I. — LOI DES PRESSIONS OSMOTIQUES
Le point de départ de la théorie électrolytique des solutions salines appliquée par Ostwald aux méthodes de l'analyse minérale est, en premier lieu, la découverte faite par Van't Hoff en 1885 de la loi des pressions osmotiques, et, eu second lieu, l'explication qu'a donnée Arrhénius, en 1887-1888, des anomaUes que présentent les substances salines par rapport aux corps organiques dans les valeurs des mesures osmotiques, cryoscopiqueset tonométriques.
Nous rappellerons brièvement les recherches sur les-
IIH PRINCIPES DES MÉTHODES d'aNALYSE MINÉRALE
quelles repose la théorie électrolytiqiie avant d'en exposer l'application faite par Arrhénius et Ostwald aux doubles décompositions salines.
Expériences de Pfeffer et de Vries : loi de Van't Hoff. — Les parois des cellules végétales et certaines substances colloïdales, telles que le ferrocyanure de cuivre, ont la propriété d'être traversées par l'eau pure, mais non parles corps on dissolution dans l'oau. On peut obtenir artificiellement des parois hèfni-pen/u'a/j/es comme celles des cellules végétales, en produisant, comme l'a fait en 1877 le naturaliste allemand PfefTer^*), un précipité de ferrocyanure de cuivre dans l'épaisseur d'un vase poreux de pile. Si dans un semblable vase, muni d'un manomètre à mercure, on place une solution aqueuse quelconque, de sucre par exemple, qu'on ferme hermétiquement le vase et qu'on le plonge dans l'eau pure, le mercure du manomètre est lentement refoulé par l'eau j)uro aflluant dans le vase et finit par atteindre une certaine hauteur P qui reste constante.
L'eau pouvant circuler librement à travers la jiaroi du vase dans les deux sens, cette pression P ne peut être attribuée qu'à la présence du corps dissous : Pfeffer Ta appelée \ai j/7'essio?i osmotiqiie de la solution.
Van't Hoff, en rapprochant les résultats obiciius par Pfeffer, en opérant soit à température constante sur des solutions de concentrations variées, soit à des températures différentes sur des solutions de môme concentration, a constaté qu'à température C(uistante la pression osmotique est proportionnelle à la concentration C, et que, à concentration égale, la pression osmotique est proportionnelle à la température absolue T : c'est ce que montre nettement le taldeau suivant relatif à des solutions de
(*) Pkbfkbh, O.'»io<<4c7ic l'nlerstirliiinfffH, Leip/iy. iKT".
sucre de canne et de tartrate de soude dans l'eau, d'après les résultats obtenus par Pfeffer :
T conslant C variable
Concentration
du
corps dissous
{sucre
de canne)
en
grammes
par
100 grammes
d'eau
p. ino
Pression
r.appo
observée
(millimètres
de
mercure)
mm.