‹ Principles De GeologieChapitre 102 sur 159 · DU CLIMAT · texte numérisé non relu

DU CLIMAT

verticaux, ou presque verticaux du soleil, absorberait une grande quantité de chaleur qu’elle répandrait ensuite par voie de rayonnement dans l’atmosphère. Telle est la cause de la haute température que les parties occidentales de l’ancien continent reçoivent de l'Afrique, « qui , ainsi qu’une immense fournaise, distribue sa chaleur à l’Arabie, à la Turquie d’Asie et à l’Europe » (*). Quant à l’extrémité nord-est de l’Asie, c’est précisément le contraire qui a lieu pour elle; car, à la latitude correspondante, il fait un froid extrême qu’on doit évidemment attribuer à sa position entre la partie continentale qui, du 60e au 70e parallèle, la limite vers le nord, et l’Océan pacifique qui , du côté du sud . la sépare de l’équateur.

Les moindres inégalités de la température des mers comparées à celles des continents, sont cause que le climat des îles et des côtes diffère essentiellement de celui de l’intérieur des terres, Les climats maritimes sont caractérisés par des hivers plus doux et par des étés moins chauds que ceux des climatscontinentaux, les brises de mer qui y régnent ayant la double propriété de tempérer le froid.de l’hiver et la chaleur de l’été. Ainsi, lorsqu’on suit sur le globe les zones dont la température moyenne annuelle est très-souvent la

(’) Malte-Brun : Géog. Phys , livre xvn.

26 V INFLUENCE DE LA DISTRIBUTION (livre i,

même , on trouve de très-grandes diiïérences dans les climats de ces zones. Ceux, par exemple, que l'on nomme insulaires, ont des saisons presque uniformes, tandis que d'autres , qu'on désigne sous le nom de climats excessifs, offrent à l’égard de leurs températures d’hiver et d’été des différences considérables. Comparé aux parties orientales de, l’Amérique et de l’Asie, l’ensemble de l’Europe jouit d’un climat insulaire. La partie septentrionale de la Chine et la région Atlantique des États-Unis ont un climat excessif. « A New-York, » dit M. de llumboldt, «on trouve l’été de Rome et l’hiver de Copenhague; à Québec, l'été de Paris , et l’hiver de Pétersbourg. En Chine, par exempie à Pékin, où la température moyenne de l’année est celle des côtes de Bretagne, les ardeurs de l’été sont plus fortes qu’au Caire, et les hivers aussi rigoureux qu’à Upsal (*). »

Si l’on tirait à l’entour du globe des lignes passant par tous les lieux dont la température d’hiver est la même , on «errait que ces lignes dévient beaucoup plus des parallèles terrestres que ne le font les lignes d’égale température moyenne annuelle. Ainsi , en Europe, par exemple, les lignes d’égal hiver se recourbent souvent, de manière à rencontrer des parallèles de latitude distants de 9 ou 10° les uns des autres ;

(*) Des Lignes Isothermes, etc.

CHAT, vu.) DES CONT. ET DES MERS SUR LE CLIM. 205*

tandis que les lignes isothermes, c’est-à-dire, celles qui passent par les lieux d’égale chaleur moyenne annuelle, ne diffèrent des cercles de latitude que de 4 ou 5 degrés.

De l’influence des courants et des glaces flottantes sur la température. — Parmi les autres causes qui influent encore sur les différences qu’on observe dans la température moyenne des différents lieux du globe , et sur l’inégale distribution de la chaleur dans les différentes saisons de l’année, on ne doit pas oublier la direction des courants, non plus que l’accumulation et le flottement des glaces dans les hautes latitudes. La température du courant de Lagullas est de 10 ou 12° Fahr. (5 ou 6 f deg. centig. ) plus élevée que celle de la mer, au cap de Bonne-Espérance; ce qui s’explique aisément, si l’on considère que la plus grande partie des eaux de ce courant provient du canal de Mozambique, de la côte sud-est de l’Afrique, et de certaines régions de la mer des Indes, beaucoup plus voisines de la ligne, et par conséquent bien plus chaudes que le Cap (*). L’effet contraire est produit par le courant « Equatorial » , lequel traverse l’Atlantique, à partir de l’Afrique jusqu’au Brésil, et en s’étendant sur une largeur qui varie de 160 à

(') Rennwll.on Currcnls {Sur les Courants) j>. %. Londres, 1832. T. i. 25

•itif» üULl'-STREAM. ( (courant du golfe). (livhk i,

ioO milles nautiques. Ses eaux, qui sont plus froides de 3 ou V° Fahr. (1 ! ou 2 ; deg. cent.) que celles de l’Océan sous la ligne, tempèrent la chaleur des tropiques fl-

Ouant aux effets du Gulf-Strcam sur le climat de la partie septentrionale de l’océan Atlantique, ils sont bien plus remarquables encore. Ce courant est le plus considérable de tous ceux que l’on connaît.

