THÉORIE DILUVIENNE
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naturalistes célèbres de son temps, Scilla s’abandonna à la croyance populaire que toutes les coquilles fossiles étaient en môme temps les effets et les preuves du déluge biblique. En professant cette opinion, étaitil entièrement de bonne foi? Il est permis d’en douter. Quant à plusieurs de ses contemporains qui suivirent la môme voie que lui, bien que leur manque de sincérité fût complètement avéré, ils mirent tant d’empressement à déraciner les idées généralement admises à l’égard de la nature des fossiles organisés, qu’on les aurait crus volontiers disposés à faire toutes les concessions possibles pour fixer invariablement l’opinion sur ce point. Ces transactions étaient peu éclairées : il ne servait pour ainsi dire à rien que la nature des documents fût enfin bien comprise, si les hommes n’avaient pas la liberté d’en tirer des conséquences exactes.
Théorie diluvienne. — Les théologiens italiens, allemands, français et anglais, qui, à celte époque, entrèrent dans la lice, étaient en si grand nombre, qu’il serait trop long d’en faire l’énumération ; quant à ceux
Paniscus en relief.— « Je veux bien croire, » dit l’orateur, « que celte figure pouvait avoir quelque ressemblance avec Paniscus; mais je n’admcttraijamaisque cette ressemblance fût telle, qu’on pût attribuer au ciseau de Scopas la tête en question; carie hasard n'imite jamais parfaitement la vérité. »
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qui refusèrent d’adopter l'opinion que tous les débris organiques marins étaient autant de preuves du déluge biblique, ils furent, dès ce moment, exposés à l’accusation de ne rien croire des Saintes-Écritures.
Plus d’un siècle s’était écoulé depuis Fracastoro: et à peine pendant ce temps, tout employé à propager la croyance que les fossiles organisés n’étaient que de simples jeux de la nature, de faibles efforts avaientils été faits pour se rapprocher d’une saine théorie. Une nouvelle période d’un siècle et demi fut ensuite perdue à consacrer l’hypothèse mise en avant par ceux qui prétendaient que l’enfouissement de tous les corps organisés dans les couches solides étaient l’œuvre du déluge de Noé. Jamais, dans aucune branche de la science, illusion théorique ne se mêla plus sérieusement à l’observation exacte et à la classification systématique des faits. Les progrès rapides de la géologie, dans ces derniers temps, doivent être particulièrement attribués à la détermination précise de l’ordre de succession des masses minérales, établie à l’aide de la régularité de leur superposition et de la nature des différents corps organiques qu’elles renferment. Toutefois, loin de vouloir reconnaître la moindre distinction dans l’ensemble des couches, les vieux partisans de la théorie diluvienne étaient portés, au contraire, d’après leur système, à confondre les divers groupes de strates, à rapporter tous les phénomènes
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à une cause unique, et à une seule époque, de trèscourte durée, plutôt que de les attribuer à un certain nombre de causes dont l’action se serait continuée pendant une longue suite de périodes. Ils ne voyaient les phénomènes que comme ils voulaient les voir : tantôt défigurant les faits, et tantôt déduisant de données correctes de fausses conséquences. De nos jours, par bonheur, les choses ont changé de face : le vaisseau confié à notre direction n'ayant plus besoin, pour avancer, de lutter contre un courant contraire, un très-petit nombre d’années suffirait, à présent, pour faire faire autant de progrès à la science que, sous l’influence des préjugés que nous venons de signaler, elle en fil dans dans l’espace de trois siècles.
En suivant l’histoire de la géologie, le lecteur doit s’attendre à voir, depuis la fin du dix-septième siècle jusqu’à la fin du dix-huitième, la science marcher aussi souvent en sens rétrograde qu’en sens progressif. Dans cette revue, il devra s’appliquer à remarquer les retours fréquents à des erreurs plusieurs fois combattues, et l'abandon de certaines opinions aussi judicieuses que saines pour des idées de la dernière absurdité. Souvent aussi, il aura à s’arrêter soit sur une argumentation futile, soit sur une hypothèse chimérique; non à raison de l’intérêt que de tels sujets offriront par eux-mêmes, mais à cause
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