‹ Principles De GeologieChapitre 131 sur 159 · CH AP. IX.) A DES ÉPOQUES SUCCESSIVES · texte numérisé non relu

CH AP. IX.) A DES ÉPOQUES SUCCESSIVES

gés, eu égard à ia perfection ou à la complication de leur structure.

Toutefois, on a supposé que l’ordre des Marsupiaux, auquel sont rapportés les animaux fossiles de Stonesfield , constitue le dernier degré de la classe des Mammifères, et que les individus de cet ordre dont le cerveau est de la forme la plus simple, ont une intelligence extrêmement bornée. Si donc, les Marsupiaux étaient les seuls quadrupèdes à sang chaud qui, jusqu’à la période oolithique, eussent vécu à la surface de notre planète, le fait confirmerait la théorie qui cherche à établir que dans chacune des divisions du règne animal, les formes les plus simples ont toujours précédé les plus compliquées ; mais on voit combien l’appui sur lequel repose cette importante conclusion est peu solide ! L'Australie ne contient, à en juger du moins par les diverses parties qui, jusqu’à ce jour, ont été explorées, d’autres quadrupèdes indigènes que ceux dont, à l’exception de quelques petits rongeurs, se compose l’ordre des Marsupiaux; tandis qu’au contraire, certaines îles voisines, situées au nord de ce continent, et môme la partie méridionale de l’Afrique, dont la latitude correspond à celle de l’Australie, abondent en mammifères de toutes sortes, à l’exception des Marsupiaux.

Nous ne pouvons expliquer à quelles lois physiologiques, ou autres, tient la diversité bizarre que pré-

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sentent les mammifères vivants dans le choix de leur habitation. Lors même qu’à l’époque de I’oolilhe de Stonesfield , l’Europe n’eût été habitée que par des Marsupiaux , il n’y aurait rien d’impossible à ce que des mammifères appartenant à des ordres plus élevés, eussent vécu contemporainement sur d’autres continents. I)u reste, quand nulle autre famille n’eût

existé alors, cela ne serait point une raison pour attribuer un tel état de la création animale à l’âge peu avancé de notre planète ou du monde animé. Il se pourrait que des causes entièrement inconnues eussent imprimé à la faune récente de l’Australie, un caractère aussi particulier, et que l’influence générale d’un état de choses analogue eût donné lieu, partout, à une prédominance semblable des diverses familles de Marsupiaux.

Quoique postérieures à l’oolithe de Stonesfield, et quoique renfermant un très-grand nombre de débris d'oiseaux de plantes terrestres, et de grands reptiles, tant terrestres qu’aquatiques , les strates Wcaldiennes n’ont encore fourni aucun ossement de Marsupiaux. Quand on admettrait, d'après d’aussi faibles données, qu'aucun quadrupède à sang chaud ne vivait à cette époque sur tout l’hémisphère nord, il resterait encore à rechercher si, dans l’ordre des vertébrés, l'absence complété d une classe de l’importance qu’a celle des mammifères, et le grand développement de celle des

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reptiles, impliqueraient une déviation des lois fixes et uniformes qui se manifestent à travers les vicissitudes de la création animale; — lois analogues à celles qui apparaissent d’un siècle à un autre pour déterminer la croissance de certaines familles de plantes et d'animaux dans les régions arctiques, et favoriser le développement de certaines autres dans les contrées tropicales.

En Australie, dans la Nouvelle-Zélande, et dans plusieurs autres parties de l’hémisphère méridional, ou les quadrupèdes terrestres indigènes sont de petite taille, et peu nombreux, comparativement, les reptiles ne se font remarquer non plus ni par leur grandeur, ni par leur nombre, lise pourraitqueles dépôts formés a l’embouchure d’une rivière de l’Australie, sous la zone tropicale, ne continssent d’autres ossements que ceux de quelques petits marsupiaux , qui , comme les fossiles de Stonesfield , ne seraient découverts, par la suite des temps, qu’avec beaucoup de peine par les géologues; mais dans ces mêmes dépôts, on ne rencontrerait ni mégalosaures, ni d’autres débris fossiles, propres à constater que de grands sauriens abondaient sur les continents et dans les eaux, alors que les mammifères étaient très-peu nombreux. Cet exemple ne peut donc nous offrir aucun terme rigoureux de comparaison, par rapport à l’état dans lequel on supposerait le règne animal, lorsque, à le-

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poque des formations secondaires , l’Europe jouissait d’une température très-élevée.

Néanmoins, il peut être utile de rechercher jusqu’à quel point s’étend l’analogie entre les anomalies qui se remarquent aujourd’hui dans le développement géographique des différentes classes de vertébrés , et la manière d’être qui caractérisait l’organisation animale dont la géologie nous révèle l’ancienne existence. I)e nos jours, on ne trouve dans les régions arctiques que de petits reptiles ; quelquefois même, cet ordre d’animaux manque complètement dans des contrées remplies d’oiseaux, de grands quadrupèdes terrestres, et de cétacés. C’est ainsi, par exemple* qu’on rencontre des ours, des loups, des renards, des bœufs musqués, des daims, des walrus, des veaux marins, des baleines et des narwals , dans des régions couvertes de neige et de glace, où l’on trouve à peine quelques serpents, quelques lézards et quelques grenouilles appartenant aux espèces les plus petites.

Un état de choses plus anomal encore se présente dans l’hémisphère austral. Aucune espèce de reptiles ne s’y rencontre, même dans les parties de la zone tempérée, situées entre les 52' et 56' degrés de latitude sud, à la Terre de Feu, par exemple. La région boisée qui se trouve immédiatement au nord du détroit de Magellan, et les lies Falkland, offrent la même particularité. Ces diverses contrées cependant, ren-

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