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ferment des guanacos (espèce de lamas) , des conguars, un daim, une grande espèce de renard, plusieurs petits rongeurs, ainsi que des veaux marins, des loutres, des marsouins, des baleines et divers autres cétacés.
Quant aux grandes lois de physiologie animale auxquelles sont subordonnés ces phénomènes remarquables, L’état actuel de la science ne permet pas de les pénétrer. On ne saurait prévoir non plus, si quelque jour un état atmosphérique opposé à celui qui existe à présent, tant à l'égard de la chaleur et de l’humidité que de diverses autres circonstances, amènera, dans la vie animale, un ordre de choses contraire a celui dont on vient de parler, c’est-à-dire, un ordre de choses qui, en favorisant le développement des reptiles de toute espèce et de toute dimension , entraînerait la destruction de tous les mammifères.
Cestdans l’archipel desGallapagos que se rencontre la faune la plus analogue à de telles circonstances. Ges îles, situées sous l’équateur, à 000 milles (217 lieues) environ, à l’ouest des côtes du Pérou, ont reçu la dénomination de « terre à reptiles, » tant est considérable le nombre de serpenls, de grandes tortues et de lézards qu’elles contiennent. Parmi ceux-ci, ligure la première espèce vivante, particulière à l’Océan, que l’en ait découverte. Bien que plusieurs de ces îles aient de 3 à 4,000 pieds (900 à
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1,200 mètres environ) de hauteur, et que l’une d’entre elles ait 75 milles (27 lieues) de long, on n'y trouve d’autre mammifère indigène qu’une souris de petite espèce. Toutefois, la mer voisine renferme des veaux marins et diverses espèces de cétacés (’’).
On ne peut raisonnablement s’attendre à trouver plus d’analogie entre la faune actuellement existante, en quelque partie du globe que ce soit, et celle qui subsistait lors de la formation des terrains secondaires; car on ne doit jamais oublier que la coexistence d’une température moyenne annuelle, semblable à celle qui règne maintenant à l’équateur, et de l’inégalité des jours et des nuits, qu’on observe sous les latitudes européennes, devait constituer un état de choses tout à fait autre que celui qui caractérise l’époque actuelle, et donner lieu à des climats complètement différents de ceux qui dominent aujourd'hui sur le globe. Or, on conçoit sans peine que le type du règne animal et du règne végétal, propre à de tels climats, différerait presque autant de celui qui appartient aux climats actuels, que la flore et la faune de nos régions tropicales diffèrent de celles des contrées arctiques.
Fossiles des formations tertiaires. — L’accumula-
(•) Darwin's Journal, cb. XIX. Éléments de Géologie, p. 462.
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tion des strates tertiaires ne s’effectua, ainsi que cela a été déjà établi, que lorsque la géographie physique de l’hémisphère nord eut subi une modification complète ; lorsque, par exemple, une multitude de grands lacs intérieurs se furent formés dans la partie centrale de la France, ainsi que dans plusieurs autres contrées, et que la mer présenta des golfes dans lesquels venaient se décharger de grands fleuves, et où se déposaient des strates analogues à celles du bassin de Paris, La même époque donna aussi naissance à plusieurs formations littorales, telles que les faluns de la Loire , et le Crag anglais.
Les grandes étendues de terre sèche qui avoisinent les mers et les lacs des périodes tertiaires, expliquent, en très-grande partie, pourquoi les débris d’animaux terrestres, si rares dans les couches anciennes, se rencontrent assez fréquemment dans les dépôts plus récents de l’époque que nous considérons. Cependant, ces dépôts mêmes passèrent quelquefois pour ne contenir aucun débris de mammifères, et cela, longtemps après que la grande quantité de testacés , de poissons et de reptiles fossiles qu’ils renferment, les avait déjà rendus célèbres. Le calcaire grossier, par exemple, qui constitue une des formations marines des environs de Paris, a fourni aux collecteurs plus de 1,100 espèces de coquilles, sans compter des zoophytes , des échinodermes et
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des dents de poissons, avant qu'on y ait rencontré les ossements d'un ou deux quadrupèdes terrestres seulement. En Angleterre, les strates qu'on désigne sous la dénomination d’argile de Londres et d argile plastique, ont été étudiées pendant plus d’un demisiècle, sans qu'on y ait découvert un seul mammifère. Ce n’est qu’en 1839 qu'on y a trouvé les ossements d’un singe', un opossum, une chauve-souris (*), et une espèce du genre éteint Hyracotherium , voisine de la famille des pécaris ou cochons. Jusqu'alors, on n’y avait observé qu’un très-grand nombre de coquilles (400 espèces environ), 50 espèces de poissons au moins, et plusieurs variétés de chéloniens et de sauriens.
