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CHAP IX ) ORIGINE RÉCENTE DE LHOMME

aussi mal assurée, on doit se demander si l'origine récente de l’homme prête quelque appui à cette doctrine, ou bien, jusqu’à quel point son influence peut être considérée comme une déviation à l’analogie de l’ordre de choses antérieurement établi, et dontl’eH'et soit tel que notre confiance dans l’uniformité du cours de la Nature doive en être affaiblie.

Il serait complètement inutile d’insister sur les preuves du peu d’ancienneté de notre espèce, puisque ce fait n’est contesté par aucun géologue éclairé. La seule difficulté réelle consiste à retrouver les signes de l’existence de l’homme sur la terre, lors de l'époque , comparativement moderne, à laquelle les espèces, qui aujourd’hui sont contemporaines de la nôtre, commencèrent à prédominer d’une manière notable. Si donc, parmi les savants, il existe quelque différence d’opinion relativement à la présence, dans certains dépôts, de débris humains et de restes d’ouvrages dus à l’industrie de l’homme, on peut du moins être assuré que ce désaccord n’a jamais lieu qu'au sujet des terrains les plus modernes; car jamais on n’a prétendu que notre race ait coexisté avec des réunions d'animaux et de plantes dont toutes, ou presque toutes les espèces sont éteintes? L’histoiro et la tradition nous apprennent que telles parties de l’Europe, qui sont aujourd’hui les plus fertiles , et se trouvent assujetties le plus complètement à la domination de

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l’homme, étaient, il n’y a pas trois mille ans, couvertes de forêts et peuplées d’animaux sauvages. Or, les archives de la Nature s’accordent parfaitement avec les annales de l’histoire; car il est arrivé quelquefois que dans la partie la plus superficielle de la tourbe on a trouvé des canots de sauvages, avec d’énormes bois de cerfs ou des cornes de taureaux sauvages. Dans les cavernes actuellement accessibles dans diverses parties de l’Europe, on rencontre un nombre prodigieux d’ossements de grands animaux carnassiers; — circonstance qui indique qu’à certaines époques, relativement modernes, l’homme si toutefois la race humaine existait alors, n’avait encore que très -peu exercé son influence sur les animaux (*).

De tous les êtres qui vivent à la surface des continents, il n’en est point qui s'exposent à autant de dangers sur l’eau que l'homme, soit à l'état sauvage, soit à l’état de civilisation (**); et, par conséquent, il n’est pas un seul animal dont le squelette soit aussi exposé à être enfoui dans des dépôts lacustres ou sous-marins. D'un autre côté, on ne peut pas dire que

(*) Voir le second volume de cel ouvrage , relativement a l’ancienneté probable de certains ossements humains et de certains ouvrages d’art trouvés en France, dans plusieurs cavernes, mêlés a des restes d’animaux éteints.

(**) Voyez volume II.

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les débris humains se détruisent plus facilement que ceux des autres animaux; car, ainsi que Cuvier l’a observé, les ossements d’hommes que l’on a trouvés enfouis sous d’anciens champs de bataille, n’avaient pas subi une décomposition plus considérable que ceux des chevaux qui étaient enterrés avec eux (*). Mais, en admettant même que les parties les plus solides des débris humains eussent entièrement dis-

paru des couches dans lesquelles ils auraient pu être ensevelis, toujours, au moins, devrait-on y retrouver les empreintes de leurs formes, reproduites sur les roches, à la manière donton retrouvecellesdesfeuilles les plus tendres dfe certaines plantes, et les téguments les plus délicats d’un grand nombre d’animaux. Les ouvrages d’art surtout, qui, en général, sont composés des matières les plus indestructibles, se seraient conservés bien plus longtemps encore que la plupart des corps organisés que renferment les roches sédimentaires. De plus, si les catastrophes qui, depuis les temps historiques, ont donné lieu soit à l’enfouissement de certains édifices, et même de plusieurs villes entières sous desamas de matières volcaniques, soit à leur submersion sous les eaux .de la mer, soit enfin à leur engloutissement par des tremblements de terre, s’étaient répétées pendant une suite de

(*) Voyez volume II.

