cou continuât de se présenter malgré ces efforts, la circonstance n'exigeroit pas une conduite différente de celle que nous allons tracer à l'occasion de l'épaule.
les secours de l'art, lorsque c'est l'épaule qui se présente , à moins que l'enfant ne soit excessivement petit.
On ne trouve que quelques exemples d'accouchemens qui se soient terminés par les seules forces de la nature , lorsque l'enfant présentoit l'épaule à l'orifice de la matrice (i) : mais ils ne font connoître qu'une exception à la loi générale , et Ton y remarque qu'il auroit été bien plus à propos d'opérer l'accouchement à temps, puisqu'un seul enfant, sur trente, est né vivant, tandis qu'en opérant leur version on auroit pu en conserver plus de la moitié , et peut-être les conserver tous.
SECTION 11
De la manière de procéder à l' accouchement dans le cas ou Vune des épaules se présente.
D. Comment doit-on opérer Vaccouchement dans la première position des épaules?
R. Dans cette première position , la tête est au-dessus du pubis de la femme, le coté et la hanche sont appuyés sur la base du sacrum ; la poitrine de l'enfant regarde la fosse iliaque gauche, lorsque c'est l'épaule
(i) Ces observations sont traduites de l'anglais, et insérées dans le Journal de Médecine de Paris, tomes Lxiii et lxv.
droite qui se présente, et la fosse iliaque droite , lorsque c'est l'épaule gauche.
Pour opérer l'accouchement dans le cas où c'est l'épaule droite, on insinue la main droite en suivant la partie postérieure et latérale gauche de la matrice , jusqu'au-dessus de la hanche de l'enfant; on ramène les doigts sur la cuisse et sur la jambe , pour gagner les pieds , et les entraîner ensemble ou successivement le long de la poitrine de Tenfant, jusque dans le vagin. Si on éprouve dans la suite quelques difficultés à faire descendre les fesses , en tirant sur les pieds , on repousse l'épaule qui est encore au détroit supérieur , sur la fosse iliaque droite , avant de se permettre de tirer avec plus de force sur ces extrémités.
Lorsque c'est l'épaule gauche qui se présente, on opère de la main gauche. On l'introduit en suivant la partie postérieure et latérale droite de la matrice , jusqu'à la hanche de l'enfant, d'oii on dirige les doigts vers la cuisse et la jambe pour parvenir aux pieds , et les dégager comme dans le cas précédent. Après les avoir amenés dans le vagin , on repousse l'épaule sur la fosse iliaque gauche, autant que faire se peut, afin que les fesses éprouvent moins de difficulté à descendre.
D. Comment doit-on procédera V accouchement dans la seconde position des épaules? R. La seconde position de l'une et l'autre
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épaule est telle, que la tête de Tenfanl est au-dessus du sacrum de la mère , la hanche au-dessus du pubis; la poitrine vers le côté droit de la matrice , lorsque c'est l'épaule droite , et vers le côté gauche de ce viscère, lorsque c'est l'épaule gauche.
Quand c'est l'épaule droite qui se présente, on introduit la main gauche en suivant le côté droit du bassin, jusqu'à ce qu'elle soit parvenue sur le front de l'enfant; alors on pousse la tête le plus qu'on peut sur la fosse iliaque gauche, de même que répaule ; on continue d'avancer la main en montant le long de la partie latérale droite de la matrice , pour parvenir aux pieds, et les dégager à l'ordinaire. Après avoir amené ceux-ci dans le vagin , on repousse l'épaule de nouveau , et l'on fait coucher la femme un peu sur le côté droit, poar y incliner le fond de la matrice : du reste, on se comporte comme dans les cas précédens.
Dans la seconde position de l'épaule gauche, on introduit la main droite en montant vers la fosse iliaque gauche. On pousse l'épaule et la tête vers le côté droit du bassin ; on dirige les doigts le long de l'enfant, jusqu'à ce qu'on puisse saisir les pieds et les entraîner. S'ils descendent difficilement, on repousse l'épaule de plus en pkis vers la fosse iUaque droite, et on incline i^gèTetnent la matrice vers le côté gauche.
D. Comment doit-on procéder a V accouchement dans la troisième position de Vune et Vautre épaule? fi)
R. Dans la troisième position des épaules , la tête est appuyée sur la fosse iliaque gauche , les fesses sont au-dessus de la droite ; le ventre et la poitrine couchés transversalement sur la colonne lombaire , lorsque c'est l'épaule droite ; et au-dessus du pubis , quand c'est l'épaule gauche.
