ET CLIMAT CO.VTEMPOUAI.V
Cette donnée se trouve aussi confirmée par plusieurs botanistes qui, après avoir étudié avec soin la végétation de la période carbonifère, ont reconnu qu’elle offre le caractère d’une flore insulaire," semblable à celle que pourraient produire, sous un climat tropical et humide, des îles éloignées de tout continent.
On ne connaît point encore d’exemples bien authentiques de débris de sauriens trouvés dans aucune couche de la série carbonifère (*); mais, comme à l’époque actuelle , les grands reptiles ovipares habitent ordinairement les rivières situées sous des latitudes très-chaudes, il s’ensuit que si dans le groupe en question, on rencontrait à l’état fossile autant de crocodiles cl d’autres animaux de la même classe qu’il s’en trouve dans, quelques formations secondaires plus récentes, on devrait en conclure l’existence ancienne de rivières arrosant de vastes continents. On n'a point rencontré non plus de débris de mammifères terrestres dans la série carbonifère, — circonstance qui est considérée par quelques géologues
(*/ Les dénis supposées de soutien que le docteur Hibberi a Irotnées dans le grès carbonifère de liurdiehouse , près d’Édunbourg, ont, depuis, été rapportées, avec toute la certitude possible, à un poisson sauroidc, par le docteur Agassiz. Quant au» outres débris découverts à Ardvvick, près de Manchester, cl attribués également à un saurien , il est extrêmement probable qu’ils appartiennent aussi à un poisson.
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comme la preuve de la non-existence, dans les premiers âges du globe, des animaux appartenant aux ordres les plus élevés de la création. Il se pourrait, cependant, que ce Tait fût lié à l'état géographique de l’hémisphère nord, lors de l’époque dont il s’agit; car on a observé qu’un des caractères généraux des petites lies éloignées des continents est le manque absolu de quadrupèdes terrestres, à l’exception de ceux qui semblent y avoir été introduils par l’homme. Quoique d’une étendue assez considérable, la terre de Kerguelen, située par VJ" 20' de latitude S., — parallèle correspondant à celui des îles Sciily, — olTre un très-bon exemple à l’appui de cette remarque. Il en est de même de tous les groupes d’îles si fertiles qui peuplent l’Océan Pacifique, entre les tropiques; on n v a rencontré aucun quadrupède, si ce n’est le chien, le cochon et le rat, qui , très-probablement, y ont été apportés par les naturels. Quant aux chauves-souris que l’on y a trouvées, il est à croire qu’elles y sont parvenues en longeant la chalncd’llcsqui s'étend à partir des côtes de la Nouvelle-Guinée , jusques et fort avant dans l’Océan Pacifique méridional (*). Mais ce qui est plus remarquable encore, c’est que la Nouvelle-Zélande, qui, sous le rapport de l’étendue, peut être comparée
. l‘) l’rit hard's Phys. Hisl. of Mankind ( Histoire physique de la raie humaine, par Prichard), vol. I. p. 7.»
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à l’Irlande et à l'Ecosse réunies; qui embrasse un espace de plus de700 milles (250 I. environ) dans le sens de la latitude, et offre, en quelques endroits, un développement de 90 milles (33 I. env.) en largeur; et qui, enfin, présente des régions variées, un très-beau climat, et un sol situé à toutes hauteurs jusqu’à 14,000 pieds (plus de VOOO1"), ne possède , en fait de quadrupèdes indigènes, qu’un rat de petite espèce (*). Cette circonstance est d’autant plus extraordinaire que l’extrémité septentrionale de la Nouvelle-Zélande s'étend jusqu’au 3V parallèle, latitude sous laquelle la chaleur du climat doit beaucoup favoriser le développement de la vie organique.
En résumé, les divers caractères que présentent les strates carbonifères peuvent être énumérés ainsi : — continuité du calcaire de montagne marin sur de ’ vastes espaces; — roches fragmentaires dont l’origine semble devoir être attribuée à la dégradation d’tles préexistantes; — aspect sous-marin des produits volcaniques ; — caractère insulaire de la flore dont ces strates renferment les débris;' — absence de grands reptiles lluviatiles, eide quadrupèdes terrestres; — en un mot , ensemble de circonstances qui concourent à fournir la preuve que l’hémisphère boréal a jadisété occupé par un grand océan, parsemé, comme
(■*) Darwins Journal, p. 511.
Mi CHANGEMENTS DE LA SL'BFACE Liviir i ,
la partie méridionale de la nier Pacifique, de petites Iles , ou de continents de moyenne grandeur, et de volcans insulaires ou sous-marins. Or, il a été déjà prouvé qu’une telle combinaison de circonstances géographiques devait donner lieu, sur tout le globe, à une grande chaleur et à une grande uniformité de climat , à moins que d’autres causes agissant en sens contraire dans l’hémisphère austral, ne vinssent à en neutraliser les effets.
Des changements qui sc sont produits dans lu géographie physique, entre l'époque de l'accumulation des strates carbonifères et celle de la formation de la Craie. — Parmi les diverses strates dont sc compose, en Angleterrc , le groupe carbonifère, plusieurs ont été fracturées, contournées, et sont même souvent devenues verticales, avant le dépôt de certaines couches secondaires moins anciennes, telles que le nouveau grès rouge, par exemple.
Outre que l’on trouve quelquefois des fragments de roches anciennes dans des conglomérats formés de roches plus modernes , parfois aussi il arrive que ces fragments conservent les coraux et les boquilles fossiles qui leur sont propres, de sorte que l’on peut déterminer par là les roches d'où ils proviennent. Mais cette preuve n’est pas la seule qui atteste le dérangement qu’à diverses époques successives ont