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V52 UNIFORMITÉ UES CHANGEMENTS (LIVUKI

couches sédimentaires les unes des autres, car les testacés sont, de toutes les classes d’animaux, les plus généralement répandus à l’état fossile; c’est, du reste , par celle raison qu’on les a comparés à des médailles naturelles destinées à rappeler la chronologie des événements passés. Les formations Miocènes qui succèdent immédiatement aux couches Eocènes, renferment un nombre considérable d'espèces récentes. Celles-ci, toutefois, se trouvent encore en minorité dans ces dépôts, mais elles y sont associées à plusieurs fossiles que l’on observe aussi dans les formations de l’époque précédente. Viennent ensuite les strates Pliocènes dans lesquelles les espèces qui sont contemporaines de l’homme commencent à dominer. Dans les plus modernes de ces couches, les neuf dixièmes des fossiles sont analogues aux espèces qui, de nos jours, habitent encore les mers adjacentes.

En passant ainsi des formations les plus anciennes du système tertiaire aux plus nouvelles, on rencontre plusieurs lacunes, mais aucune d’elles ne forme une ligne de démarcation bien tranchée entre les divers débris organiques que renferment ces terrains. Aucun signe n’indique la terminaison brusque d'une faune et d’une flore quelconques , ou la subite apparition de formes nouvelles et entièrement distinctes de toutes les formes précédentes. Bien qu’il

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soit impossible de démontrer géologiquement la transition insensible qui. suivant toute probabilité, existe entre la faune de la période Éocène et la faune récente, on peut du moins affirmer que plus on étendra et plus on perfectionnera les observations relatives aux formations européennes, plus on apercevra de continuité dans la série et plus on se trouvera graduellement amené des temps où beaucoup de genres, et presque toutes les espèces étaient éteintes, à ceux où il existait à peine une seule espèce qui n’ait aujourd’hui son analogue vivante.

Dans la description que nous avons donnée de la carte d’Europe (p. 330) , nous avons déjà parlé des grandes révolutions physiques que la surface de cette partie du monde a éprouvées pendant les périodes auxquelles il vient d’étre fait allusion. Des changements analogues continuèrent à se manifester jusqu à I époque où les teslacés récents prédominèrent à l’exclusion presque entière des espèces éteintes. C'est ainsi qu’en Sicile on observe un plateau trèselevé et plusieurs collines qui, recouverts de calcaire, et atteignant parfois jusqu’à la hauteur de 3000 pieds (900™ environ), renferment quatre-vingt-dix pour cent de testacés fossiles identiques, sous le rapport des espèces, à ceux qui vivent aujourd’hui dans la Méditerranée. Ces strates calcaires sont, ainsi que certaines couches argileuses du même âge. coupées

UNIFORMITE DES CHANGEMENTS

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par des vallées profondes, qui, formées peu à peu par la dénudation , n’ont varié d’une manière sensible ni en largeur, ni en profondeur, depuis l’époque ou la Sicile fut, pour la première fois, érigée en colonie par les Grecs. 11 est à remarquer, de plus, que ce calcaire, qui occupe un rang si peu ancien dans la chronologie géologique, fut employé à la construction des temples de Girgcnti et de Syracuse, dont les ruines nous transportent à uncépoque extrêmement reculée de l’histoire du genre humain. Mais, si déjà nous nous perdons en conjectures sur le nombre de siècles qui durent s'écouler avant que ces formations se trouvassent élevées de plusieurs milliers de pieds au-dessus du niveau de la mer, que sera-ce donc si nous considérons le temps beaucoup plus long encore qu'exigea leur accumulation sous les eaux?

Formations post-tertiaires antérieures à l'homme. — Aucun débris humain, ni aucun reste d’ouvrages exécutés de main d’homme, n’ont encore été trouvés dans la formation Sicilienne dont nous venons de parler, non plus que dans aucune autre couche renfermant une faible proportion d’espèces récentes. Mais ce qui est bien plus extraordinaire encore, c’est l’absence de ces mêmes débris dans les dépôts plus modernes auxquels on peut donner le nom de post-tertiaires, par suite de l’identité des fossiles qu’ils contiennent, avec des es-

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