Il a son origine dans le golfe du Mexique, qui, de même que la Méditerranée et les autres mers intérieures situées sous des parallèles tempérés ou peu élevés, est, à parité de latitude, plus chaud que l’Océan. Suivant Rennell, la température du golfe du Mexique est, en été, de 8G° Fahr. (30° centig.), c’està-dire, qu’elle est supérieure de 7° (4° ccntig. env.) au moins, à celle qu’on observe dans l’Atlantique, sous la même latitude (*”). De ce grand réservoir d’eau chaude s’échappe un courant constant qui, prenant sa course pai le détroit de Bahama , et faisant de trois à quatre milles par heure, traverse l’Océan dans une direction nord-est , et va longer le grand banc de Terre-Neuve ou il conserve une température de 8° (4 ) deg. centig.) au-dessus de celle de la mer environnante. De là, il s’élance vers les Açores, qu’il atteint en 78 jours en-

') Rennell, on Currenls, p. 1. a.

(*’) Ibid. p. 25.

ciiap. vu.) 6ULF-STREAM ( courant du golfe). 2G7

viron, après avoir parcouru 3000 milles géographiques; puis, continuant à s’avancer, quelquefois d’un millier de milles encore, il arrive à la baie de Biscaye avec un excès de chaleur de 5° (2" 8), par rapport à la température moyenne de cette mer. Comme c’est aux mois de novembre et de janvier que le Gulf-Strcam parvient en ces parages, tout porte à croire qu’il doit modérer le froid de l’hiver dans les contrées occidentales de l’Europe.

Au centre de l’Atlantique septentrional, se trouve, entre les 33e et 35e degrés de latitude N., un vaste espace qui, appelé par Renncll le « récipient de l’eau du golfe, » est couvert en très-grande partie par des plantes marines, connues sous le nom de Sargasses I Lenticula marina), que le courant amène en abondance du golfe du Mexique. Cette masse d’eau est presque stagnante; elle est, en outre, plus chaude de 7 ou 10° Fahr. (i ou 5 ÿ deg. centig.) que l’Atlantique; ce qui, la rendant plus légère, fait qu’elle peut être comparée à l’eau douce d’une rivière, qui se maintient au-dessus de l’eau salée de la mer par l’effet de sa moindre pesanteur. Rennell évalue l'étendue du « Récipient », en y comprenant l’espace recouvert par le courant principal, à 2000 milles en longueur, de l’est à l’ouest, et à 350 en largeur, du nord au sud, ce qui, ainsi qu’il le remarque, surpasse l’étendue de la Méditerranée. La température

2(>8 lM;U'F-NCK DES COURANTS • i livre i,

do cette énorme niasse d'eau est entretenue par le renouvellement, aussi prompt qu’incessant, de l’eau chaude qui vient du sud; et il n’y a nul doute que celte cause n'influe d’une manière notable sur le climat général de certaines parties de l’Europe et de l’Amérique.

Scoresby pense que le Gulf-Stream étend son influence jusqu’à la mer voisine du Spitzberg, où il y a tout lieu de croire que ses eaux se fraient un passage sous celles qui proviennent de la fusion des glaces; car on a trouvé qu’aux alentours du Spitzberg, l’eau de la mer est de 6 ou 7° Fahr. (3 i ou V* centig.) moins chaude à la surface qu’à 2 et 300 brasses de profondeur, — circonstance que l’on peut attribuer à la loi bien connue en vertu de laquelle l’eau douce atteint son maximum de densité entre les 39e et 40e degrés du thermomètre de Fahrenheit, ou à -{- 4 du th. centigrade. Entre ce point et celui de sa congélation, elle se dilate au lieu de se contracter. Or, l’eau qui provient de la glace fondue doit être nécessairement plus légère que celle du Gulf-Stream; car, non-seulement elle a perdu son sel par suite de la décomposition qui résulte de sa congélation , mais, de plus, sa température se rapproche davantage du zéro de l’échelle centigrade ( -f- 32e Fahr. ) que les eaux inférieures de ce courant (*).

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