Pour retourner l'enfant dans la troisième position de l'épaule droite , on introduit la main droite vers la partie postérieure et latérale droite de la matrice , en soulevant l'épaule et en la portant, autant qu'il est possible, au-dessus des os pubis; on dirige ensuite les doigts vers les pieds, en suivant le côté droit de l'enfant, et l'on dégage ces extrémités ensemble ou successivement, en observant de tirer uniquement sur le pied gauche pendant un instant, dès qu'ils sont parvenus l'un et l'autre dans le vagin, et de relever l'épaule de nouveau au-dessus du pubis de la mère.
Pour retourner l'enfant dans la troisième position de l'épaule gauche, on introduit la main gauche, en montant vers la fosse iliaque droite, jusque sur les fesses, ensuite sous la partie antérieure et latérale droite de la matrice, en suivant la cuisse gauche, jusqu'à
(i) Voyez la planche xxiv.
ce qu'on puisse accrocher le pied de ce côté et l'entraîner, en le faisant descendre sur la poitrine même de l'enfant, et derrière le pubis de la mère. On reporte ensuite la main pour dégager l'autre pied; on agit uniquement sur ce dernier, après avoir amené Tun et l'autre dans le vagin, pendant qu'on repousse l'épaule de nouveau, et le plus qu'on peut, au-dessus de la saillie du sacrum : on se comporte pour le reste comme dans les autres positions.
D. Comment doit-on procéder ci r accouchement dans la quatrième position de l'une et Vautre épaule ? (i)
R. Le dos de l'enfant étant couché transversalement sur la colonne lombaire de la mère, la poitrine, les cuisses et les jambes, sous la partie antérieure de la matrice, la tête sur la fosse iliaque droite, et les fesses sur la gauche, dans la quatrième position de l'épaule droite; pour opérer avec tout l'avantage possible alors , on introduit la main droite en montant vers la fosse iliaque gauche , jusque sur les fesses de Tenfant; de là on dirige les doigts sous la partie latérale gauche et antérieure de la matrice , en suivant la cuisse droite, pour gagner le pied et l'entraîner, en le faisant descendre sur la poitrine de l'enfant même et sous le pubis de la mère. On dégage l'autre pied avec le
(i) Voyez la planche xxv.
même soin , et l'on tire dessus pendant un instant, tandis que de quelques doigts on refoule l'épaule de nouveau au-dessus de la base du sacrum , pour terminer l'accouchement à l'ordinaire.
Dans la quatrième position de l'épaule gauche, la poitrine de l'enfant paroît couchée transversalement sur la colonne lombaire de la femme , la tête étant aussi sur la fosse iliaque droite , et les fesses , ainsi que les pieds , sur la fosse iliaque gauche.
On introduit la main gauche au-devant de la saillie du sacrum , en soulevant l'épaule au-dessus du pubis de la femme; on dirige ensuite les doigts le long du côté de l'enfant et de la partie postérieure et latérale gauche de la matrice, jusqu'à ce que l'on soit parvenu aux pieds ; on entraîne ces extrémités ensemble ou l'une après l'autre, en les faisant descendre sous la poitrine même de l'enfant : les ayant amenées dans le vagin, si l'on éprouve encore quelques difficultés à les dégager, on tire plus fort, et même uniquement, pendant un instant, sur le pied droit , tandis qu'on repousse l'épaule de nouveau au-dessus des os pubis. On se comporte pour le surplus comme dans les autres cas.
SECTIOir
SECTIQNIII.
De la sortie du bras et de la main de Ven^ fant^ quand l'une des épaules se présente^ et de ce que doit faire V accoucheur dans ces sortes de cas.
D. Comment doit-on considérer Vaccou^ chement dans lequel le bras de l'enfant s'échappe le premier de la matrice ?
R, La sortie du bras de l'enfant n'a ja^ mais rendu raecouchement essentiellement plus difficile que dans le cas ou l'épaule se présente simplement à l'orifice de la matrice , et on a toujours attribué à la présence de cette extrémité , des difficultés qui proYcnoient d'une autre cause , et qui exigeoient des secours bien différens des moyens qu'on a mis alors en usage : rien ne sauroit excuser l'espèce de cruauté que l'ignorance a souvent exercée dans ces mêmes circonstances. Si quelques accoucheurs ont cherché à repousser le bras de l'enfant, et à le faire rentrer dans la matrice; les autres ont tenté vainement d'opérer l'accouchement en tirant sur ce bras; plusieurs l'ont arraché, l'ont amputé, etc., sans se mettre en peine de l'état de l'enfant, qu'ils ont quelquefois amené vivant malgré de pareilles manœuvres; et ce qui est plus déplorable encore, c'est qu'après de sem-
blables procédés, l'ou a plus d'une fois i démembré l'enfant au moyen des crochets , ' pour l'extraire par lambeaux, ne trouvant pas plus de facilité pour le retourner après l'arrachement ou l'amputation du bras, ' qu'on n'en avoit rencontré auparavant, \ tandis qu'avec un peu de méthode, et par i des moyens très simples, on auroit pu le ' conserver ainsi que sa mère. ]
D. // ?i'est donc pas nécessaire défaire i rentrer le bras qui est sorti de la matjice , \ pour parvenir a terminer V accouchement ? !
