CHAI'. IX. A DKS ÉPOQUES SUCCESSIVES
équisétacées, présenlcnt les types les plus parfaits de la classe des cryptogames. Quant aux débris de monocotylédones que renferment ces mêmes strates, ils consistent en palmiers et en plantes analogues au dragonier, au bananier et au Maranta Arundinacea. qui forment les familles les plus complètement déve-^ loppées de cette classe. Parmi les dicotylédones de la période carbonifère, on remarque un grand nombre de Conifères auxquels se trouvent associées des Stigmarias fossiles. Ces végétaux, dont le genre est voisin des cactées ou des euphorbiacécs , appartiennent probablement aux plantes les plus parfaitement organisées de la classe des dicotylédones. « Mais lors même, continuent les auteurs déjà cités, que l’on pourrait démontrer que ni les Conifères, ni aucune autre plante dicotylédone n’existaient lors du pre- ' mier Age géologique de la végétation terrestre , la théorie du développement progressif n’en resterait pas moins insoutenable ; car il serait toujours nécessaire de prouver que les monocotylédones occupent dans l’échelle de la végétation un rang moins élevé que les dicotylédones, ou, en d’autres termes, qu’ils ont une organisation moins parfaite. Or, il s’en faut tellement qu’il en soit ainsi, que si l’on n’admettait pas une égalité complète entre ces deux classes, on en serait réduit à douter si l’organisation des monocotylédones n’est pas supérieure à celle des dicotylédones, et si ,
THÉORIE DU DÉVEL. PROGRESSIF (livre I,
sous le rapport de la dignité, les palmiers ne remportent pas sur les chênes, et les céréales sur les orties. »
La plus grande partie des restes organiques que renferme l’écorce du globe, consiste en testacés et en coraux ; les ossements d’animaux vertébrés ne s'v trouvent, comparativement, qu’en très-petit nombre. Parmi ces ossements, les plus abondants sontceuxqui appartiennent à des poissons; puis ceux de reptiles; et enfin les débris de mammifères terrestres, qui sont beaucoup plus rares que les autres. Cette proportion paraîtra toute naturelle, si l’on considère le fait admis généralement aujourd’hui, que le plus grand nombre des strates fossilifères a été déposé sous la mer, et que probablement, jadis, comme à présent, l’Océan occupait la majeure partie de la surface du globe. Toutefois, on ne doit pas trop se hâter d’inférer de l’ab- ' sence d’ossements fossiles de mammifères dans les couches anciennes, que lors des premières époques géologiques, il n’existait aucun animal appartenant à la classe la plus élevée des vertébrés. Tl est actuellement certaines régions de la mer Pacifique et de l’océan Indien, non moins étendues que l’Europe et l’Amérique du Nord, dont on pourrait draguer le fond sans y rencontrer un seul débris de quadrupède terrestre. tout en y trouvant des milliers de coquilles et de coraux. D’après cela, si des navigateurs venaient