‹ Principles De GeologieChapitre 51 sur 159 · DE I100KE · texte numérisé non relu

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cetle nouvelle théorie dont il était l’auteur, le jeta dans des difficultés et des contradictions sans nombre. « Il se pourrait, » dit-il, « que, durant la grande catastrophe, les parties continentales eussent, par suite d’un affaissement, été transformées en mer; etque, par l'effet d’un soulèvement, les mers se fussent trouvées changées en continents ; de même aussi, « ajoute-t-il, « Userait fort possible que, durant l’intervalle compris entre la Création et le Déluge, des corps marinseussent été ensevelis sous l’Océan, dans des sédiments (*). » Après cet énoncé, vient une dissertation sur la séparation de la terre et des eaux mentionnée dans la Genèse,— opération durant laquelle il est dit que certaines parties de l’écorce terrestre furent repousses en dehors et d’autres en dedans, etc. La théorie diluvienne de Hooke ressemblait beaucoup à celle de Sténon , et était entièrement opposée aux principes fondamentaux qu’il professait , ainsi qu’à la prétention qu’il avait d’expliquer les révolutions anciennes du globe d'une manière plus naturelle qu'on ne l’avait fait encore. Aussi, lorsqu'on dépit de ce dont il s’était vanté à ce sujet , il se vit obligé de recourir à une ancienne « crise de la Nature, » et qu’il se mit à vouloir prouver, non-seulement que les tremblements de terre étaient devenus moins intenses, mais qu’en ou-

(*) OEuvrcs poslh., p. 'ilO.

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(livre I .

tic, les Alpes, les Andes et diverses autres, chaînes avaient été soulevées dans l'espace de quelques mois, il fut forcé d’admettre une si grande rapidité dans les changements auxquels il faisait allusion, que son système ne parut guère moins extravagant qu’aucun des plus bizarres de tous ceux qu’avaient enfantés ses prédécesseurs. C’est à cela, sans doute, qu’il fautattribuer l'indifférence non méritée avec laquelle fut accueillie sa théorie des tremblements de terre.

Ray , 1(192. — Ray, naturaliste célèbre et contemporain de Hooke, eut aussi le désir d’expliquer les phénomènes géogéniques par des causes moins hypothétiljfües que cellesauxquelles jusqu’alors on avait eu recours (*). Son essai sur « le Chaos et la Création » renferme un système qui , dans son ensemble aussi bien que dans plusieurs de ses détails, s’accorde avec celui de Hooke , dont il ne diffère que sous le rapport de la lucidité avec laquelle les connaissances de Ray en histoire naturelle, et diverses observations originales, le mirent à môme d’en faire l’exposition. Il donna à en-

(*) Les discours physico-théologiques de Itay parurent peu après le grand ouvrage de Ilookc sur les tremblements de terre. Hay parle de Hooke comme d'un homme «qu’il honorait tout particulièrement pour son savoir cl les connaissances profondes qu’il possédait à l’égard des mystères de la Nature.» — On the Ueluge, chap. IV.

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tendre que les tremblements de terre pourraient fort bien avoir été les causes secondaires employées lors de la (’.réation, à produire la séparation de la terre et des eaux, et à opérer la réunion des eaux en un seul et même lieu. Comme Ilooke, il cite le tremblejnent de terre de 164.6, qui, sur une étendue de plusieurs centaines de lieues , avait ébranlé violemment la chaîne des Andes, et y avait occasionné beaucoup d'altérations. Ray aima mieux admettre, comme cause du déluge, un changement dans le centre de gravité de notre planète, que de faire intervenir les tremblements de terre dans cetévénement. Ces mots: « la rupture des sources du grand abîme, » lui semblaient indiquer que quelque causeinconnue pouvait avoir fait jaillir à l'extérieur les eaux souterraines.

Parmi les écrivains anglais, Ray fut un des premiers qui s’étendirent sur les effets de l’eau courante à la surface du globe, et de l’empiètement de la mer sur les rivages. L’action de ces causes lui semblait tellement importante, qu’il les considérait comme une indication de la tendance de notre système vers sa destruction firlhle; et il s’étonnait de ce que, vu l’immense quantité de matières entraînées par les rivières, ou arrachées par la mer aux falaises, la terre ne marchât pas plus rapidement vers un état de submersion générale sous les eaux de l’Océan. Les écrits de Ray nous font voir que la détérioration graduelle de notre

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