‹ Principles De GeologieChapitre 89 sur 159 · U VI E I · texte numérisé non relu

U VI E I

pèce de tigre originaire de l’Inde, est séparée de l’Himalaya par deux grandes chaînes de montagnes couvertes de neiges perpétuelles : — 4a chaîne de Kuenlun, lat. 35° N., et celle de Mouz-tagh, lat. 42°, — et il en conclut que ce ne peut être par le fait de simples excursions que ces animaux ont été transportés de linde aux 48e et 53e degrés de latitude nord , — distance jusqu’à laquelle ils pénètrent en été. Il est à croire qu’ils passent tout l’hiver au nord de la chaîne de Mouz-tagh, ou Montagnes-Célestes. Le dernier tigre qui, en 1828, ait été tué au bord de la Léna, par 52" ’ de latitude boréale, se trouvait sous un climat plus froid que celui de Saint-Pétersbourg et de Stockholm (*).

Dans son Mémoire sur les Mammifères du Népal, M. Hodgson nous apprend que parfois, on rencontre le tigre dans ('Himalaya, précisément à la limite des neiges perpétuelles (**). D’un autre côté, Pennant rapporte qu’on le trouve au milieu des neiges du mont Ararat, en Arménie. Le jaguar, aussi, a été vu sur les bords du Rio Negro , par 41° de lat. sud-, et même jusqu’au 42e parallèle austral, dans l’Amérique méridionale ; — latitude qui répond à celle des Pyrénées,

(*) Ehrenberg , ibid., p. 390.

(") Journ. of A sial. Soc. (Journal de la Société Asiatique), vol. I,

CllAP. vi.) MAMMOUTHS TR. EN SIBÉRIE. 225

dans l’hémisphère nord (*). Le puma se retrouve dans une étendue géographique plus considérable encore; caron le rencontre depuis l'équateur jusqu’au détroit de Magellan; on le voit très-souvent aussi a Port-Famine, par 53° 38’ de lat. sud.

Une nouvelle espèce de panthère (Felis irbis ), à longs poils, a été découverte en Sibérie; tout porte à croire que, comme le tigre, elle liabite une région située au nord des Montagnes-Célestes, sous le V2e parallèle de latitude (**).

Le rhinocéros à deux cornes d’Afrique se rencontre en dehors des tropiques, au cap de Bonne-Espérance, par 3V1 29' de lat. sud : là se trouvent aussi l’éléphant, l’hippopotame et l’hyène. Ce point sert de limite méridionale à la migration de toutes ces diverses espèces d’animaux, qui, probablement, se seraient éloignées bien plus encore des tropiques, si la terre ferme ne leur eût manqué , et si le sol n’eût eu qu’une élévation peu considérable au-dessus du niveau de l’Océan.

Or, si de nos jours, le tigre indien peut vivre jusqu’aux contins méridionaux de la Sibérie, ou jusqu’à la limite des neiges de l’Himalaya, et si, dans

(*) Darwin’s Journal of Traiels in Soulli America (Darwin: Journal des Voyages dans l’Amérique du Sud, etc.), 1832 — 1836, Voyage du Beagle, p. 159.

(*’) Ehrenberg, ihid.

CHANGEMENT DF. CLIMAT

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