Lorsqu'on passe en revue les strates qui , en Angleterre, sont situées au-dessusde l’argile de Londres, on rencontre d’abord, dans l’ile de Wight, et dans des lits appartenant aussi à la période Eocène, des débris dp Paléothérium, d’Anoploterium, et de divers autres quadrupèdes éteints, qui offrent la plus grande analogie avec ceux que Cuvier découvrit, le premier, aux environs de Paris, dans des terrains du même âge, et également d’origine d’eau douce.
Après ces strates, vientimmédiatement, dans l’ordre
(’) Taytor's Aimais of nat. hist. (Annales d’histoire naturelle par Taylor) Nov. 1839.
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ascendant de la série britannique, le cragcorallin de Suffolk. formation Miocène marine, qui, outre plusieurs espèces de coraux, d’échinites, de foraminifères et de poissons, a fourni 3 ou 400 espèces de coquilles dont 20 pour cent à peu près sont récentes. Jusqu’à présent, on n'y a rencontré aucun débris qui puisse être attribué avec certitude à quelque mammifère.
Au crag corallin succède, dans la série Miocène, un certain sable coquillier. auquel, dans le comté de Suffolk, on a donné le nom de Crag Rouge. On a reconnu dans ce sable, environ 250 espèces de coquilles, dont 30 pour cent, à peu près, sont récentes. Outre ces coquilles , on trouve dans le même sable un très-grand nombre de dents de poissons; mais ce n’est qu’en 1839 que l’on y a découvert des débris de quadrupèdes à sang chaud. Quelques dents de léopard, d’ours, de cochon, et d’une certaine espèce de ruminant, ont été trouvées àNewbourg, dans le corn té de SulTolk. et dans des circonstances qui ne permettent guère de douter qu’elles n’aient appartenu à des animaux contemporains du Crag Rouge (*).
Un dépôt plus récent encore est le Crag de Norwich.
C) Voyez la notice que l’auteur du présent ouvrage cl le professeur Owcn ont insérée a ce sujet dans « Taylor's Annals of nat. hist., Nov. 1839. »
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Cette formation fluvio-marine, qui date de la période Pliocène, contient un mélange de coquilles marines, fluviatiles et terrestres, dont 60 pour cent, à peu près, sont récentes. De plus, elle a fourni, depuis l’époque où elle a commencé à être étudiée , des ossements de mammifères appartenant aux genres mastodonte, éléphant, rhinocéros, cochon , cheval, daim, bœuf et à divers autres encore. Tout porte à croire que les corps de ces animaux avaient été entraînés dans la mer par des cours d’eau venant des continents dont le voisinage est indiqué par la présence de coquilles terrestres et d’eau douce.
Quadrumanes fossiles. — Quoique depuis longtemps déjà on fût parvenu à retrouver un très-grand nombre des mammifères perdus, tant carnivores qu’herbivores, que renferment les diverses formations tertiaires, il n’avait, jusqu’en 1836-1837, été découvert, à 1 état fossile, aucun ossement de quadrumanes, tels que des orang-outangs, des makis, des babouins et des singes proprement dits. L’absence totale de ces familles anthropomorphes, au milieu des monuments nombreux qui révèlent l’existence d’un ancien monde, avait conduit quelques naturalistes à supposer que le type d’organisation qui, dans l’échelle zoologique, se rapproche le plus de celui de l’homme, ne lui était que de très-peu antérieur , si, toutefois.