R. Non : indépendamment de ce que la j réduction du bras est impossible dans la ! plupart de ces cas , et toujours très difficile i dans ceux 'qui y paroissent le plus favorables, comme à l'instant même de l'écoulement des eaux de l'amnios, c'est qu'il ne | pourroit jamais en résulter un avantage \ réel. La présence du bras dans l'orifice de la matrice et le vagin , n'est pas ce qui s'oppose le plus à l'introduction de la main de l'accoucheur; nous dirons même qu'il : n'y met aucun obstacle, et que les difE^ | cultes qu'on y rencontre tiennent moins à , la présence de cette extrémité, qu'au res- i serrement du col de la matrice sur ce bras, ; et à la contraction de ce viscère sur le corps de l'enfant. \
Loin de repousser le bras de l'enfant, \ et de chercher à le faire rentrer , nous re- : commanderons de le retenir. \
D. Vinténtion d'extraire Venfant en tirant sur le bras seroit-elle aussi blâmable que la pi^ècédente ?
fi. Il y auroit peut-être plus d'ignorance encore à vouloir extraire l'enfant en tirant sur le bras, qu'à faire des efforts pour le réduire dans la matrice; un enfant à terme et de grosseur ordinaire ne pouvant jamais traverser un bassin de largeur naturelle, dans la position où il se trouve alors. Si l'onpouvoit, à ia rigueur, extraire ainsi un enfant beaucoup plus petit, il seroit inhumain de le faire de cette manière , parce qu'on peut l'amener autrement, avec plus de facilité et d'avantage : une telle conduite seroit au plus excusable dans le cas 011 l'on auroit la certitude de la mort de l'enfant et de son peu de grosseur.
En tirant sur le bras, on augmente sa tuméfaction, si l'enfant est vivant, et on en accélère la mortification; on luxe ce bras, on le désarticule, et on l'arrache; on irrite la matrice , qui se contracte davantage sur l'enfant, l'enveloppe plus étroitement, devient douloureuse, et s'enflamme, etc.; en un mot, on multiplie les obstacles et le danger.
D. V arrachement du bras ^ son amputation^ ne sont -ils pas quelquefois indiques en pareilles circonstances ?
R. L'idée d'une pareille entreprise ne peut qu'inspirer de l'horreur; rien ne sau-
roit excuser ceux qui l'ont mise à exécution ; ceux même qui se sont glorifiés d'avoir conservé l'enfant par ce procédé , qui assurent s'être frayé , par ce moyen , un chemin plus facile vers les pieds de l'enfant, auxquels ils n'avoient pu atteindre auparavant; et nos lois désormais devroien* sévir avec rigueur contre les personnes de l'art qui se conduiroient avec aussi peu de principes et autant d'inhumanité. La mort seule de l'enfant sembleroit autoriser à couper ou à arracher le bras , s'il fornioit essentiellement obstacle à l'accouchement : mais d'après quels signes pourra- 1- on en être certain? Sera-ce d'après l'état du bras exclusivement? Tel enfant n'ayant été mutilé que parce que le bras sorti étoit tuméfié, noir, livide, et rempli de phlyctènes, étant venu vivant après cette mutilation , quel que soit l'état de ce bras, on ne doit donc ni l'arracher, ni l'amputer, si sa présence ne s'oppose pas essentiellement à l'accouchement : or elle ne sauroit s'y opposer.
D. D'où provenoient donc les obstacles que tant d'accoucheurs disent avoir rencontrés dans ces sortes de cas, et quon y rencontre en effet quelquefois ?
R. Ces obstacles provenoient de l'état de la matrice même , et non du bras de l'enfant. Quelquefois le col de la matrice, étant à peine assez entr'ouvert pour recevoir le bras à l'instant où il est forcé de s'y engager,
DES ACCOT3CHEMENS. 46 1
l'embrasse en se resserrant , à l'instar d'une ligature médiocrement serrée ; de sorte que Tavant-bras et la main ne tardent pas à s'enfler, et à changer de couleur. D'autres fois le col de la matrice , quoique très ouvert au moment où la poche des eaux se déchire , et où le bras s'engage , se resserre autour de lui comme dans le cas précédent, y détermine le même gonflement et le même changement de couleur. La matrice dans tous ces cas, s'efforçant en vain d'expulser l'enfant, se contracte et le serre étroitement de toutes parts ; irritée par les obstacles , elle agit plus fortement , et acquiert tant de sensibilité , que le moindre attouchement devient douloureux pour la femme, et que le ventre même supporte à peine le poids des vêtemens. C'est du concours de toutes ces causes que naissent les difficultés qu'on rencontre à opérer l'accouchement : la présence du bras dans le col de la matrice y ajoute bien peu , mais les efforts inconsidérés de Taccoucheur les augmentent singulièrement , en même temps qu'ils aggravent le danger que courent la mère et l'enfant.
