ESPRIT D'INTOLÉRANCE
(LIVHF. I,
détourner les autres, jugeant qu’une semblable erreur ne pouvait avoir qu’un bon résultat, et pensant, en agissant ainsi , ne commettre qu’une pieuse fraude.
Les choses restèrent dans cet état jusqu’à ce qu'une secte nouvelle vint enfin s’efforcer de détruire les idées erronées qui dominaient alors. Il est vrai que cette secte, apparaissant avec des dispositions hostiles aux Saintes-Ecritures , ne renversa les idées établies que pour les remplacer par d’autres non moins irrationnelles.
En Angleterre, les hérétiques Vulcanistes se virent,
■ peu après cette époque, en butte aux imputations les plus outrageantes. Pour comprendre toute la malveillance des persécutions dont ils furent l’objet, il faudrait nécessairement se reporter au moment où ces persécutions eurent lieu; car, bien qu'en tout temps les accusations d’incrédulité et d’athéisme laissent après elles quelque chose d'odieux, c'est surtout quand l’exaltation politique est portée à son comble, ainsi qu’elle l’était à l'époque dont il s’agit, que leurs elTets sont le plus funestes. Pour donner une idée de la manière dont on appréciait ceux contre qui de pareillesaccusationsétaicntdirigées,il suffirade dire que des hommes d’une réputation très-équivoque, sous le rapport de la morale, leur étaient généralement préférés dans le monde.
Je passerai sous silence les ouvrages d’ufi grand
r.iiAP. IV.)
ESPRIT D’i.NTOLÉRAXCE.
nombre de théologiens, dont la susceptibilité à l'égard de certains points qui excitaient alors la plus vive inquiétude dans l’esprit public, peut paraître excusable; je ne parlerai pas non plus de l’aimable poëte Cowper (*), que l’on serait très-étonné de voir prendre parti pour telle ou telle doctrine relative à la physique; mais parmi les auteurs qui se tirent remarquer par leur intolérance, je placerai au premier rang plusieurs laïques qui eurent des droits réels à une réputation scientifique. Tels furent, entre autres, Williams, inspecteur des mines d’Edimbourg, qui, en 1789, publia une « Histoire Naturelle du Règne Minéral, «ouvrage de beaucoup de mérite pour l’époque, et d’une grande utilité pratique sous le rapport desexcellentes données qu’il renferme sur les couches de houille. Je dois dire cependant que dans sa préface, il présente la théorie de Hutton sous un jour complètement faux, et qu’il accuse ce naturaliste d’avoir considéré toutes les roches comme n’étant autre chose que des laves différant de couleur et de structure les unes à l’égard des autres, 11 lui reproche ensuite de s’être emparé de tout ce qui existe, pour en faire un appui à sa doctrine de l’éternité du monde (**),
(’ i The Ta.-k , book lit « The Gardon. » (La Tâche, livre III , Le Jardin).