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on pouvait admettre qu'il le fût. J’ai déjà essayé de prouver que de telles généralisations étaient prématurées, en établissant dans les premières éditions de cet ouvrage (*), que les ossements observés jusqu’à présent dans les dépôts tertiaires , appartiennent, pour la plupart, à des animaux qui, comme l'éléphant, le rhinocéros, l’hippopotame, le tapir, le cochon, le daim et le bœuf, fréquentent les marais, les rivièresou les bords des lacs, tandis que les espèces qui vivent sur les arbres sont extrêmement rares à l’état fossile. J’aiditaussi que la science ne possédait pas de données suffisantes pour déterminer dans quel nombre on devait trouver les premiers avant d’en rencontrer un seul des autres. Enfin , j’ai reconnu que le climat des périodes Post-Éocènes , c’est-à-dire, des périodes tertiaires les plus modernes, n’avait pas dû être, en Angleterre, un climat tropical; et que, quant à l’argile de Londres, bien que les crocodiles, les tortues et les fruits fossiles qu’on y trouve, indiquent un climat assezchaud pour l’existence des quadrumanes, nous ne connaissions point assez les Pachydermes Êocènes d’Angleterre pour être surpris que l’on n’ait encore découvert aucun quadrumane dans les formations de cette époque.
(*) Voyez « Prineiples of (îeologv, » irr édition, 1830, vol, I, p. 152, et les éditions suivantes.
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Mais depuis 1829, époque à laquelle ces remarques ont été écrites pour In première fois, un grand nombre d’espèces éteintes, observées soit en Angleterre, soit en d’autres pays, sont venues s'ajouter aux mammifères des terrains tertiaires qui figuraient déjà dans les collections; et enfin, de 1836 à 1839, on a trouvé en France, en Angleterre, dans l’Inde et au Brésil, quelques restes de quadrumanes. Ceux de l'Inde, que l'on a reconnus appartenir à plusieurs espèces éteintes de singes, ont été découverts d’abord , près de Saharunpore, par 30° de latitude nord, dans des strates tertiaires dont l’àge n’est pas encore bien déterminé. Quant au fossile brésilien, il provient du bassin du Rio das Veillas, latitude 18* Sud environ, et doit être rapporté «à une forme qui, aujourd’hui, ne se rencontre qu’en Amérique. L’espèce en est détruite, mais le genre se rapproche beaucoup du genre Callithrix. Le crâne et les autres ossements que l’on a découverts dans le midi de la France, appartiennent à un gibbon, ou singe sans queue, — espèce qui, par ordre d’organisation , vient immédiatement après l’orang. C’est à Sansan , à quarante milles (15 lieues) environ à l’ouest de Toulouse, par 43° 40* de latitude nord , que ces fossiles ont été trouvés dans des strates d’eau douce , formées probablement lors de la période tertiaire moyenne ou Miocène. Enfin, le quadrumane anglais qui a été découvert en un
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point plus éloigné de l’équateur, et dans des strates plus anciennes que toutes celles où l’on avait rencontré les autres fossiles analogues, appartient au genre Macaque, mais l’espèce en est perdue. C’est dans le comté de Suffolk, par 52° de latitude nord (*) qu’il a
(*) Les premiers quadrumanes fossiles découverts dans l Inde furent observés en 1836, dans les collines de Sewalik, chaîne peu élevée de ('Himalaya, par les lieutenants Baker et Durand, qui en déterminèrent eux-mêmes les caractères ostéologiques (Journ. de la Soc. Asiat. du Bengale, vol. V, p. 739). L'année suivante, d’autres fossiles appartenant à la même classe d'animaux furent trouvés et décrits par le capitaine Cautley et le docteur Falroner. Us étaient, comme les premiers, engagés dans des couches tertiaires de conglomérat , <fe sable , de marne et d’argile des Sous- Himalayas. (Ibid., vol. V, p. 379, Nov. 1836, et vol. VI, p. 354, Mai 1837.)
Le quadrumane du Brésil fut découvert en 1837, avec un grand nombre d’aulrcs espères éteintes d'animaux , par un naturaliste danois , le docteur Lund , entre les rivières Francisco et Vellias , tributaires du Parana. .
Le gibbon du midi de la France fut trouvé par M. Lartct, vers le commencement de 1837, près d'Auch, dans une marne d'eau douce, mêlée de calcaire et de sable. C’est à M. de Blainvitle que l’on doit sa déterminai ion. Les ossements fossiles provenant de ce quadrumane étaient accompagnés de débris de mastodonte, de di notherium , de paléothérium , de rhinocéros, de ceux d’un paresseux gigantesque, et de divers autres quadrupèdes éteints.
