WILLIAM SMITH
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tifiées , des idées toutes Wernériennes, mais, qu'en outre , il savait fort bien que l’ordre de succession de certains groupes n’était jamais interverti, et que, même en des points très-éloignés les uns des autres, ces groupes pouvaient être identifiés à l’aide des corps organisés qu’ils renferment.
Après la publication de l’ouvrage qui vient d’être cité, Smith s’occupa de la construction d'une carte géologique générale de l’Angleterre , — travail que, par suite du rare désintéressement de son esprit, il s’empressait de communiquer à tous ceux qui désiraient en avoir connaissance, ne craignant pas que ses idées fussent émises par d’autres que par lui, et fournissant, au contraire, à ses contemporains , tous les moyens possibles de concourir à l’accomplissement de la tâche intéressante et laborieuse qu’il s’était proposée. Sa carte, complètement terminée en 1815, est un monument qui atteste tout à la fois un talent original et une persévérance vraiment extraordinaire; car, pour se mettre à même d’exécuter fidèlement un pareil travail, Smith n’avait pas craint d’explorer tout le pays à pied; et cela, non-seulement sans l’assistance d’aucun observateur qui l’eût précédé, mais encore sans aucun aide qui prit part à ses recherches. H avait réussi, de plus, à classer par divisions naturelles toute la série si compliquée des roches Britanniques. D’Aubuis-
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son, un des élèves les plus distingués de Werner, paya un juste tribut d’éloges à ce travail remarquable, en faisant observer que « ce que plusieurs minéralogistes célèbres avaient mis un demi-siècle à faire pour une petite partie de l’Allemagne, un seul homme l’avait exécuté pour l’Angleterre entière (*). »
Werner fut obligé de créer un nouveau langage pour désigner les subdivisions de roches qu’il introduisit dans la science. Quelques-uns de ses termes techniques, tels que ceux de grauwacke, de gneiss, et plusieurs autres, furent admis dans tous les pays de l’Europe. Quant à Smith, il appliqua à sa nomenclature un grand nombre de noms locaux anglais, dont la résonnance était souvent barbare , ainsi que l’on peut en juger par les désignations de gault , de cornbrash , de clunchclay , etc. Plusieurs de ses subdivisions conservent encore , dans les nomenclatures anglaises, la place qu’il leur a assignée ; de sorte qu’il est facile d’en déduire ses droits de priorité par rapport à leur classification.
(') Voyez le Mémoire du docteur Fillon , déjà cité , p. I Iti.
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