D. Quelles preuves donnerez-vous que la présence du bras dans le col de la matrice ne peut pas s'opposer for^tement à V introduction de la main de V accoucheur?
R. L'on est forcé de convenir que la présence du bras de l'enfant dans le col de la matrice ne peut s'opposer fortement au pas-
sage de la main de raccoucheur , quand on se rappelle la dilatation dont l'orifice est susceptible , et qu'il éprouve dans tous les accouchemens, puisqu'elle surpasse de beaucoup la grosseur de ce bras et de cette main. Il ne faut que relâcher et détendre le bord de cet orifice , qu'affoiblir la contraction de la matrice , relâcher ce viscère , et faire cesser l'état d'érétisme où il se trouve après un travail aussi long que pénible et infructueux , pour parvenir à y insinuer la main.
Une défaillance inattendue , une perte inopinée , ayant fait cesser plus d'une fois cet état d'érétisme et de spasme , chez des femmes qu'on n'avoit pu accoucher auparavant , on les a délivrées ensuite avec aussi peu de difficulté que si le bras n'eût point été engagé. On a porté la main librement dans la matrice; malgré la sortie de ce bras, on a retourné l'enfant , et on l'a amené par les pieds , toutes les fois qu'on y a procédé à l'instant de l'ouverture de la poche des eaux et de la sortie du bras même , et que l'orifice s'est trouvé dilaté convenablement. Ce qui prouve clairement que les obstacles ne dépendent que de l'état même de la matrice, que le bras de l'enfant y ajoute bien peu , et qu'il n'est pas nécessaire de le faire rentrer , ni de l'arracher ou de l'amputer.
D. Quelle est donc la conduite qu'on doit tenir dans les divers cas ou le bras de V enfant s'est engagé, le premier?
■ R. Cette conduite doit être différente , selon les circonstances que présente l'état de la femme.
On retourne l'enfant , et on l'amène par les pieds , toutes les fois que le col de la matrice est assez souple et assez dilaté à l'instant même où le bras s'y engage ; mais il faut différer l'accouchement , quel que soit le temps qui s'est écoulé depuis la sortie du bras , si le col de la matrice est peu effacé , si le bord de l'orifice est dur et peu susceptible de prêter à la dilatation ; s'il y a de la sécheresse , de la chaleur , et de la sensibilité dans cette partie et dans les autres , si la matrice s'est fortement resserrée sur l'enfant , si le ventre de la femme est tendu et douloureux , si le pouls est accéléré et robuste. Dans tous ces cas , avant d'opérer l'accouchement , on fera faire une ample saignée du bras , qu'on répétera même si les forces de la femme et les circonstances l'exigent ; on aura recours au bain , si on peut se procurer les choses convenables ; et au défaut du bain, on fera des fomentations émollientes sur le ventre , et des injections dans le vagin ; enfin, l'on n'entreprendra de retourner l'enfant et de l'extraire , qu'après avoir calmé l'état d'érétisme et procuré le relâchement de la matrice.
Si l'obstacle ne dépend que du peu de dilatation de l'orifice , de ce que le col de la matrice n'étoit pas complètement développé
et ouvert à l'instant où le bras de Tenfant s'y est engagé , il faut attendre que les efforts de l'accouchement aient procuré des dispositions plus favorables , et qu'ils aient opéré une dilatation convenable. On recommande seulement à la femme de ne pas faire valoir ses douleurs pendant tout ce temps , et on la touche rarement.
D. Comment doit- on procéder a Vaccou^ chement après toutes les préparations dont on vient de parler ?
R. S'étant bien assuré de la véritable position de l'enfant dans la matrice , par celle de l'épaule à l'égard du détroit supérieur , on va chercher les pieds , en avançant la main , comme on l'a recommandé ci-devant pour les diverses positions de l'une et l'autre épaule , la sortie du bras ne devant rien changer aux procédés qui ont été décrits pour chacune de ces positions.
D. Que devient le bras de V enfant lorsque V accoucheur introduit sa main ^ et dégage les pieds ?
R, Si l'accoucheur ne le retient pas audehors , il est presque impossible de ne pas refouler la main de l'enfant dans le vagin , où les doigts , le poignet et l'avant-bras se fléchissent d'une manière incommode , et quelquefois fâcheuse pour l'enfant. Si la main de l'enfant n'est pas refoulée par celle de l'accoucheur , souvent elle disparoît et î:emonte à mesure que les pieds s'avancent
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