DANS I.ES TEMPS ANCIENS
De l universalité supposée des dépôts anciens. — line autre erreur encore qui a contribué a perpétuer l’opinion que jadis l’action de l’eau s’exerçait sur une échelle bien plus grande qu’aujourd’hui , est fondée sur l’étendue considérable qu’on attribuait aux dépôts homogènes anciens, et aux limites beaucoup plus restreintes qu’on assignait aux strates sédimentaires modernes, supposant que jamais elles n'offraient U* môme caractère minéralogique, ni les mêmes fossiles, sur un long espace continu. Il est vrai que ceux qui émirent les premiers cette opinion , n’avaient qu’une connaissance fort imparfaite du peu de constance que présente la composition minéralogique des forma-
avec la mer Noire, était réellement plus basse que la mer Caspienne. D’autres observations, non moins contradictoires, ayant encore été faites par d’autres voyageurs, le gouvernement russe invita l’Académie de Saint-Pétersbourg a diriger sur les lieux une expédition (en 1836) pour décider la question, au moyen d’une reconnaissance trigonométrique. C’est d’après ces derniers travaux que la mer Caspienne est considérée aujourd’hui comme étant de 101 pieds russes (31 mètres environ) plus basse que la mer Noire. (Voy., pour les autorités à consulter à ce sujet, Journ. Roy, Géogr Soc. , Journal de la Société Roy ale de Géographie, vol. vm , p. 13b.
Suivant les recherches auxquelles se sont livrés en 1837 M. G. Moore et M. Beek, il parait que le niveau de la mer Morte . estimé d’après la température de l'eau bouillante, est de 300 pieds français (162 mètres environ) inférieur a celui de la Méditerranée Ce résultat, du reste , a été confirmé, a 98 pieds (environ 32 mé- :res) près, par les expériences barométriques du professeur Scbu-
INT. SUPP. DES CAUSES AQUEUSES (livbe i ,
tions anciennes , et de l’étendue des espaces, sur lesquels s’accumulent, à la longue, les sédiments de même nature que déposent aujourd’hui les rivières et les courants. La constance de caractères que l’on attribuait aux séries anciennes était exagérée, de même que l’extrême variabilité qu’on croyait reconnaître dans les nouvelles était admise sans preuves. Lorsque j’en viendrai à traiter des deltas formés par les rivières, ainsi que de la dispersion du sédiment par les courants, et des récifs de coraux qui, à l’époque actuelle, sont en voie de se former sur des espaces de plusieurs centaines de milles de longueur, j’espère convaincre le lecteur du danger qu’il pourrait y avoir à se livrer
bert, de Munich, suivant lesquelles la différence du niveau serait de 598 pieds (194 mètres environ). Ce dernier observateur a constaté aussi que le lac de Tibériade est de 500 pieds (162 mètres) plus bas que la Méditerranée. Journal Roy, Géograph. Soc., vol. viii, p. 250 (1).
(1) U resuite d'une communication faite par M de Humboldt à l’Academie des Sciences de Paris, le 7 novembre 1842, que les relèvements trigonometriques exécutés au mois de novembre 1841 par le lieutenant Symond, de la manne royale britannique, portent le niveau de la Méditerranée à 1,400 pieds anglais (417 mètres) environ, au-dessus de celui de la mer Morte. Cs chiffre diffère peu de la dépression de 419 mètres que M. de Bertou avait, le premier, constatée pour la mer Morte, par l'emploi du baromètre, et de celle de 435 mètres qui ressort des observations barométriques de M. Russegger, publiées dans les Annales de physique de Poggendorf (1841, n. 5, page 186). Ce dernier voyageur avait également constaté par l’emploi du baromètre, que le niveau du lac de Tibériade est inferieur è celui de la Méditerranée de 203 mètres.
Il résulte aussi de la même communication que la dépréssion du niveau de la mer Caspienne a été enfin réduite, par la grande opération trigonométrique de l’expédition russe, composée de MM Fusa, Sawitsch et Sabler, à 24,6 mètres T M