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CAUSES DES CHANGEMENTS

constances beaucoup plus puissantes , doit , par suite de certaines combinaisons de causes diverses, amener aussi quelquefois une augmentation de ces mêmes inégalités.

Au reste, quelle que puisse être aujourd'hui l’infériorité de la chaleur dans les zones tempérée et glaciale de l'hémisphère sud, par rapport aux zones correspondantes de l'hémisphère nord, toujours estil que le froid y serait bien plus intense encore, si l’espace compris entre les 55e et 70e parallèles était occupé par quelque grande étendue de hautes terres au lieu de l’être par une mer libre. I)e même, aussi, le froid y serait beaucoup moins vif, si l'espace qui s’étend depuis la ligne jusqu’au 45e degré de latitude sud renfermait plus de terre.

Des modifications de climat auxquelles peuvent donner lieu des changements dans la position respective des terres et des mers. — Aux remarques que nous venons de présenter sur la distribution de la chaleur à la surface du globe, dans son état actuel, nous ajouterons quelques considérations sur les changements dans le climat qui doivent résulter des variations incessantes qu’éprouve la surface de notre planète, et que la géologie a pour but d’étudier. Mais, pour que nos considérations ne s’écartent pas des limites les plus strictes de l'analogie, nous supposerons : 1° que la proportion

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des terres et des mers reste toujours la même a la surface du globe; 2° que le volume des terres s'élevant au-dessus du niveau de la mer, est une quantité constante, et que non-seulement la hauteur moyenne de ces continents, mais même leur hauteur extrême,ne sont sujettes qu’à des variations très- légères; 3° que les profondeurs moyenne et extrême de* la mer sont invariables; 4° enfin, que la réunion des terres en un petit nombre d* grands continents est une suite nécessaire de l’ordre de choses actuel. 11 est. en effet, fort possiblô que les lois qui gouvernent les forces souterraines et qui agissent simultanément suivant de certaines lignes, ne puissent produire, à chacune des époques auxquelles elles manifestent leur action, que des chaînes de montagnes continues, ce qui, naturellement, empêcherait la subdivision de la terre ferme en un grand nombre d’îles.

Si à cela on objecte que suivant toute probabilité, ni le maximum d’élévation des continents, ni le maximum de profondeur des mers ne sont constants: que le groupement des terres en de grands continents ne semble pas l’être davantage, et qu’il en est peut-être de môme de l’étendue relative des terres et des mers, je répondrai que les arguments que l’on peut opposer à cette objection , loin d’être sans valeur, acquerront d’autant plus de force, que l’état de la surface du

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globe s’éloignera davantage de l’ordre de choses qui y régne aujourd’hui. Si , par exemple , toutes les autres circonstances restant les mômes la terre se trouvait, à une certaine époque, divisée en un plus grand nombre d’iles qu’à une autre époque, le climat prendrait un caractère plus uniforme, bien que pourtant la température moyenne restât la môme. D’un autre côté, si une chaîne de montagnes plus élevée que ("Himalaya venait à surgir, #ous de hautes latitudes, il en résulterait une augmentation très-sensible de froid. Enfin, si l’on suppose qu’il y ail eu un moment où aucune chaîne de montagnes ne s’élevait au delà de 10,000 pieds (plus de 3,000 mètres), on devra, dès lors , admettre qu’à cette époque la température était de beaucoup supérieure à celle qu’aurait déterminée l’existence de montagnes trois fois plus hautes.

Quelque constante que puisse ôtre la proportion relative des mers et des terres , leur position géogra- phique respective n'en présente pas moins quelque légère variation annuelle. 11 ne se passe pas de siecle non plus, sans que, par suite des tremblements de terre qui ont lieu tantôt sur un point et tantôt sur un autre de la surface du globe, les continents et le fond de l’Océan n’éprouvent quelques soulèvements et quelques dépressions. Or, c’est à l’aide de ces changements incessants, et de diverses autres modifications encore, que le fond de la mer s’est trouvé

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DK TEMPKRATURK.