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siècles indéfinie, la haute antiquité de l’homme se serait trouvée écrite sur l'écorce du globe en caractères bien plus frappants que ceux qui nous révèlent les formes de la végétation dont jadis étaient couvertes les lies de l’océan boréal, ou celles des reptiles gigantesques qui, à des époques plus modernes, peuplaient les mers et les rivières de l'hémisphère septentrional (*).

Le docteur Prichard a conclu que la race humaine n’a pas toujours existé à la surface de la terre, en se fondant sur ce que « les strates dont nos continents sont formés ont fait autrefois partie du litde l’Océan.» — «Il est évident, dit-il, tjue le genre humain a eu un commencement, puisqu'on peut se reporter vers l’époque où la surface sur laquelle il vit, commença à devenir telle qu’il pût l’habiter (**). » Cette preuve, toutefois, nous semble insuffisante; car, non-seulement des milliers d hommes habitent aujourd'hui tels et tels points du globe qui, pendant les temps historiques, ont servi de demeure à des espèces marines, mais, d’un autre côté, la mer occupe actuellement de très-vastes espaces où vécurent jadis des milliers d'êtres de notre race. Or, comme une pareille transformation de (erre en mer et de mer en terre ne ces-

(*) Voir volume II.

(**) Phys. hist. of Maukind (Histoire physiq ne du genre humain), vol. II, p 594.

en ap ix.) ORIGINE RÉCENTE DE L HOMME. 401

sera jamais d’avoir lieu, tant que les causes actuelles subsisteront, on doit comprendre que les espèces terrestres puissent être plus anciennes que les continents qu’elles habitent, et que, de môme aussi, les espèces aquatiques puissent dater d’une époque plus reculée que les mers et les lacs dans lesquels elles vivent.

De l'origine comparativement moderne de la race humaine; résultat sans importance pour la doctrine du développement successif. — Mais ce n’est pas des considérations qui viennent d’être énoncées, que nous pouvons conclure que l’origine de la race humaine est comparativement moderne; il faut nécessairement chercher ailleurs la preuve de ce fait, qui, une fois admis, doit nous amener à demander si l’apparition de l’homme à la surface du globe peut être considérée comme un pas en avant dans le système progressif, en vertu duquel, suivant quelques naturalistes, le monde organique ne cesse de marcher dans une voie de perfectionnement, c’est-à-dire, en passant d’un état plus simple à un état plus parfait. En réponse à cette question, on pourrait objecter d’abord, que la supériorité de l’homme ne dépend pas des facultés et des attributs qu’il partage avec les animaux inférieurs , mais de sa raison , qui l’en distingue. Quand on dit que la race humaine est de beaucoup supérieure à tous les êtres qui ont existé sur la terre t. i. 3t

UNIFORMITE DI' SYSTEME.

(livre i,

avant elle, c’est de ses facultés morales et intellectuelles que l’on entend parler, et non de son organisation animale; car il n’est point du tout prouvé que cette organisation soit telle que si, au lieu de l’intelligence qui lui appartient, l’homme ne possédait qu’un instinct semblable à celui des animaux intérieurs, il aurait la prééminence sur eux. Cela admis, il devient impossible de soutenir que l’homme doive former, dans la création, le dernier anneau de cette longue chaîne qui unit tous les êtres; car, lors même qu’il y aurait en faveur de la théorie du développement progressif, des preuves géologiques suffisantes , le passage subit de l’état de brute à l’état d'être raisonnable est un phénomène trop différent de celui qui consiste dans le passage des formes inférieures aux formes les plus parfaites, en ce qui ne regarde que l’instinct et l’organisation animale, pour qu'on puisse en déduire une pareille conséquence. Ce serait, en vérité, pousser l’analogie trop au delà des limites qu’il est raisonnable d’admettre, que de regarder un tel pas, ou plutôt un tel saut, comme pouvant s’accorder avec la marche régulière des changements qui s’opèrent dans le règne animal.

