WHISTON
l’ouvrage, quant au fond, annonçait une puissance d’imagination vraiment peu ordinaire. C'étai}, comme l’a dit Buflon, un très-beau roman historique. Mais ce jugement , tout équitable qu’il est , ne s’accordc.guère avec celui qu’on en portait du temps de l’auteur. A cette époque, on le regardait comme un ouvrage scientifique profond, dontSteele pa’rlait avec admiration dans le « Spectateur, » en même temps qu’Addison en faisait le plus pompeux éloge dans une ode latine. Vers la fin même du siècle dernier, Warton, dans son « Essai sur Pope, » ne craignit pas d’avancer que Burnet joignait à une grande puissance d’imagination le don précieux du jugement.
Whist on, 169G. — Une autre production de la même école, et qui se trouve également empreinte du caractère de l’époque, est la « Nouvelle Théorie de la Terre » par Whiston. Dans cet ouvrage, l’auteur a cherché à prouver, ainsi que l’indique le titre très-détaillé de son livre, que les grands événements de la Création du Monde en six jours, du Déluge Universel, et de la Destruction Générale par le feu, tels qu’ils sont décrits dans les Saintes-Écritures, sont parfaitement d’accord - avec la raison et la philosophie. Whiston fut d’abord partisan de Burnet; mais sa croyance à l’infaillibilité de cet écrivain se trouva fortement ébranlée par l’opinion émise par Newton, savoir, qu’en astronomie