‹ Principles De GeologieChapitre 54 sur 159 · M'RN'ET · texte numérisé non relu

M'RN'ET

plus si Millon lui- même, en peignant dans son poëme les scènes de la Création, du Déluge, du Paradis et du Chaos, avait osé donner un aussi libre essora son imagination. Burnet expliqua pourquoi la terre primitive jouit avant le déluge d’un printemps perpétuel. Il démontra comment la croûte du globe , à force d’avoir été sillonnée de fissures par « les rayons du soleil , » finit par éclater; et comment, par suite de’cette rupture, les eaux diluviennes parvinrent à s’échapper de l’ablme central supposé qui les renfermait. Burnet était en trop bonne voie d’explication pour s’en tenir là; aussi, non content d’avoir interprété le passé, il. voulut encore prédire l’avenir. A cet effet, il exhuma des livres des auteurs sacrés, et même de plusieurs autorités païennes, certaines notions prophétiques relatives aux révolutions futures du globe; fit la plus terrible peinture de la conflagration générale, et prouva qu’un nouveau ciel et une nouvelle terre sortiraient d’un fécond chaos, — après quoi viendrait

le bienheureux millénaire.

II est, je pense, nécessaire d’avertir le lecteur que, suivant l’opinion de plusieurs écrivains recommandables de ce siècle, le texte de l’Écriture -Sainte donnait tout lieu de présumer que le jardin, où, lors de la Création, furent placés nos premiers parents, n’était pas situé sur la terre, mais au-dessus des nuages, dans la région moyenne de l’espace qui sépare la lune

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de notre planète. Burnet aborda ce sujet avec une gravité vraiment comique. 11 accordait volontiers que le paradis n’eût jamais été situé en Mésopotamie, mais.il n’admettait pas qu’il eût été placé ailleurs que sur la terre, et voulait que ce fût dans l’hémisphère sud. et près de l’équateur. Butler s’empara de cette conception bizarre, et en fit un des plus plaisants épisodes de sa satire, dans laquelle, passant en revue les nombreuses connaissances d’Hudibras, il dit :

« Ile knew the seat of Paradise,

Could lell in what degree il lies;

And, as hc was disposed, could proie il Belotv ihe moon, or rlse above il. » (*)

Cependant le même monarque qui passe pour ne s’ètre jamais endormi sans avoir le poème de Butler sous son oreiller, s’était déclaré le patron du livre de Burnet, pour lequel il avait une prédilection si grande, qu'il en ordonna la traduction du latin en anglais. Outre que, sous le rapport du style, la «Théorie Sacrée» pût être considérée comme uneœuvre éloquente,

(' i « Il connaissait la longitude,

Aussi bien que la latitude I)u Paradis, et le plaçait ,

Selon l’humeur dont il était,

Dessous , ou par-dessus la lune. »

Hudibras , de Butler , Chant I.

CU AP. III

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