G DIFFÉRENCE DE CLIMAT (LIVRE I
permanence des neiges dans l'hémisphère sud est due en partie aux glaces flottantes qui refroidissent l'atmosphère et condensent les vapeurs , au point, qu’en été même, le soleil ne peut se faire jour au travers de l'air brumeux qui résulte de cette condensation. Mais l’abondance des glaces dont la mer est cbuverte au sud de l île de Géorgie et de la terre de Sandwich, n’est pas probablement, ainsi que le donne à entendre M. dellumboldt, la seule cause notable du froid intense qui règne dans ces contrées; il est à croire que l’absence de terre qu’on remarque entre elles et les tropiques’ doit y contribuer pour beaucoup aussi.
Si l’Afrique et la Nouvelle-Hollande s’étendaient davantage vers le sud, la quantité de glaces qu'on observe dans l’hémisphère austral diminuerait inévitablement par suite de la chaleur rayonnante qui, durant l’été, émanerait de ces continents, et réchaufferait la mer adjacente, en même temps qu’elle raréficrait l’atmosphère. On conçoit aisément que les courants d’air ainsi échauffés tempéreraient la rigueur de l’hiver, et qu’en outre, ils s’élèveraient et se précipiteraient d’une manière plus rapide vers le pôle sud. Ce qui vient à l’appui de ce raisonnement, c’est de voir « la calotte de glace qui entoure, le pôle jusque vers les 71e et 68e degrés de lat.S., avancer davantage vers l’équateur, partout où elle trouve une
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mer libre, c’est-à-dire, là où les extrémités pyramidales des grands continents ne leur sont pas opposées^),»— circonstance qui paraît ne pouvoir s’expliquer que par l’hypothèse à laquelle nous faisions allusion tout à l'heure, relativement à la chaleur rayonnante provenant des continents qui offrent cette forme.
I.e capitaine Cook pensait que le froid des régions antarctiques devait être attribué à la présence d’une grande étendue de terre ferme entre le 77e degré de lat. S. et le pôle. Dans tous les cas, il est digne de remarque que même aujourd’hui, après les observations faites pendant les voyages les plus récents, il reste constaté que la portion non encore explorée des contrées situées autour du pôle sud surpasse de beaucoup le double de l’Europe (**). Quelques géographes sont d’avis que la découverte récente des terres de Graham et d’Enderby (entre les Ci* et 68e degrés de lat. S. ) , auxquelles le capitaine Biscoe suppose une grande étendue, doit concourir à fortifier l’opinion du capitaine Cook; car, *bien que ces régions soient situées sous des latitudes semblables à celles où, dans l’hémisphère nord, non-seulement
(') Il umboldl ; Des Lignes Isothermes.
(*■) Je tiens de M. Gardner que la surface de l’Europe est d'environ 2,793.000 milles géographiques carrés, et celle de la région antarctique dont il s’agit, de 7,620,000 a peu près.
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on rencontre de nombreuses troupes d’animaux sauvages, mais où l’homme lui-même existe, et où son industrie a créé des ports et des villages, elles offrent en tout temps l’image de l’hiver, le s.ol y étant, même en été, presque entièrement couvert de glace et de neige; enfin, ajoutons pour compléter le désolant tableau que présentent ces contrées, que le règne animal n’y compte qu’un très-petit nombre de représentants.
Les distances auxquelles les champs de glaces se rapprochent de l’équateur, sont, autant que les observations faites jusqu'à ce jour permettent d’en juger, bien différentes des deux côtés opposés de la ligne. En général, dans l’hémisphère nord, leur limite extrême ne dépasse pas le 40* degré de latitude. On les rencontre quelquefois au 42e, près de l’extrémité du grand banc de Terre-Neuve, et vers les Açores, où ils se trouvent poussés en sortant de la baie de Baffin. Dans l’hémisphère sud , ils ont été vus, pendant ces dernières années , entre les et 39e degrés de latitude’, en divers points , à la hauteur du cap de Bonne- Espérance (*). Une de ces masses ( voyez Fig. 6) avait deux milles
O Un Icebergs in low Latitudes (Sur les champs de glaces observés dans les basses latitudes), par le capilainç llnrsburgh a qui est dû le dessin représenté lig. 6 Phil. Trans., 1830
chai', vu.) ENTRE I. IIKM. N. ET L IIKM. S.
Champ i le glatet vu par la latitude du eap de llonne-Etpéranee , en arril 1829. l.al. 39» 13’ S. Long. 48» 46’ Etl.
( les ’ d’une lieue environ ) de circonférence, et 150 pieds (4-6 mètres) de hauteur. Il ressemblait à de la craie, quand le soleil ne l’éclairait pas, et offrait l'aspect du sucre raffiné, quand, au contraire, il était frappé des rayons de cet astre. D’autres , en s’élevant de 250 à 300 pieds (76 à 91 mètres environ), au-dessus de la surface de la mer, faisaient juger de l’énormité de leur volume total; car on sait, d’après des expériences sur les glaces qui flottent dans l’eau de mer, que chaque pied cube (1 pied cube anglais = O"' 0283 15312) de glace qui dépasse le niveau de l’Océan, correspond à huit pieds cubes (0m c 226522li96). au-dessous (’). Si les lies de glaces qui viennent des
(*) Scoresby’s Arche Ucgions, >ol. i , p. 23t.