COSMOGONIE ÉGYPTIENNE
(livue i,
rons à décrire les effets et les bornes géographiques de ces terribles convulsions souterraines. Quant à l’Égypte, qui presque en tout temps a été exempte d’un tel fléau, il est à croire que c’est de l’Orient que lui est venue la tradition de ces sortes de catastrophes.
La mythologie égyptienne faisait intervenir dans ses fictions un principe à la fois mâle et femelle auquel elle attribuait le développement de l’embryon du monde, conformément, à très-peu près, au mode d’incubation. Lorsque, d’après cette doctrine, la première masse chaotique eut été produite, sous la forme d’un œuf, par un être indépendant et éternel, il fallut le concours mystérieux du principe à la fois mâle et femelle , pour transformer les éléments composant la matière, en êtres organisés.
Cette conception bizarre dont on peut à peine se retracer le souvenir sans rire, ne semble pourtant pas différer essentiellement, en principe, de certaines idées cosmologiques émises dans l’Europe moderne par des hommes d’un talent remarquable et d’un génie supérieur. Les philosophes égyptiens se donnèrent la tâche périlleuse d’établir quelques rapports entre le mode de reproduction tel qu’il existe dans le monde, c’est-à-dire, celui qui par la génération détermine la naissance d’individus nouveaux , et le mode d’opération à l’aide duquel l’auteur de la Nature créa les premiers êtres organisés. Il n’était ni absurde, ni
en ap. il.)