UNIFORMITÉ DU SYSTÈME
(LIVHE I ,
ner à des recherches approfondies sur l’histoire naturelle du monde organique, et sur les effets complexes des causes ignées et des causes aqueuses actuellement en action, on lui enseignait à se décourager dès ses premiers pas. La géologie, lui disait-on sans cesse, ne pourra jamais s’élever au rang d’une science exacte; — le plus grand nombre des phénomènes qu’elle embrasse resteront à jamais inexplicables, ou seront, tout au plus, partiellement éclaircis à l’aide d’ingénieuses conjectures. On allait même jusqu’à prétendre que le mystère dont cette science était entourée, devait être considéré comme un de ses plus grands charmes, en ce qu’il donnait à l’imagination pleine et entière carrière pour s’élancer dans le champ sans limites de la spéculation.
Le mode d’investigation diamétralement opposé à cette méthode, consiste dans la recherche sérieuse et longtemps continuée des rapports qui existent entre les phénomènes géologiques anciens, et le résultat des changements actuellement en voie de s’opérer, soit sous nos yeux, soit dans des régions inaccessibles à l’observation , et dont la réalité est attestée par les volcans et par les mouvements souterrains. Il a pour but aussi d’évaluer la somme totale des actions ordinaires, accumulées par le temps, et tend puissamment à faire espérer que les ressources qu’on est en droit d’attendre de l’observation et de l’expérience,