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CHAH. I.) DANS LES TEMPS ANCIENS

lifères par les noms de Craie, de Grès Vert, d’Oolithe, de Marne Rouge, de Houille, etc., à cause seulement des particularités minéralogiques qui les caractérisaient dans les pays où ils avaient été étudiés pour la première fois ? Quels que fussent les inconvénients qu'offrit la conservation des anciens noms, on jugea cependant à propos de les maintenir, même après que les géologues eurent prouvé, à l’aide des fossiles et de l’ordre de superposition , que telles couches entièrement différentes de telles autres, tant à l’égard de la couleur que de la texture et de la composition, étaient contemporaines de ces dernières. On convenait bien que le mode de désignation en usage était vicieux, mais pour y remédier, on se bornait à prévenir l’élève qu’il devait n’y attacher d’autre signification qu’un sens chronologique, et s’accoutumer à ne pas toujours reporter sa pensée vers une roche crétacée blanche, quand il entendait parler de la Craie, mais se bien pénétrer, au contraire, de l’idée que cette dénomination pouvait tout aussi bien s’appliquer soit à un calcaire dolomitique très-dur, comme celui des Pyrénées, ou à un schiste noir tel que celui de Glaris, et du lac de Thun, en Suisse. De môme aussi , on prétendait que le Grès Vert pouvait être représenté en quelques lieux , comme dans le nord de l’Espagne, par du grès rouge, de la marne rouge, du sel et du gypse. Quant à la texture oolithique , on disait que loin de caractériser

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toutes les couches de la période dite Oolithique, elle n’offrait parmi elles qu’une exception. D’un autre côté, on se voyait souvent obligé de convenir qu’il n’existait pas une seule particule de matière charbonneuse dans les districts où dominait la vraie série Carbonifère. Toutefois, il était impossible, quelque précaution qu’on pût prendre, d’empêcher que l’usage habituel d’un pareil langage n’accoutumât l'élève à considérer la craie, la houille, le sel, la marne rouge ou la structure oolithique comme étant infiniment plus caractéristiques des roches d’un âge donné, qu’ils ne l’étaient réellement.

Il est encore une autre cause d’erreur qui nous porte à attribuer aux formations sédimcntaires récentes des limites plus restreintes que celles qu’on assigne aux anciennes; c’est la position respective des unes et des autres; les premières, étant en général cachées sous les eaux des lacs et des mers , tandis que les autres se montrent au-dessus du niveau des eaux, sur des espaces très-étendus. La Craie, par exemple, qui aujourd’hui se trouve à découvert sur des milliers de milles, en différents points de l’Europe, est devenue visible par l’effet, non d’une seule, mais de plusieurs séries distinctes de mouvements souterrains. Un temps considérable et une longue suite de périodes géologiques ont été nécessaires pour l’élever au-dessus des eaux dans le grand nombre de régions où on la

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rencontre; et si les roches calcaires des périodes liocène ou Miocène ont été formées d’une manière aussi homogène, quant à la composition minéralogique, sur des espaces également étendus, des convulsions aussi nombreuses que celles qui ont eu lieu depuis l'origine de la Craie, devront se manifester avant que ces roches puissent, à leur tour, devenir accessibles à l’observation. 11 suit de là que les terrains les plus modernes peuvent paraître très-bornés si on les compare à ceux des périodes anciennes; non à cause de leur peu d’étendue primitive, mais parce qu'il ne s'est pas écoulé, depuis leur formation, un temps suffisant pour donner lieu à une grande série de mouvements ascendants.

A l'égard, cependant, des débris organiques qui constituent un des principaux caractères des roches sédimentaires, plusieurs naturalistes, dont l’opinion fait autorité , pensent que les mêmes espèces de fossiles sont distribuées plus uniformément dans les formations anciennes que dans celles d’origine plus moderne, et que les différentes régions zoologiques et botaniques qui, pour les espèces vivantes, offrent un trait si marqué, n’étaient pas établies lors des périodes anciennes ; — opinion quia conduit à supposer que les plantes du terrain carbonifère, les coquilles et les trilobites des couches Siluriennes, ainsi que les ammonites de l’Oolilhe , occupaient une étendue r. i. 37

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géographique bien plus considérable qu'aucune espèce vivante d’arbres, de crustacés, ou de mollusques.

dette opinion peut, jusqu’à un certain point, paraître bien fondée, quoique aucune, comparaison n’ait encore été faite entre des assemblages nombreux de fossiles provenant de deux localités très-éloignées l’une de l’autre , avec une exactitude suftisante pour qu’on puisse prononcer sur l’identité d’espèces du tout. Un a vu dans la théorie des climats, exposée dans les 1' et 8e chapitres de ce livre, combien certaines modifications dans la position respective des mers et des continents pourraient contribuer à rendre la température du globe plus uniforme, et par suite, la faune et la flore terrestres moins variées qu’elles ne le sont actuellement.

