DANS LES TEMPS ANCIENS
comme on le verra dans le chapitre suivant, de la manière irrégulière dont l’action volcanique et souterraine affecte successivement différentes parties de la terre, se manifestant quelquefois avec beaucoup de fréquence dans de certaines régions, tandis que pendant le même temps, d’autres contrées sont dans un état de repos absolu.
Si l’on admet le développement graduel et intermittent des éruptions volcaniques dans les temps anciens, on devra naturellement en conclure que les effets lesplus sensibles de la force souterraine, tels entre autres que le soulèvement des chaînes de montagnes, ont pour cause plutôt des secousses multipliées d’une intensité médiocre, qu'un petit nombredeconvulsions * violentes. 11 n’est plus personne aujourd’hui qui conteste que ces éruptions ne soient dues aux mêmes causes que les tremblements de terre , et que l’abaissement et le soulèvement permanent du sol; ainsi, en admettant que l’une des deux actions, ou volcanique ou souterraine, a continué graduellement, on arrive nécessairement à cette conséquence que les effets de l’autre ont eu lieu progressivement aussi.
Failles. — Le môme raisonnement peuts’appliquer également aux grandes failles, c’est-à-dire, à ces phénomènes de soulèvement ou d’affaissement de grandes masses de roches , que l’on a souvent considérés
VVO INT. SUPP. DES CAUSES IGNEES (l.lviif; i,
comme étant l’origine de ces catastrophes terribles qui sont entièrement étrangères au cours ordinaire de la Nature. Comme exemple de ces phénomènes, nous citerons entre autres la faille immense qui existe en Angleterre, et dans laquelle le déplacement vertical est de GOO à 1000 pieds (200 à 300 mètres environ) ; l’étendue horizontale du mouvement qui l’a produite, a trente milles au moins (11 lieues à peu près); quant à la largeur de la fissure, elle varie entre dix et cinquante pieds (3 et 15 mètres environ), et a, depuis, été remplie de débris de roches. Tel est le fait; mais si l’on vient à rechercher comment une pareille masse s’est élevée ou abaissée subitement, le long des côtés de cette grande ouverture, de plusieurs centaines de pieds au-dessus ou au-dessous de la roche à laquelle, autrefois, elle faisait suite de l’autre côté, alors les preuves font défaut. Les parois polies des failles présentent, dit-on, des rainures dont la direction, très-souvent uniforme, favorise la supposition que le mouvement qui a produit ces failles a été le résultat d’une secousse unique, et non celui de plusieurs ébranlements successifs. Les stries, cependant, ne sont pas toujours parallèles; le plus ordinairement, au contraire, elles sont irrégulières. Quelquefois aussi, les fragments de roches qui occupent le milieu de la faille, ou fissure, laissent apercevoir des traces de polissage, et des stries, dues au
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frottement, ce qui indique que plusieurs glissements ont eu lieu depuis que les matières fragmentaires qui remplissent l’intérieur de la fîssure, ont commencé à s’y introduire. Il ne faut pas oublier non plus que le dernier mouvement doit toujours tendre à effacer les traces de toute trituration antérieure, si bien que ni l’instantanéité du phénomène, ni l'uniformité de sa direction ne peuvent se déduire du parallélisme des stries produites en dernier lieu.
Quand une fois les roches sont fracturées, les fragments résultant de cette fracture acquièrent une liberté de mouvement en vertu de laquelle ils continuent naturellement à se déplacer dans la même direction, tant que se répète l’action du soulèvement ou de l’abaissement. La masse supérieure s’affaisse toujours suivant les lignes de moindre résistance, c’està-dire, suivant les lignes où se sont opérées les premières ruptures. En définitive, tout porte à croire que les effets de mouvements réitérés, soit de bas en haut, soit de haut en bas, qui se produisent dans les failles, ne peuvent se distinguer de ceux qui résultent d’un soulèvement ou d’un affaissement unique et instantané. On pourrait, du reste, en dire autant du soulèvement ou de l’abaissement de certaines masses continentales, telles que la Suède elle Groenland, ou l'on sait que le mouvement du sol a lieu d'une manière lente et presque insensible.
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Quanta la difficulté de réduire à des limites trèsbornées le temps nécessaire à la formation des grandes failles et des chaînes de montagnes, le lecteur s’en rendra compte plus aisément lorsqu’il aura parcouru les dernières pages du chapitre XII.