Considérations sur les effets produits dans le système , par l'apparition de l'homme à la surface du globe. — Mais laissons de côté la question du développement

ciiap. ix.) ORIGINE RÉCENTE DE t'HOMME. 403

progressif, pour nous occuper d’un autre problème, beaucoup plus difficile, auquel donne lieu l’admission du principe de l’origine, comparativement moderne, de l’homme, et demandons-nous si l’apparition de l’espèce humaine sur la terre ne constituerait pas une assez grande déviation dans lecodrs antérieur des événements physiques , pour que la connaissance de ce fait dûtavoir pour résultat de détruire toute confiance dans l’uniformité de l’ordre de la Nature, tanta l’égard des temps passés que des siècles futurs? — si cette circonstance ne se manifestant qu’après que la terre eût été habitée pendant des milliers de siècles par des animaux inférieurs, on ne serait pas autorisé à admettre la possibilité que d’autres changements, non moins extraordinaires ni moins imprévus, dussent arriver de temps en temps? — si, du moment où une cause nouvelle, différant, tant par sa nature que par son intensité, de toutes celles qui auraient agi auparavant, viendrait à se manifester, on ne pourrait pas en conclure qu’à diverses époques, un phénomène semblable s’est déjà produit ou qu’il se reproduira encore à l’avenir ; et comment, s’il en est ainsi, une seule période suffirait pour nous faire juger de tous les phénomènes naturels des autres périodes, en supposant même que nous eussions une connaissance parfaite de tous les effets des causes existantes lors de cette première période?

40V UNIFORMITE DU SYSTÈME. (LivnE 1 ,

A de lellesobjections, il n’y aurait rien à répondre, si elles s’adressaient à un partisan du système de l’uniformité absolue et éternelle de la succession des événements sublunaires; — à celui, par exemple, qui serait disposé à s’abandonner aux rêveries philosophiques de certaines sectes égyptiennes et grecques qui représentaient tous les changements matériels et moraux qui s’opèrent dans le monde, comme se répétant à de longs intervalles, et se reproduisant toujours dans le même nombre d’années et dans les mêmes lieux; — qui, comparant le cours des événements terrestres aux cycles astronomiques, et considérant toutes les affaires de ce bas monde comme étant sous l’influence des corps célestes, prétendaient, en outre, que sur la terre, ainsi que dans les cieux, les mêmes phénomènes revenaient perpétuellement dans un ordre constant. Suivant un tel principe, les mêmes individus étaient appelés à renaître plusieurs fois, et à accomplir sans cesse les mêmes actions. Plusieurs fois aussi, les mêmes arts étaient inventés, et les mômes villes bâties, détruites, réédiflées et détruites encore. L’expédition des Argonautes devait se reproduire avec ses héros d’autrefois, de même qu’Achille devait renouveler, sous les murs de Troie, les combats chantés par Homère.

« Aller erit lum Typhis, et altéra quæ vehal Argo

cil a p. IX.) ORIGINE RÉCENTE EE LHOMME. 405

Delectos heroas : eruut etiam altéra bclla,

Atque iterum ad Trojam magnus mittetur Achilles (V »

Tout en rejetant ces idées comme essentiellement absurdes , le géologue doit , toutefois , se garder soigneusement de tomber dans l’excès opposé, en admettant que l’ordre de la Nature ait, dans les temps anciens, présenté un caractère différent de celui qu’il offre de nos jours, et que, probablement, il offrira aux époques futures. Nous n’avons aucune raison de supposer que lorsque l’homme , pour la première fois, devint maître d’une petite partie delà terre, il se fitdans la condition physique de cette portion du globe, un changementplus considérable que celui qu'on observe aujourd’hui dans les lieux qui , jusque-là inhabités, commencent à se peupler. Qu’une colonie européenne nombreuse vienne à débarquer sur les rives de l’Australie, et à y introduire tout d’un coup les arts dont le perfectionnement dut exiger tant de siècles; qu’elle y importe, des extrémités les plus éloignées de la terre, une multitude de plantes et de grands animaux, et détruise, dès son arrivée, un grand

