CAUSES DES CHANGEMENTS
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régions polaires boréales descendaient jusqu’à des latitudes aussi basses que celles de l’hémisphère sud, elles pourraient atteindre le cap Saint-Vincent; et de là , se trouvant entraînées par le courant qui se dirige de l’Atlantique à la Méditerranée, par le détroit de Gibraltar, elles auraient bientôt couvert de brumes et de nuages le beau ciel des régions privilégiées qui bordent cette dernière mer.
Avant que la différence entre les températures des deux hémisphères eût été numériquement déterminée, plusieurs astronomes l’attribuaient à l’ellipticité de l’orbite terrestre, ou à l’accélération du mouvement du globe dans son périhélie, — accélération d’où résulte que le printemps et l'été de l’hémisphère austral sont, à l’époque actuelle, de huit jours plus courts que les saisons correspondantes de l’hémisphère boréal. Quant à sir J. Herschel, il est d’avis que cet excès de durée de la présence du soleil dans l’hémisphère nord n’est susceptible de produire aucune différence annuelle dans la quantité de lumière et de chaleur que cet astre envoie à la terre; puisqu’on peut démontrer, d’après les lois du mouvement elliptique , que , quelle que soit l’excentricité de l’orbite de la terre , les deux hémisphères doivent recevoir annuellement des quantités absolues de lumière et de chaleur parfaitement égales, la proximité du soleil , au périgée,. compensant exactement l’effet
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qui résulte de l’accélération de son mouvement (‘). D’un autre côté, M. de Humboldt fait observer que « l’accumulation de la chaleur doit être moindre dans l’hémisphère sud, à cause de l’émission de la chaleur rayonnante qui y a eu lieu pendant un hiver plus long (*’). »
Bien qu’une telle cause de perturbation ne produise peut-être qu’un elTet très-peu sensible, le géologue ne doit cependant pas perdre de vue, qu’elle agit alternativement, dans certaines limites, sur chacun des deux hémisphères, pendant une période de plus de 10,000 années, partageant d’une manière inégale les temps durant lesquels s’opère la distribution annuelle de lumière et de chaleur que le soleil envoie à la terre. Cette cause, qui peut tendre parfois à contrebalancer les inégalités de température dues à des cir-
(*) Cette conséquence, dit Hcrsehel , résulte d'un théorème extrêmement simple que l'on peut énoncer ainsi : — « La quantité de chaleur que la terre reçoit du soleil dans le temps qu’elle met à parcourir un arc quelconque de son orbite, est proportionnelle à l'angle décrit autour du centre du soleil. » Ainsi donc, si on partage l’orbite de la terre en deux portions, par une ligne tirée dan s quelque direction que ce soit , mais passant par le centre du soleil , on peut être assuré que les quantités de chaleur reçues par la terre dans le temps qu’elle emploie à décrire les deux segments inégaux de l’ellipse, sont égales. Geol. Trans., vol. m, part, il, p. 298, second sériés.
(*‘) Des Lignes Isothermes.
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