soulevé jusqu’à la hauteur de quelques-unes des nion- •' tagnes les plus élevées , et que la configuration de la surface de la terre a subi plusieurs transformations générales, depuis qu’elle sert de demeure à des êtres organisés. L’imagination est vraiment effrayée, quand elle s’arrête à la considération de toutes les irrégularités qui, à partir de cette époque, *se sont produites dans l’écorce du globe. Toutefois, si l’on tient compte du temps que ces irrégularités ont pu mettre pour s'accomplir, il n’est plus nécessaire, pour les expliquer, de recourir à un ordre de choses différent de celui qui existe aujourd’hui. On voit d'ailleurs, que le résultat de ces changements est, en général, insignifiant; car les chaînes de montagnes les plus hautes n’apportent qu’une modification presque insensible à la sphéricité du globe. A cette occasion , nous citerons le Chimborazo , qui , bien qu’il s’élève à plus de 21,000 pieds (6,400 mètres) au-dessus du niveau de la mer, ne devrait être représenté sur un globe de six pieds (lm,8) environ de diamètre, que par un grain de sable de moins de ~ de pouce (un peu plus d’un millimètre) d’épaisseur (*).

Mais indépendamment de ce que les inégalités superficielles du globe doivent être regardées comme étant très-peu considérables, leur distribution à une

C) Maltcbrun, Prdiis de GÉograpbie , livre i, p. fi.

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époque donnée quelconque doit être considérée, en géologie, comme une circonstance qui n’a rien de permanent, et qui.'sous ce rapport, pourrait être comparée à la forme que présente le cène du Vésuve, dans l’intervalle de deux éruptions. Quelque peu importante, toutefois, que puisse être l’inégalité de la surface du globe relativement à sa masse totale, il n’en est pas moins vrai que c’est de la position et de la direction des faibles irrégularités dont nous venons de parler, que dépendent principalement l’état de l’atmosphère ainsi que le climat général et local.

Avant d’examiner l’elTet qu’un changement matériel dans la distribution des terres et des mers doit produire, nous ferons remarquer à quel point la vie organique peut être affectée par telles ou telles petites variations, qui sont pourtant sans effet sur la température générale. Si l’on suppose que par suite d’un grand nombre de convulsions souterraines, une partie du Groenland se trouve transformée en mer, et qu’une vaste étendue de terre ferme soit soulevée, et remplace la portion d’océan qui sépare aujourd’hui le Spitzberg de la Laponie ( soulèvement qui , apres tout, ne produirait pas dans la terre ferme un accroissement plus considérable que celui qui. à une époque moderne , a eu lieu en certains points des rivages de la Méditerranée), on concevra comment une pareille altération dans la forme des

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DE TEMPERATURE

continents dont il vient d’être question , pourrait occasionner un échange entre le climat de certaines contrées de l’Amérique du nord , et celui de plusieurs régions européennes , situées sous des latitudes correspondantes. On comprendra, en outre, qu’un grand nombre d’espèces d’animaux et de plantes, originaires de ces deux continents, périraient par suite de l’abaissement considérable qu’éprouverait la température moyenne de l’Europe , et de l'élévation qui se manifesterait.au contraire, danscellcde l’Amérique septentrionale. D’un autre côté, dans les lieux ou la température moyenne annuelle ne subitaucune altération, quelques-unes des espèces qui prospèrent en Europe, où les saisons sont plus uniformes que dans l’Amérique du nord, ne pourraient résister à la chaleur plus vive des étés, ni au froid plus intense des hivers de cette dernière contrée. Telles autres espèces, au contraire, qui aujourd’hui sont accoutumées au contraste excessif des saisons américaines , ne sauraient s'accommoder du climat insulaire de l'Europe. La vigne, suivant M. deHumboldt, peut être cultivée avec avantage en Europe, jusqu’à 10" plus au nord que dans l’Amérique septentrionale. Plusieurs plantes endurent pendant l’hiver un froid rigoureux, tout en ayant besoin, l’été, d’une certaine intensité de chaleur et d’une certaine quantité de lumière. pour que leurs 'graines 'puissent atteindre a

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