(’) Virgile, Églog. IV. — Pourles détails relatifs a ces doclrines, voyez Dugald Stewart’ s Eléments of lhe Philosophy of thebuman mind (Éléments de la Philosophie de l’esprit humain, par Dugald Stewart), vol. Il, ch. II, sect. 4, et Prichard’s Egvpt. Myth. (Mythologie Égyptienne de Prichard), p. 177.

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nombre des espèces indigènes, peu de temps suffit alors pour qu’il se produise dans ce nouveau continent une révolution bien autrement considérable que celle à laquelle put jamais y donner lieu la première invasion d’une horde de sauvages, ou leur séjour prolongé pendant plusieurs siècles. Or, si l’on peut supposer que le système reste uniforme quand des révolutions, qui jusque-là ne s’étaient pas encore produites, ont lieu sur certains points, ne peut-on pas aussi admettre, à plus forte raison, que cette uniformité existait lors des premiers âges, à l'époque ou l’accumulation et la puissance de l’espèce humaine avaient pris moins de développement, et où les progrès de la civilisation avaient nécessairement une marche moins rapide que celle qu’ils ont actuellement. L’état du globe, immédiatement avant l’apparition de l’homme à sa surface, n’offre-t-il pas quelques rapprochements avec celui de l’Amérique, pendant l’intervalle qui s’écoula entre l’apparition de l’homme en Asie, que l’on regarde comme le berceau de notre race, et l’arrivée des premiers navigateurs sur les rivages du Nouveau-Monde? L’ordre de choses qui subsistait à cette époque ne présente-t-il pas aussi beaucoupde ressemblance avec celui qu’on observe aujourd’hui dans les régions où l’homme n’a pas encore pénétré? Même à présent, nepeut-on pas dire que les eaux des lacs, des mers et du grand Océan, où la vie

ciiap IX.) ORIGINE RÉCENTE DE L’HOMME 407

s’est développée avec tant d’abondance, n’ont aucun rapport immédiat avec la race humaine, et que ce sont des portions du système terrestre dont l’homme n’a jamais pris et ne pourra jamais prendre possession? — circonstance d’où il suit que la plus grande partie de la surface habitée de notre planète peut rester toujours aussi insensible à la présence de l’espèce humaine , qu’elle l’était avant qu’aucune lie ou aucun continent ne devînt notre demeure.

Si le sol stérile des environs de Sydney était, à l’arrivée de ceux qui y fondèrent les premiers établissements, devenu fertile tout à coup; si, comme les îles fortunées dont les poëtes nous ont fait de si brillantes descriptions, ces plages sablonneuses avaient produit soudain d’amples récoltes annuelles, .oh! alors, on pourrait supposer que des changements bien plus remarquables encore se seraient manifestés dans l’économie de la Nature, au moment où, pour la première fois, l’homme parut sur la terre. D’un autre côté encore, si, lorsqu’une île volcanique, telle qu’Içchia, par exemple, commença, par les soins et l’industrie d’une colonie grecque, à être livrée à la culture, le feu qui brûlait dans son sein se fût éteint, et si les tremblements de terre auxquels ce foyer donnait lieu eussent cessé , il y aurait eu quelque raison de croire à l’affaiblissement des forces souterraines, lorsque l’homme devint maître du globe. Mais les choses ne

4(»8 UNIFORMITÉ DU SYSTÈME. fl.lvuF. l,

se passèrent point ainsi pour Ischia; car, après un long intervalle de repos, le volcan éclatant avec une nouvelle furie, détruisit la moitié des habitants de l’fle et força lesautresà émigrer. Cet exemple ne montre-t-il pas évidemment le peu d’influence que l’espèce humaine est capable d’exercer sur l’ordre de la Nature, et ne donne-t-il pas à supposer qu’à l’exception de la présence de l’homme, l’état général du globe n’est autre depuis la création de notre espèce que ce qu’il était immédiatement auparavant.

