I.or-qu’ii Icrhait en 1820 (Arclic Régions, vot. I, p
CH AP. vil.) si' K LA TEMPÉRATURE. ’itif)
Les grands glaciers qui se forment dans les vallées du Spitzberg, par 79 de lat. N., sont presque tous détachés du rivage par les eaux du Gulf-Stream, qui conservent encore assez de chaleur pour faire fondre les masses de glaces avec lesquelles elles se trouvent en contact. Il n’en est pas de même dans la baie de Baffin, sur la côte occidentale de l’ancien Groenland, où la température de la mer n’est pas modifiée par la môme cause, puisqu’il ne s v rencontre pas de courant sous-marin plus chaud que l’eau de la surface. Les glaciers y avancent non-seulement jusqu’aux rivages, mais même au delà., et les fragments souvent énormes qui se détachent de leurs masses , donnent naissance aux montagnes de glaces que l’on voit flotter sur l'Océan (").
Scoresby doutait encore si, en passant à l’état de congélation , l’eau salée se dilatait comme l’eau douce. Mais depuis , Krman a prouvé par des eipériences (Annales de Poggendorf, 1828, vol. xii, p. 183) que l’eau de mer ne suit pas la même loi que l’eau douce, ainsi que de Luc, Rumford et Marcet l’avaient supposé. Il parait , au contraire , que l’eau salée dont la pesanteur spécifique est de 1,027 (ce qui, suivant Berzélius, est la densité moyenne de l’eau de mer) n’a pas de maximum de densité tant qu’elle reste liquide ; et que même, lorsque la glace commence à s’y former, la partie liquide restante augmente toujours de densité, proportionnellement à l’abaissement de la température.
(*) Scoreiby’s Arctic Régions, vol. i , p. 208. — Observations
*270 1XFL. DES GLACES FLOTTANTES (UViiKi,
Le nombre et les dimensions de ces masses flottantes sont immenses. Dans la baie de Baftin, le capitaine Itoss en a vu plusieurs échouées sur un point où l’eau avait quinze cents pieds (457 mètres) de profondeur! (irand nombre d’entre elles descendent jusqu’à la baie de Hudson, où leur accumulation occasionne un froid excessif sur le continent voisin. Le capitaine Franklin rapporte que partout où l’on creuse des puits, vers l'embouchure de la rivière Haycs, qui est située sous la même latitude que la partie nord de la Prusse et que l’extrémité sud de l’Écossc, on trouve de la glace en tout temps, môme en été, à quatre pieds (lm 2) de profondeur ! Parfois aussi, au milieu de l’été, on rencontre jusque vers le 40e degré de latitude, et le de longitude occidentale, des montagnes de glaces, dont la fonte rapide refroidit l’eau de ces parages jusqu’à la distance de quarante ou cinquante milles (-15 ou 18 I. env.). Le refroidissement dû à ces glaces est si sensible, que le thermomètre Fahrenheit s’abaisse quelquefois de 17 ou 18° (9 | ou 10. centig.) dans leur voisinage (*). On a observé que tous les quatre ou cinq ans, une immense quantité de glaces flottantes venant du Groenland, allaient s’échouer sur la côte
du docteur Latia sur les Glaciers du Spitzberg, etc. Edinb. Nev l’hil. Journ. vol. ni, p. 97.
(•) Rcnnell . on Currents, p. 95
CHAH. ' II