‹ Principles De GeologieChapitre 49 sur 159 · HOOKE · texte numérisé non relu

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rent les diverses couches de pierre et de terre qui forment l’écorce du globe. « On peut donc, dit Leibnitz, attribuer aux masses primitives une double origine : l’une, due au refroidissement de matières en fusion; et l’autre, à la concrétion résultant d’une solution aqueuse La répétition de ces causes (la rupturede la croùteet lesinondationsqui s’ensuivaient) donna lieu à la formation de nouvelles couches, lesquelles se succédèrent jusqu'à ce que les causes en question eussent été réduites à une condition d’équilibre tranquille, et qu’un état de choses plus durable eût été établi (**).

ffooke , 1688. — Les « ’OEuvres posthumes de Robert Hooke , » aussi avantageusement connu comme mathématicien que comme physicien , parurent en 1705. Elles renferment «un discours sur les tremblements de terre , » qui , d’après les rcnsci-

(') Undc jam duplex origo inlelligitur primorum corporutn, una, cum ab ignis fusione rcfrigescerent, altéra, cum reconcrescèrent ex solutione aquarum.

(") Redeunte inox simili causé strata subinde alia aliis imponerenlur, et faciès teneri adhuc orbis sæpius novata est. Donec quiescentibus causis, atque æquilibratis, consistentior emergeret rerum status. — Le rapport fait en 1832, par M. Conybeare, a l'Association Britannique sur les progrès de la géologie, renferme une excellente analyse des principes de Leibnitz, exposés dans son Protogcea.

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(livre i ,

gnements fournis par l'éditeur, fut écrit originairement en 1668, mais revu plusieurs fois ensuite (* . Ilooke est souvent d’accord avec les meilleurs auteurs italiens et anglais qui s’occupèrent de géologie avant lui; mais rien dans ses ouvrages ne prouve qu’il ait partagé les idées hardies de Sténon et de Lister, ou de Woodward, son contemporain, relativement a l’étendue géographique de certains groupes de couches. Son traité, toutefois, est, à l’égard des causes des changements anciens qui eurent lieu dans les règnes organique et inorganique de la Nature. l’œuvre la plus philosophique de ce siècle.

« Quelque trivial,» dit-il, « que puisse paraître à certaines personnes, un objet tel qu’une coquille pourrie, de pareils monuments de la Nature n’en présentent pas moins des témoignages d’antiquité plus authentiques que des pièces de monnaie ou dés médailles; celles-ci pouvant très-bien, de même que les livres, lés manuscrits et les inscriptions, être imitées par l’art et le dessin, ainsi que tous les savants tiennent aujourd'hui pour certain que cela s’est souvent pratiqué. D’un autre côté , il faut bien convenir que la lecture des archives de la TS'a-

(*) Dans l'intervalle de 1688 à 1703, époque de sa mort , il lui a la Société Royale divers mémoires, et prononça plusieurs discours sur des sujets relatifs aux fossiles et aux effets produits par les tremblements de terre.

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ture, et les travaux nécessaires pour parvenir à en extraire une chronologie, et à établir la durée des périodes pendant lesquelles tels changements et telles catastrophes se sont accomplis, forment une tâche qui, bien qu’elle ne soit pas impossible, est du moins très-difficile (*). »

Quant à l’extinction des espèces, Hookc savait fort bien que les nautiles et les ammonites fossiles, ainsi que plusieurs autres coquilles et squelettes fossiles ' trouvés en Angleterre , appartenaient à des espèces différentes de cellcsqui étaientalorsconnues; mais il mettait en doute que ces premières fussent éteintes, sachant combien, à l’égard de toutes lés espèces marines, de celles surtout qui habitent les mers profondes, les connaissances des naturalistes étaient bornées. Cependant, dans quelques parties de ses ouvrages, il semble porté à adopter l’opinion que plusieurs espèces avaient été perdues; et, se livrant à quelques considérations sur ce sujet, il va jusqua laisser entendre qu’il pourrait y avoir des rapports entre la disparition de certaines espèces d’animaux et de plantes, et les changements produits par les tremblements de terre qui se sont manifestés dans les temps anciens. «Quelques espèces,» observe-t-il avec la plus grande sagacité, «sont particu-

(') UEuvres posthumes. Lecture du 29 février 1688.

THEORIE f»E ilOOKK

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Hères à certains lieux , et ne se rencontrent pas ailleurs. Si donc, tel ou tel lieu a été englouti, il est assez probable que les êtres animés qui y vivaient, en comptant même les animaux aériens et aquatiques , ont tous été détruits en même temps; car les corps animés, soit végétaux , soit animaux, à la nourriture et à l'existence desquels l'air est nécessaire, ne peuvent manquer d’être détruits par l’eau», etc. (*)■ Il ajoute ensuite que les tortues et toutes les grandes ammonites que l’on trouve dans l’tle de Portland , semblent avoir été engendrées dans des pays beaucoup plus chauds; et il en conclut que jadis l’Angleterre a dû séjourner sous les eaux des mers intertropicales! Pour expliquer ce phénomène, ainsi que plusieurs autres du même genre. Hooke s'abandonne à diverses spéculations sur la possibilitéde certains changements dans la position de l’axe de rotation de la terre, changements qu’il attribue à « un déplacement du centre de gravité, analogue aux révolutions du pèle magnétique, etc.» Toutefois, loin d’être proposées comme dogmes, toutes ces diverses conjectures n'ont, pour ainsi dire, été misesen avant , que dans l'espoir de provoquer de nouvelles recherches et de nouvelles expériences.