Les modifications auxquelles l’homme donne lieu dans le système, ne sont donc pas, à beaucoup près, aussi importantes qu’on le pense communément. Ainsi , très-souvent on s’exagère la puissance des moyens qui sont à sa disposition pour opérer la destruction de quelques animaux inférieurs, et pour faciliter la multiplication de quelques autres, tandis que ce pouvoir , non-seulement est circonscrit dans de certaines limites , mais que , de plus, tout porte à croire qu’il n’est pas exclusivement réservé à notre espèce (*). L’accroissement de la population humaine ne peut avoir lieu qu’à la condition de l’amoindrissement du nombre, ou même quelquefois de la destruction complète de certaines espèces animales. Les

{’) Voyez volume IV.

eu ap. IX.) ORIGINE RÉCENTE DE L’HOMME. V09

plus grands animaux de proie cèdent, en général, au pouvoir de l’homme; mais il est d’autres quadrupèdes plus petits, qui, de même qu'une multitude d’oiseaux, d’insectes et de plantes, se reproduisent en dépit de nous, et ne paraissent créés que pour nous nuire; les uns s’attaquent à nos aliments, les autres à nos vêtements, et même à nos personnes, tandis que d’autres, enfin , contrarient les travaux de l’agriculture et de l’horticulture. Que de fois, en effet, ne voit-on pas les plus riches moissons obtenues à la sueur de nos fronts, dévorées par des myriades d’insectes dont il est souvent aussi impossible d'arrêter les ravages, que de mattriser les secousses d’un tremblement de terre, ou d’entraver la marche d un courant de laves.

Un grand philosophe a observé que ce n’est qu’en obéissant à ses lois, que nous pouvons commander à la Nature. Or, ce principe est vrai, même à l’égard des modifications surprenantes qu’éprouvent certains animaux et certaines plantes, par suite de l’état de domesticité et de culture auxquels ils sont assujettis. Je ferai voir dans la quatrième partie de cet ouvrage que nous ne pouvons arriver à de tels résultats qu’en favorisant le développement de certains instincts, ou en appelant à notre aide la loi mystérieuse de l’organisation des êtres, — loi en vertu de laquelle les particularités indit. i. 35

MO UNIFORMITÉ Dü SYSTÈME. LIVRE l .

viduelles sont transmissibles d’une génération à une autre (’).

D’après ces considérations et diverses autres encore, il est extrêmement probable que plus le cercle de nos connaissances relativement à notre système s’agrandira, et plus nous serons convaincus que les changements que l’on attribue à l’espèce humaine sont bien plus analogues à ceux qui résultent de l’intervention des autres animaux, qu’on ne le croit d’ordinaire (**). Souvent, quand nous cherchons à établir quelques comparaisons à cet égard, il arrive que nous tombons dans l’erreur, par suite des idées que nous attachons à la grande différence qui existe entre l’instinct des animaux et la raison de l’homme . — idées qui nous portent à conclure trop vite que si deux espèces distinctes sont considérées simplement comme agents physiques, les effets de celle qui est douée de raison, et ceux de l’espèce qui en est privée doivent différer presque autant que les facultés qui servent à diriger leurs actions.

Ce n’est pas à dire, toutefois, que l’introduction de l’homme à la surface du globe n’ait pu donner lieu à quelque changement réel dans le cours des événements physiques. Si l’on admettait que la possibilité

(') Voyez vol. IV.

(*•) Ibid.

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