De l'intensité supposée de l'action ignee lors des périodes anciennes. — En se livrant à l’examen soit des forces ignées, soit des forces aqueuses, les géologues ont été forcés de représenter la Nature comme ayant été, aux périodes anciennes, aussi prodigue de violence qu’avare de temps. Or, quoiqu’il soit moins facile de déterminer les âges relatifs des formations volcaniques que ceux des roches fossilifères, on ne peut nier qu’il n’y ait eu production de roches ignées a toutes les périodes géologiques, c’est-à-dire, aussi souvent que l’on voit des dépôts différents caracté-

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risés par des débris d’animaux et de végétaux particuliers. On peut très-bien prouver que 1rs roches qu’on désigne ordinairement sous la dénomination de roches trappéennes ont été injectées dans des fissures, et projetées à la surface, tant avant que pendant l’accumulation de la série Carbonifère , et durant les périodes du Calcaire Magnésien et du Nouveau Grès Kouge Supérieur, ou lors de la formation successive du Lias, de l’Oolithe, du Grès Vert, de la Craie, et des divers groupes tertiaires plus récents que la Craie. De plus, certains produits volcaniques peuvent être rapportés aux divisions subordonnées de chaque période; ainsi, dans le comté de Fife, en Écosse, on trouve plusieurs masses de trapp contemporain, dont les unes sont associées aux séries inférieures, et les autres aux séries supérieures du terrain houiller. Si l'on vient à examiner une de ces masses avec attention, on voit qu’elle est formée entièrement des produits provenant d’un grand nombre d’ouvertures successives par lesquelles s’échappèrent, à plusieurs reprises, des scories et des laves qui se consolidèrent ensuite. puis se reinplirentde fissures, et finirent parêtre traversées par des matières fondues constituant ce qu’on appelle des dikes. Ainsi, à mesure que nos connaissances s’étendent à l'égard des roches anciennes produites par la chaleur souterraine, nous nous trouvons de plus en plus amenés à les considérer comme

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les effets réunis d'un très-grand nombre d'éruptions dont chacune peut avoir été aussi violente que celles qui ont lieu de nos jours dans les régions volcaniques.

Nous devons le reconnaître, il n’existe encore aucun moyen d'estimer le volume relatif de la matière qui. a deux époques données, a pu se trouver simultanément à l’état de fusion, comme le basaltecolomnaire de Stafla et de ses environs, et la lave qui s'est répandue en Islande lors de l’éruption de 1783. Il serait donc aussi imprudent que peu philosophique de prétendre que les

anciennes émissions de matière fondue étaient plus considérables que celles qui se sont faites, à diverses époques, dans les temps modernes '. I)’un autre côté, il serait plus présomptueux encore de supposer que les cfTets produits jadis par la chaleur souterraine, à de grandes profondeurs dans l’intérieur du globe , surpassaient les effets correspondants qui s’accomplissent à l’époque actuelle. On admet assez généralement aujourd’hui, que certains porphyres et certains granits sont, ainsi que toutes les formations que l'on désigne ordinairement sous le nom de roches plutoniques, le résultat du refroidissement lent de matières fondues et solidifiées sous une grande pression; et l’on ne saurait douter non plus qu’au-dessous des volcans

(*; Voy. vol, ut.

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actuels, il ne se trouve de très-vastes espaces remplis de matières en fusion, qui, après être restées pendant plusieurs siècles à l’état incandescent, finiront par se refroidir, se durcir, et cristalliser , lorsque la chaleur souterraine sera épuisée. Des observations faites en 1835 semblent établir que, sous les Andes du Chili, il existe des lacs délavé de plusieurs centaines de milles d étendue.

Or, partout où les matières fluides contenues dans ces réservoirs, s’en échappent successivement, par des cratères, soit à l’air libre, soit au fond de la mer, le mode d’arrangement qu’elles affectent offre la preuve évidente de la diversité d'époques auxquelles elles furent émises; mais si, après l’extinction de la chaleur, ces mêmes matières se trouvaient converties en roche cristalline ou plutonique. la masse entière semblerait avoir été formée en une seule fois, malgré la multitude de siècles nécessaires à sa fusion et ensuite à son refroidissement

De même qu'aujourd’hui, on a généralement abandonné l’opinion qui tend à faire croire que tout le granit contenu dans l’écorce de la terre avait été produit simultanément lors de l’origine de notre planète, de même aussi, doit-on, d’après cequi vient d’être dit, se mettre en garde contre l’adoption trop précipitée de cetteautreopinion, savoir, quechaquegrande masse de granit a été engendrée dans un laps de temps fortcourt.

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Quelques auteurs modernes dont le nom fait autorité, ont soutenu que les roches cristallines, telles que le granit, le gneiss, le micaschiste, le quartziteet diverses autres, avaient été produites en très-grande abondance lors des premiers âges du globe, et que leur formation avait cessé à l’époque actuelle. C’est une opinion que j’essaierai de réfuter dans le treizième chapitre de ce volume.

Du développement graduel des mouvements souterrains. — En se fondant sur ce que les roches anciennes sont plus fracturées et plus disloquées que les nouvelles, on a souvent conclu que les forces souterraines agissaient autrefois bien plus énergiquement qu’aujourd’hui. Mais le résultat ne serait-il pas le même, si la quantité de mouvement eût toujours été constante pour des périodes de temps égales? et ne voit-on pas que, dans ce cas, les strates devraient être d’autant plus bouleversées qu’elles datent d’une époque plus ancienne? Il est vrai de dire que de nombreux exemples prouvent qu’il n’en est pas toujours ainsi; car, d’une part, l’horizontalité d’un grand nombre de formations anciennes, et de l’autre, les contournements, et même quelquefois la verticalité complète de certaines couches beaucoup plus récentes, semblent donner un démenti formel à l’hypothèse de l’uniformité. Ceci, toutefois, n’est qu’un semblant d’anomalie , et dépend ,

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