Hooke ne craignit pas de se mettre en opposition avec les préjugés de son siècle, en combattant l’é-

f‘) OEiivrps poslli., p. 327 ■

cil ap. III.) SUR L'EXTINCTION DES ESPÈCES. 77

transe idée que la Nature n’avait Tonné des corps fossiles « que dans la vue de produire une imitation du règne minéral. » Il soutint que les pierres figurées étaient « en réalité , les corps divers eux-mêmes qu'elles représentaient, ou les moules pétrifiés de ces corps, « et non, comme quelques-uns l'avaient imaginé, un « lusus naturæ » consistant dans la formation inutile d’ôtres sans but (*).

Lorsqu’on objectait à Hooke que sa doctrine de

(*) OEuvres postli. Lecture du 13 février 1G8)S. Hooke a expliqué avec une clarté admirable les divers modes suivant lesquels les substances organiques peuvent se lapidifier. Il cite, entre autres, a l’appui de son raisonnement , les fragments de bois de palmier siliciliés qui avaient été rapportés d’Afrique, et au sujet desquels M. de La Mire avait lu, eu juin 1692, un mémoire a l'Académie Royale de France. Dans ce mémoire étaient signalés, non-seulement les tubes qui parcouraient le tronc dans toute sa longueur, mais encore les racines tjui se trouvaient à l’une de ses extrémités. De La Hire, dit Hooke, traita aussi de certains arbres qui avaient été pétrifiés dans « la rivière qui arrose Bakan, ville située dans le royaume d’Atia. Cette rivière offre, sur une étendue de dix lieues, la propriété remarquable de pétrifier le bois. » Au point où la science est parvenue aujourd’hui, les découvertes importantes d’animaux et de végétaux fossiles qui ont été faites récemment par,M. Crawfurd et le docteur Wallich , près de l'Irraouadi , ne présentent rien d’extraordinaire ; mais ce qui l’est beaucoup plus, c’est l’attention que, depuis plus d’un siècle déjà, le bois silicifié de ce fleuve a attirée de la part des observateurs. — Voyez Géol. trans., vol. Il , part III, p. 377, second

. TUEOniE DE IIOOKE .

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1 extinction des espèces faisait injure à la sagesse et à la puissance du souverain Créateur de toutes choses , il répondait que de même qu’il y a des bornes à la vie des individus, de môme aussi il peut y avoir une certaine limite à la durée des espèces; que, du reste, scs opinions n’avaient rien de contraire aux Saintes-Écritures. puisque dans la Bible il est dit que notre sys- # tème est en voie de dégénération , et tend à sa dissolution finale; qu’enfin , comme toutes les espèces seraient détruites quand cette catastrophe aurait lieu, il ne lui semblait pas qu’il fût moins d’accord avec la sagesse divine qu’elles s’éteignissent successivement, c’est-à-dire les unes dans un temps, et les autres dans un autre, que de s’éteindre toutes dans un môme moment (*).

Le bujy^nncipal de Ilooke était d’expliquer comment les coquilles avaient été transportées sur les points les plus élevés «des Alpes, des Apennins, des Pyrénées et dans l’intérieur des continents en général. » Ces circonstances, dit-il, et plusieurs autres encore, peuvent avoir été occasionnées par des tremblements de terre, « phénomènes qui, souvent, ont transformé des plaines en montagnes, des montagnes

Sériés. De l.a Dire cite le père Duchalz, dans le second volume des « Observations faites dans les Indes, par les Jésuites. »

(*) OEuvres poslh. Lecture du 29 mai, 1(589.

« MAP. 1 11-7 SI R l’extinction des espèces.

en plaines, des mers en continents et des continents en mers; qui ont donné naissance à des rivières là où il n’en existait pas, en ont englouti d’autres qui depuis longtemps subsistaient, etc., etc., et qui, depuis la création du monde, ont, en un mot, apporté les plus grands changements à la surface de la terre, et placé les coquilles, les ossements, les plantes, les poissons et les autres corps organisés fossiles, dans les lieux où, à notre très-grande surprise, nous les trouvons aujourd’hui (*). » Quoique cette doctrine eût été exposée en termes presque aussi explicites par Strabon, qui s’en était servi pour rendre compte de la présence des coquilles fossiles dans l’intérieur des continents, et quoique Ilooke ait souvent emprunté lesecoursdece géographe et d’autres auteurs anciens, on ne peut disconvenir, toutefois, que le rétablissement de ce système, et les développements qu’il lui donna , n’aient beaucoup contribué aux progrès de la science moderne.

Hooke fit l’énumération de toutes les convulsions souterraines qui, à sa connaissance, avaient pris place dans les annales de la Nature depuis « la terrible catastrophe de Sodoine et de Gomorrhe, «jusqu'au tremblement de terre du Chili, de 1646. Selon lui , le soulèvement du fond des mers, ainsi que l’abaissement

[') OHuvres poslli. , p. 312.

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