SCR LA TEMPERATURE
occidentale de l'Islande, après avoir doublé le cap Langaness. Dès qu’ils les voient s’avancer, les malheureux habitants de ce triste rivage font le sacrifice de leurs récoltes, sachant que jamais elles ne résistent aux brouillards qui accompagnent presque toujours ta présence de ces glaces, lesquelles, du reste, n’ont pas seulement pour effet d’occasionner la disette des produits de la terre ; car le froid qui en résulte abaisse la température de l’eau au point que tout le poisson abandonne la côte.
De la différence de climat qu'on observe entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud. — La comparaison des climats qui régnent dans les deux hémisphères, peut nous aider aussi à apprécier l’influence que la distribution des terres et des mers exerce sur le climat. Abstraction faite de l’étendue comprise entre le degré de latitude sud et le pôle, parages auxquels, jusqu’à ce jour, on n’a pu parvenir (juillet 184-0), la quantité de terre ferme qui existe dans l’hémisphère austral n’est à celle que contient l’hémisphère boréal que dans le rapport de un à trois. De plus, tandis qu’entre le pôle et le 30e parallèle de lat. N., la terre et la mer occupent des étendues à peu près égales, l’Océan, dans l’hémisphère sud, recouvre au moins quinze parties sur seize, de l’espace compris entre le cercle polaire antarctique et le 30e parallèle de lat. S.
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Celte grande étendue de mer donne aux climats méridionaux un caractère particulier : les hivers y sont peu rigoureux tandis que les étés y sont frais. Ainsi, par exemple, à la Terre de Van Diémen, dont la latitude correspond à peu près à celle de Rome, les hivers sont plus doux qu’à Naples, et les étés aussi modérés qu’à Paris, dont la distance à l'équateur est cependant de 7° plus grande (*). Les effets qui résultent d’un pareil climat pour la vie animale et pour la végétation, sont aussi des plus remarquables. Le capitaine King a observé que la fuchsie et la véronique, qui , en Angleterre, sont rangées parmi les plantes délicates, forment de très-grands arbustes à la Terre-de-Feu, où ils prospèrent admirablement et se couvrent d’abondantes fleurs, quoiqu’ils n’y trouvent qu'une température de 36° F. (2°22 centig.). Le même observateur rapporte aussi «qu’après deux ou trois jours de neige, de grésil et de pluie constante, pendant lesquels le thermomètre était descendu au point de la congélation,» on vit des oiseaux-mouches humer le suc des fleurs. De son côté, M. Darwin vit, par 55° de lat. S. , près du cap Horn , des perroquets qui se nourrissaient de la graine d’un arbre que l’on nomme Drvmis Winteri (**).
(') llomboldt, Des Lignes Isothermes.
(’*) Journ. ofTravels in S. America, etc., p. 272.
chai*. VII ) ENTRE L HÉM. N. ET L’iIKM. S. ‘273
Les plantes parasites de la famille des orchidées, qui, en général, sont caractéristiques des tropiques, avancent, dans l’hémisphère Sud, jusque vers les 38r et 42e degrés de lat. Forster en a même trouvé au 45e, dans la Nouvelle-Zélande. L’Amérique méridionale aussi renferme dans les épaisses forêts de Chiloë, situées sous le 42'’ parallèle de lat. S., une immense quantité de plantes arborescentes. « Là, ces plantes, en enlaçant les arbres jusqu’à la hauteur de trente ou quarante pieds (9 ou 12 mètres) au-dessus du sol, dissimulent leur forme et leur donnent l’aspect d’une masse confuse. Dans ces régions , le palmier croit au 37e degré de lat. ; au 40e se trouve une plante arborescente analogue au bambou; et même au 45e, vit et prospère une autre plante encore, qui, sans avoir un port vertical, offre aussi beaucoup de ressemblance avec le bambou» (*).
Pendant longtemps on a cru que la température générale de l’hémisphère sud était sensiblement plus froide que celle de l’hémisphère nord, et l’on supposait que la différence étai.t au moins de 10° Fahr. (5,56 c.). Un grand nombre d’observations réunies et comparées par M. de lluinboldt , l’ont amené à conclure que cette différence est beaucoup plus grande encore pour certains lieux, mais qu’elle est nulle
(*) Darwin , ibid., p. 271.
Yi\ DIFFÉRENCE DE CLIMAT (livre l,
entre les tropiques, et à peine sensible jusqu’aux 35' et 40e parallèles. Le capitaine Cook supposant que la calotte de glace qui recouvre les deux pôles s’avançait de 10° plus près de l’équateur dans l’hémisphère sud que dans l’hémisphère nord, pensait que la glaceétait bien plusabondante dans les régions antarctiques que dans celles qui avoisinent le pôle boréal; mais les voyages récents de Weddell et de Biscoe ont prouvé que sur certains méridiens , on peut approcher du pôle austral de plusieurs degrés de plus que Cook ne l’avait fait : ces deux navigateurs ayant trouvé jusqu’au 73e, et même jusqu’au 7ie degré de lat. sud, la mer libre, et couverte de quelques glaçons flottants seulement (’).
Quoi qu’il en soit, l’excès de froid des hautes latitudes australes, par rapporta la température des hautes latitudes boréales, se trouve confirmé par la description des terres de cet hémisphère qu’ont donnée tous les navigateurs anciens et modernes. Ainsi , par exemple, le capitaine Cook trouva la terre (*)
(*) Kn 1823, le capitaine Weddell s’avança de 3" au delà du point où s’était arrêté le capitaine Cook, et arriva ainsi^u 74", là de latitude Sud, et au 31°, 17' de longitude occidentale. Après avoir traversé une mer parsemée de nombreuses îles de glace, il trouva l’Océan libre à cette haute latitude Toutefois, il eût pu avancer de 6" de plus encore vers le sud , sans dépasser les limites auxquelles avait atteint, dans le cercle polaire arctique, le
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de Sandwich , située au 59e degré de lat. sud, c’est-àdire. au parallèle correspondant à celui de la partie septentrionale de l’ Écosse ,« couverte de plusieurs toises de neiges perpétuelles, » depuis le sommet des montagnes jusqu’au bord des falaises, et cela au premier février, moment le plus chaud de l’année. Mais ce qui est plus extraordinaire encore , c’est que dans nie de Géorgie, dont la latitude sud, de 54°, répond au parallèle du Yorkshire, la ligne des neiges perpétuelles s’abaisse jusqu’au niveau de l’Océan. Or, quand on considère ce fait, et qu’on se rappelle que les plus hautes montagnes de l’Écosse, qui ont près de 5,000 pieds (plus de 1,500 mètres) d’élévation, et qui sont à 4° plus loin de l'équateur que l’tle de Géorgie, n’atteignent pas le niveau des neiges perpétuelles, du côté nord de la ligne, il devient évident que la latitude n’entre que pour une assez faible part dans les causes nombreuses et puissantes qui concourent à déterminer le climat de certaines régions du globe. Dans l’exemple que nous venons de citer, la
capitaine Parry, qui parvint à la latitude de 81° 12' 51' nord. En 1831 et 1832, le capitaine Biscoe découvrit les terres de Graham et d’Enderby, la première située au sud de la nouvelle Shetland méridionale, entre les 61e et 68e degrés de latitude sud; et l’autre ,”à la même latitude, mais sur le méridien de Madagascar. Journ. of Roy. Geograph. Soc. of London (Journal de la Société royale de Géographie de Londres) , 1833, p. 103.