OMAR. — LE CORAN
(livre I ,
ran étant fort peu nombreuses , et ne se trouvant , d'ailleurs, introduites dans ce livre que d’une manière tout à fait incidente, il serait assez difficile de
comprendre comment elles auraient pu jouer un rôle aussi important dans une discussion relative aux révolutions anciennes du globe. Le Prophète déclare que la terre fut créée en deux jours, et qu’aussitôt sa création accomplie, les montagnes furent placées à sa surface; que durant ces deux jours et deux autres encore, les habitants destinés à la peupler reçurent l’existence; et qu’en deux nouveaux jours enfin, les sept deux furent créés à leur tour (*). Le Coran n’ajoute aucun autre détail au sujet de la création, et s’exprime d’une manière tout aussi brève en parlant du déluge, à l’occasion duquel il ditque leseaux s’échappèrent d’un four (fable bizarre , que l’on suppose avoir été empruntée aux mages persans, qui représentaient les eaux diluviales comme sortant du four d’une vieille femme) (“) ; que tous les hommes, à l’exception de Noé et de sa famille, furent noyés; mais que Dieu ayant dit ensuite : « O terre, engloutis tes eaux ; et toi, ciel, retiens tes pluies! » les eaux diminuèrent à l’instant (***).
Nous pouvons supposer qu’Omar a représenté l’a-
(•) Coran , ch. XLI.
(**) Coran. Traduction de Sale, ch. XI. Voyez la note. (”•) Ibid.
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bandon de la terre par la mer, comme ayant été graduel, et que son hypothèse exigeait, pour l'accomplissement de la retraite des eaux , un plus grand nombre de siècles que n’en admettait la croyance musulmane; car on doit conclure du Coran, que l’homme et la planète qu’il habite Turent créés en même temps; et quoique Mahomet n’ait pas déterminé d’une manière expresse l'ancienneté de la race humaine, il donne cependant une sanction implicite à la chronologie mosaïque, par la vénération qu’il témoigne pour les patriarches hébreux (*).
On conserve à la bibliothèque Royale de Paris un manuscrit arabe intitulé : « Merveilles de la Nature, » dont l’auteur, Mohammed Kazwini, (lorissait au septième siècle de l’Hégyre, ou vers la fin du treizième siècle de notre ère (**). Outre diverses remarques sur les aérolithes, les tremblements de terre et les changements de position que la terre et la mer ont éprouvés successivement, il renferme la belle narration suivante que l’auteur met dans la bouche de Kidhz, personnage allégorique : — « Passant un jour par une ville très-ancienne, et prodigieusement peuplée, je deman-
(') Kossa , gouverneur du calife Al-Marnùd, fut l'auteur d'un livre intitule «Histoire des Patriarches et des Prophètes, depuis la Création du Monde.» (Mod. univ. Uist,, vol. 11, c. iv.)
(’*) Traduit par MM. Chezy et de Saey , et cité par M. Elie de Ilenumont, Ann. des Sciences Nat. , 183‘2.
MOHAMMED KAZWINI.
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dai à l'un de scs habitants depuis quand elle était fondée.— C’est, me répondit-il, une cité puissante; mais pour vous dire depuis combien de temps elle existe, cela m’est absolument impossible, et à ce sujet nos ancêtres étaient tout aussi ignorants que nous.» Cinq siècles plus tard , je repassai par le même lieu ; n’y apercevant aucun vestige de la ville, je voulus savoir d’un paysan qui cueillait des herbes sur son ancien emplacement, combien de temps s’était écoulé depuis sa destruction. «Sur ma foi, dit-il , vous me faites là une question étrange. Ce terrain n’a jamais été autre que ce qu’il e9t à présent. — Mais n’y eut-il donc pas anciennement ici une vaste cité? lui demandai-je encore. — Jamais, répliqua-t-il , autant du moins que nous en puissions juger par ce que nous avons vu ; je vous dirai même que jamais nos pères ne nous en ont parlé.» Cinq cents autres années après, je revins encore aux mêmes lieux; cette fois, la mer en occupait la place. Ayant aperçu des pêcheurs sur ses ri-* vages , je leur demandai depuis quand la mer avait envahi ce terrain. « Un homme comme vous, direntils, peut-il faire une semblable question? ce lieu a toujours été tel qu’il est aujourd’hui. »Au bout de cinq cents nouvelles années, j’y retournai encore. La mer n’y étant plus , je voulus savoir depuis combien de temps elle s’était retirée. Un homme à qui je le demandai me répondit, comme tous les précédents,