‹ Principles De GeologieChapitre 43 sur 159 · CARDAN · texte numérisé non relu

CARDAN

rompue , pouvaient facilement se persuader que les formes organiques, souvent mal conservées, qui se rencontrent dans l’intérieur des roches, devaient leur existence à des causes également obscures et mystérieuses.

Cardan 1552. — Ce siècle, toutefois, ne fut pas entièrement dépourvu d’auteurs professant des opinions plus rationnelles et plus graves que celles qui viennent d'étrc exposées. Un ouvrage de Cardan, publié en 1552, et dont le titre, « De Subtilitate, » correspond à ce que de nos jours on appellerait philosophie transcendante, devait naturellement nous donner à penser qu’au chapitre des minéraux se trouveraient plusieurs théories subtiles , la subtilité étant le type caractéristique de presque toutes les doctrines d’alors. Néanmoins, quand l’auteur en vient à traiter des coquilles pétrifiées, il n'hésite pas à déclarer qu’elles indiquent d’une, manière évidente l’ancien séjour de la mer sur les montagnes ( * ).

Cesalpino. — Majoli, 1597. — Cesalpino, botaniste célèbre, pensait que les coquilles fossiles avaient été abandonnées sur les continents , lors de la retraite de la mer, et que leur pétrification s’était opérée durant

(*) Brocchi, Con. Foss. Subap. Disc, sui Progressi, vol. !, p. 57.

60 CESALP1NO. — MA JOLI. — PALISSY. LIVBE I,

la solidification du sol (*). L’année suivante (1597), Simeone Majoli (**) , dont les idées coïncidaient pour

la plupart avec celles de Ccsalpino, alla plus loin en-

core. Il prétendit qu'il n’y aurait rien d’impossible à ce que les coquilles et autres substances sous-marines du Véronais et de quelques autres districts, eussent été vomies sur la terre par des explosions volcaniques, telles que celles qui en 1538 donnèrent naissance au Monte-Nuovo, près de Pouzzole. C’est celte supposition qui semble avoir servi de base aux théories de Hooke, de Lazzaro Moro, de llutton et de plusieurs autres écrivains qui, plus tard, cherchèrent aussi à établir des rapports entre l’action des volcans et les gisements des coquilles fossiles.

Deux ans après, Imperati se déclara en faveur de l’origine animale de ces corps; mais en admettant, toutefois, la possibilité de la végétation des pierres, — phénomène qu’il expliquait par la force « d'un principe intérieur, » à l'appui duquel il citait les dents de poissons et les épines d'échinides que l’on avait trouvées à l’état de pétrification (***).

Palissy , 1580. — Palissy, écrivain français, publia divers ouvrages scientifiques. Il traita, entre autres,

(’) De Melallicis.

(”) Dies Caniculares.

(“’) Sloria Nalurale.

chap. lll.) FABIO COLONNA. Cl

de « l'Origine des Sources attribuée à l'eau de pluie, » et entreprit, en 1580, de combattre les idées répandues en Italie par plusieurs de ses contemporains, au sujet des coquilles fossiles que ceuxci supposaient avoir été , toutes sans exception , déposées par le déluge universel. « 11 fut le premier, dit Fontenelle, un siècle et demi plus tard, en parlant de lui dans l’Histoire de l’Académie des Sciences, » qui osa soutenir à Paris que les débris fossiles des testacés et des poissons avaient jadis appartenu à des animaux marins.

Fabio Colonna. — Comme ce serait une tâche aussi inutile que fastidieuse d'énumérer la multitude d'écrivains italiens qui, vers le commencement du dixseptième siècle, avancèrent des hypothèses toutes plus fantastiques les unes que les autres, nous nous abstiendrons d'en parler; nous ne ferons d’exception qu'en faveur de Fabio Colonna, qui, seul, mérite d'être distingué de la foule, car, bien qu’il s’abandonnât au dogme qui rapporte au déluge de Noé l’origine de tous les débris fossiles, il sut résister à l’absurde théorie de Stelluli, et ne pas admettre que le bois fossile et les ammonites n’étaient autre chose que de l'argile, dont les formes avaient été déterminées par des eaux sulfureuses, et par la chaleur souterraine du globe. Fabio Colonna indiqua les différents

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