Le quadrumane de la Grande-Bretagne, enfin, fut découvert en 1839 par MM. William Colchester et Searles Wood , à Kyson, près de Woodbridge, dans le comté de SulTolk II a été rapporté
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été trouvé enchâssé dans l’argile de Londres, formation dont les fossiles, tels entre autres que des crocodiles, des tortues, des nautiles et plusieurs fruits curieux, avaient déjà amené les géologues à conclure que la température de la période Éocène était trèsélevée et presque tropicale.
En définitive, le résultat de nos recherches sur l’évidence du développement progressif dans le règne animal et le règne végétal, se résumeainsienpeu de mots. A l’égard des plantes , on peutconsidérer celles qui caractérisent le grand groupe carbonifère comme étant les premières qui méritent une attention réelle, les empreintes que l’on trouve dans quelques-unes des roches fossilifères les plus anciennes, offrant trop peu de netteté pour qu’on puisse en tirer quelque induction utile. Loin de n’être représentées que par les formes les plus, simples de la Végétation , telles que les cryptogames, les plantes de la période carbonifère appartiennent, au contraire, à toutes les principales divisions du règne végétal. Au nombre même des trois ou quatre cents premières espèces qui ont été extraites du terrain houiller, on compte déjà plusieurs des formes les plus complètement développées.
au genre Macacuspar le professeur Owen. (Magasin d’hisl. nal. , Sept. 1839. Annales d’Iiist. nat. par Taylor, n" XXIII, Nov. 18119.)
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tant parmi les dicotylédones que parmi les monoeotylédones. D’après cela, n’est-il pas inutile de poursuivre plus loin cette partie de l’argument?
Si l’on passe ensuite à l’examen des débrisd’animaux que renferment les formations les plus anciennes, on trouve des débris et des squelettes de poissons, nonseulement dans le Vieux Grès Rouge, mais aussi dans quelques-uns des calcaires fossilifères primaires ou de transition, inférieurs à cette formation; ce qui revient à dire que l’on rencontre des animaux vertébrés dans les couches les plus anciennes dont, jusqu’à présent, les fossiles aient pu être déterminés avec exactitude.
Quant aux oiseaux et aux quadrupèdes, on n’en trouve ordinairement aucun reste dans les dépôts marins de quelque époque que ce soit, dans ceux mêmes où, comme dans le bassin de Paris, sont intercalées des formations d’eau douce qui renferment un très-grand nombre de ces fossiles. Les couches secondaires de l’Europe sont, pour la plupart, marines, aussi n’y connaît-on encore qu’un seul exemple de fossiles appartenant à des mammifères. Ces débris provenant d'individus de deux genres distincts, ont été trouvés dans le schiste de Stonesfield, roche qui fait, ainsi que nous l’avons déjà vu p. 376, incontestablement partie de la série Oolithiquc; et qui, à en juger par plusieurs circonstances indépendantes de la présence
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de ces fossiles, paraît avoir elé formée près de l'embouchure de quelque rivière.
Les divers groupes qui constituent la série tertiaire, ne renferment pas tous les mêmes fossiles. Ainsi, par exemple, les strates Éocènes, c’est-à-dire, les couches les plus anciennes de cette série, contiennent les débris d’un grand nombre de mammifères appartenant tous à des espèces éteintes. Dans les strates Miocènes, ^ qui sont plus récentes, on trouve d’autres formes, provenant aussi, pour la plupart, d'espèces perdues, mais différant presque entièrement de celles qui caractérisent les formations Éocènes ; enfin, un autre changement se fait remarquer lorsqu’on se livre à l’examen des fossiles appartenant à des périodes plus modernes encore. Mais dans cette succession de quadrupèdes on ne peut découvrir aucun signe d’un développement progressifde l’organisation, — aucune indication qui atteste d’une manière évidente que la faune Éocène était moins parfaite que celle de la période Miocène, ou que celle-ci, à son tour, l’était moins que celle des époques de l’ancien ou du nouveau Pliocène. •
De l'origine récente de l’homme. — Si donc la théorie populaire du développement successif de l’organisation animale et végétale, à partir des formes les plus simples jusqu’aux plus parfaites, repose sur une base